BNP Paribas démarre l’année en trombe

Le groupe a publié d’excellents résultats au premier trimestre, qui dépassent de moitié le consensus des analystes financiers. Les revenus et les profits ont été particulièrement tirés par la banque d’investissement et de financement, notamment dans les activités actions et services aux fonds alternatifs. Malgré le contexte devenu morose, la première banque de la zone euro confirme ses objectifs pour 2022 et à horizon 2025.
Le groupe BNP Paribas maintient, malgré la guerre en Ukraine, ses objectifs financiers pour 2022.
Le groupe BNP Paribas maintient, malgré la guerre en Ukraine, ses objectifs financiers pour 2022. (Crédits : Benoit Tessier)

Les résultats de BNP Paribas au premier trimestre sont conformes à l'image de la banque : solides. Très solides même. Ils dépassent de moitié les prévisions des analystes financiers.

C'est la puissance de la banque d'investissement et de financement, une machine de guerre construite brique par brique depuis le rachat de Paribas en 1999, qui tire les résultats. Au total, le groupe semble surfer sur un contexte devenu particulièrement morose depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février dernier et le tournant des politiques monétaires face à l'inflation.

Dépréciation en Ukraine

Le résultat net trimestriel de 2,1 milliards d'euros (+19% en glissement annuel, -9% par rapport au record du trimestre précédent) tient compte de nombreux éléments exceptionnels, mais qui s'annulent les uns les autres. Le groupe a notamment déprécié à 90% sa filiale bancaire en Ukraine, Ukrsibbank, détenue à 60%, ce qui représente une charge exceptionnelle de 159 millions d'euros.

Sur les 300 agences de cette banque en Ukraine, quelque 200 sont actuellement fermées à cause de la guerre. La banque n'est pas réellement présente en Russie, exceptée une filiale de banque d'investissement, BNP Paribas ZAO, mise en sommeil dès la fin mars.

Sur le trimestre, les revenus progressent de 11,7% à 13,2 milliards d'euros, et les charges de 12,3%, soit une légère détérioration du coefficient d'exploitation. Ce dérapage sur les coûts s'explique, selon la banque, par sa forte contribution au mécanisme européen de protection des dépôts, calculée en fonction du montant des dépôts.

Bond de 60% des activités actions et prime

Dans le détail, si les activités de banque de détail et de services financiers se portent bien (+8,5% à 7 milliards), notamment en France, et pèsent plus de la moitié du chiffre d'affaires, c'est bien les revenus de banque d'investissement qui explosent de 28% (à 4,7 milliards) pour représenter 35% du produit net bancaire (et près de 70% de la hausse du chiffre d'affaires trimestriel ou 50% de la hausse du résultat opérationnel).

Ce sont les activités de marché, à la fois sur les taux et les actions, qui se sont particulièrement bien comportées, malgré (ou grâce à) une hausse sensible de la volatilité. Ainsi, les revenus de trading sur actions et de « prime services » (services aux fonds alternatifs) ont bondi de 60% à 1,1 milliard d'euros. Une fois de plus, BNP Paribas profite à plein du désengagement de certains de ses concurrents. C'est le cas avec ces activités de prime services, un segment très rentable (mais très risqué si mal maîtrisé) sur lequel Deutsche Bank et Crédit Suisse ont récemment jeté l'éponge.

Maintien des objectifs financiers

Quant aux provisions, elles sont toujours quasi-inexistantes, « deux fois moins élevées que prévu », note même le courtier Jefferies, grâce notamment à une reprise importante chez la filiale américaine Bank of the West. Cette filiale californienne est en voie de cession au groupe bancaire canadien BMO pour un prix d'environ 15 milliards d'euros (1,7 fois l'actif net). Cette opération, annoncée fin décembre pour un closing prévu d'ici la fin de l'année, devrait se traduire par une plus-value de 2,9 milliards d'euros.

Sans surprise, la première banque de la zone euro confirme donc ses objectifs financiers pour 2022 et à horizon 2025, qui ont été présentés en février dernier lors de la présentation du plan stratégique.

« La bonne dynamique commerciale du début de l'année consolide notre trajectoire pour l'année », indique ainsi la banque dans un communiqué. Elle devra pour cela contenir ses coûts - et éviter une pression salariale en période de forte inflation - car le ralentissement économique en zone euro laisse présager des trimestres moins porteurs. Ces résultats ont été salués en Bourse en matinée alors que la capitalisation de la banque présente toujours une décote 40% par rapport son actif net.

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