
La hausse des taux des crédits immobiliers se poursuit inexorablement. Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen (hors assurances et frais) grimpe à 2,82% au mois de février, avec « des augmentations sensiblement plus rapides depuis l'année ». C'est un effet direct de la revalorisation du taux d'usure, déjà forte en janvier (+52 points de base pour les crédits de plus de 20 ans), et qui est devenue mensuelle depuis le 1er février, au lieu d'être trimestrielle, et ce jusqu'au 1er juillet.
Ainsi, au 1er février, le taux d'usure (qui s'exprime en TAEG, c'est-à-dire frais et assurances compris), a été revu à la hausse de 22 points de base (à 3,79%) et atteint même 4% à partir du 1er mars, toujours pour les crédits de plus de 20 ans (près de 70% de la production).
Ce relèvement mensuel du taux d'usure a pour objectif de fluidifier le marché du crédit immobilier et éviter ainsi le blocage de certains dossiers en fin de trimestre, les banques préférant attendre la hausse du taux d'usure que de vendre un crédit immobilier à perte. Mais cette mensualisation risque d'accélérer la hausse du coût du crédit, alors même que les prévisions sur l'évolution des taux directeurs et de l'inflation sont plus alarmistes qu'en début d'année.
Point d'équilibre autour de 3,5%
« Les augmentations du taux moyen sont rapides et sur les prêts à 25 ans, le taux (hors assurances et frais) dépasse déjà les 3 % pour les trois quart des dossiers », souligne l'Observatoire. « Les hausses des taux continuent de s'enchaîner à un rythme d'environ 20 centièmes par mois et devraient se stabiliser autour de 3,50% à l'horizon du mois de juin », observe de son côté Olivier Lendrevie, président du réseau de courtiers CAFPI, qui note au passage « des écarts importants d'une banque à l'autre tant sur les taux que sur les exigences d'apport personnel ».
Pour autant, ajoute l'Observatoire, la hausse des taux ne garantit toujours pas le retour à la profitabilité du crédit immobilier pour les banques. « La production nouvelle, dont le dynamisme a largement été altéré en 2022 (affaiblissement de la demande, contraction de l'offre), n'a pas réussi à vraiment rebondir » avec une production en février qui retrouve son chemin baissier, après une courte embellie en janvier.
La production est sur une tendance baissière
La production a baissé de près de 10% par rapport à janvier dernier et affiche une chute de près de 50% par rapport à février 2022. En niveau annuel glissant, la production à la fin février est en recul de 28,2% à ce qu'elle était, toujours en niveau annuel glissant, un an plus tôt. Dans tous les cas de figure, on assiste donc à une forte contraction du marché, qui s'observe d'ailleurs à la fois sur le marché du neuf et de l'ancien.
Les professionnels espèrent donc que le taux d'usure à 4% créé un appel d'air en mars et encourage les banques à relancer la production. ? D'autant que le coût du risque reste toujours aussi faible, de l'ordre de 5 à six points de base. Encore faut-il que l'appétit des ménages revienne également.
D'autant que les premiers signes de baisse des prix immobiliers commencent à se manifester dans toute la France, d'après l'indice Meilleurs Agents-Les Echos, avec un repli de 0,2% des prix du résidentiel depuis janvier. Entre hausse des taux et baisse des prix, un nouvel équilibre du marché immobilier est peut-être en train de se mettre en place.
Sujets les + commentés