Banques d'affaires, voilà ce que vous prédisent les chefs d'entreprise pour 2013

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En 2013, les émissions d'actions devraient demeurer au plus bas depuis dix ans, à quelque 563 milliards de dollars dans le monde, selon Thomson Reuters. Copyright Reuters
En 2013, les émissions d'actions devraient demeurer au plus bas depuis dix ans, à quelque 563 milliards de dollars dans le monde, selon Thomson Reuters. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Thomson Reuters a interrogé 141 chefs d'entreprise, dans le monde entier, pour connaître leurs besoins en matière de banque de financement et d'investissement.

Pour connaître les perspectives des banques de financement et d'investissement (BFI), quoi de mieux que de s'adresser à leurs clients? Un sondage de Thomson Reuters auprès de 141 dirigeants d'entreprises de toutes tailles, de la PME à la multinationale, dans tous les secteurs d'activité et aux quatre coins du monde, esquisse dans quelle mesure elles envisageaient de recourir -en 2013- aux services des BFI. Lesquelles, par opposition à la banque de détail, regroupent les métiers du conseil en fusions et acquisitions, du pilotage d'introductions en Bourse, d'émissions obligataires, etc.

Un moindre appétit pour les fusions et acquisitions

A la lecture de cette enquête, il semble que l'année prochaine sera des plus calmes, pour les BFI... Moins des deux tiers (62%) des patrons interrogés projettent d'utiliser leur trésorerie pour procéder à des fusions et acquisitions, contre 68% l'an passé. Une tiédeur qui résulte de perspectives moroses: les sociétés américaines et européennes anticipent une baisse «significative» de leurs résultats, en 2013, d'après l'enquête de Thomson Reuters.

Priorité à la rémunération des actionnaires

En revanche, un tiers d'entre elles souhaite allouer leur cash à la distribution de dividendes et à des rachats d'actions, deux façons de rémunérer leurs actionnaires. Elles étaient un quart seulement à envisager cela, en 2011. C'était compter sans l'effondrement des cours de Bourse, corollaire de la crise financière, qui a mis à rude épreuve la patience des actionnaires. Or, pour verser des dividendes ou racheter des actions, les entreprises n'ont pas besoin des services des BFI.

Les émissions d'actions au plus bas

Conséquence de leur baisse d'appétit pour les fusions et acquisitions, les entreprises n'auront guère besoin de lever des fonds. De plus, procéder à une augmentation de capital quand les valorisations des entreprises sont aussi basses est très dilutif pour les actionnaires existants. Aussi, en 2013, les émissions d'actions devraient demeurer au plus bas depuis dix ans, à quelque 563 milliards de dollars, à l'échelle mondiale, estime Thomson Reuters. Ce n'est donc pas l'an prochain que les banquiers chargés de mener à bien introductions en Bourse et augmentations de capital sortiront de leur désoeuvrement.

La part belle à l'obligataire

Leurs collègues qui travaillent sur les émissions obligataires auront davantage de chance. La tendance étant à la raréfaction du crédit bancaire, les entreprises -les grandes en tout cas- se tournent vers le marché obligataire pour pallier ce manque de financement. L'an prochain, les émissions obligataires dans le monde devraient ainsi renouer avec le record de 2009, soit 1.500 milliards de dollars, pronostique Thomson Reuters.

Une sélection basée sur les commissions

Pour saisir les rares opportunités de «business» qui se présenteront à elles, les banques de financement et d'investissement devront donc faire des concessions sur leurs «fees» (commissions). Surtout que, et c'est un renversement de tendance par rapport à l'an dernier, les chefs d'entreprise entendent désormais sélectionner une banque d'affaires en fonction de la compétitivité de ses tarifs, et non pas de la relation de longue date qu'ils entretiennent avec elle. Crise oblige.

 

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a écrit le 16/10/2012 à 22:24 :
D'où la nécessité urgente de séparer les banques d'affaire des banques d'investissement ( je dis bien les banques et non les activités des banques). Sans cela rien ne pourra se faire. Pour ceux qui ne connaisse pas la question taper Glass Steagall act ( en référence à la loi américaine de 1933 mise en oeuvre par Roosevelt), vous en apprendrez et des meilleurs. Le reste c' est du bavardage.
Je précise que je suis moi même chef d' entreprise et que l'accès au crédit devient problématique du fait d'une totale confusion entre investissement productif et investissement spéculatif.
Réponse de le 17/10/2012 à 17:46 :
C'est être naïf que de penser qu'une banque privée va séparer spéculation et dépôt sans être nationalisée ! Le Glass Steagall Act a été vite contourné par le lobby bancaire .Au fait savez-vous, non pas planter les choux, mais pourquoi la bourse monte ces temps ci ? Parce qu'au lieu de prêter l'argent tout chaud sorti de la planche à billets de la BCE à des chefs d'entreprise qui en ont besoin il est de suite spéculé sur les marchés financiers!!!!
Réponse de le 19/10/2012 à 10:47 :
à Stone1: Tout à fait d'accord. Et c'est encore plus vrai chez les voisins US et anglo saxons...Il ne fera pas bon d'être dans une BFI dans les prochains temps. Ca licencie déjà comme cela et ca n'est pas près de s'arrêter. Alea jacta est.

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