Blanchiment  : 90% des grandes banques européennes déjà sanctionnées

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« Beaucoup de ces sanctions ont eu lieu ces dernières années, indiquant que le blanchiment d'argent est devenu courant », a affirmé le cabinet Fortytwo data, qui a révélé que 18 des 20 plus grandes banques en Europe avaient déjà été sanctionnées.
« Beaucoup de ces sanctions ont eu lieu ces dernières années, indiquant que le blanchiment d'argent est devenu courant », a affirmé le cabinet Fortytwo data, qui a révélé que 18 des 20 plus grandes banques en Europe avaient déjà été sanctionnées. (Crédits : CC0 Public Domain)
Le blanchiment d'argent est un fléau généralisé et même les plus grands établissements ne sont pas irréprochables : selon un rapport britannique, 18 des 20 principales banques européennes, dont 4 françaises, ont déjà été condamnées pour des infractions en matière de lutte contre le blanchiment au cours de la dernière décennie.

L'énorme scandale qui a récemment ébranlé Danske Bank a mis un coup de projecteur sur les insuffisances de contrôle lié au blanchiment d'argent. Un problème qui n'est pas propre à la banque danoise mais touche l'ensemble du secteur bancaire européenne, à différentes échelles. Ainsi, 18 des 20 plus grandes banques européennes, soit 90% d'entre elles, ont déjà été sanctionnées pour des infractions aux dispositifs de lutte anti-blanchiment, selon une étude de la société britannique Fortytwo Data, qui commercialise des solutions anti-blanchiment à base d'intelligence artificielle.

« Beaucoup de ces sanctions ont eu lieu ces dernières années, indiquant que le blanchiment d'argent est devenu courant », affirme l'entreprise dans un communiqué. « Les récentes crises qui ont affecté ING, Danske Bank et Deutsche Bank n'ont fait que renforcer cette impression et montrent qu'aucune banque, quelle que soit sa taille, n'est immunisée contre des sanctions. »

Cela peut tout aussi bien prouver que les régulateurs sont plus sévères ou effectuent des contrôles plus fréquents des mécanismes de vérification et d'alerte mis en place.

L'étude cite aussi, parmi les plus grandes banques européennes déjà condamnées pour des manquements à la lutte contre le blanchiment au cours des dix dernières années, l'espagnole Santander ou les britanniques HSBC, Barclays, Lloyds et RBS. Au Royaume-Uni, le blanchiment d'argent a atteint 171,6 milliards d'euros par an, selon les données de l'agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA).

Le quartet français déjà épinglé

Dans la liste, se trouvent également quatre grandes banques françaises, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne). L'année dernière notamment, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a infligé à BNP Paribas une sanction de 10 millions d'euros pour des insuffisances importantes dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, alors que Société Générale avait écopé d'une amende de 5 millions d'euros pour les mêmes raisons.

Lire aussi : Blanchiment, terrorisme : Crédit Mutuel écope d'un blâme et d'un million d'euros d'amende

Dans son bilan annuel, Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, adossée à Bercy, a révélé être de plus en plus sollicitée dans la lutte contre l'argent sale pour l'année 2017, après avoir reçu près de 70.000 déclarations de soupçon (+10% sur un an et +59% par rapport à 2015). Le service de renseignement financier avait déjà enregistré une hausse sans précédent en 2016.

Vers un gendarme européen anti-blanchiment

Alors que de nombreux scandales ont éclaté depuis le début de l'année, comme celui de Danske Bank (200 milliards d'euros de transactions suspectes au travers de sa filiale estonienne entre 2007 et 2015) ou l'affaire ING, qui a coûté son poste au directeur financier, les ministres des finances de l'Union européenne ont décidé, début octobre, de renforcer les mesures contre le blanchiment, en confiant le rôle de gendarme anti-blanchiment européen à l'Autorité bancaire européenne, fondée en 2010, qui va bientôt quitter Londres pour s'installer à Paris. A l'heure actuelle, aucune entité ne supervise l'harmonisation des règles en matière de lutte contre le blanchiment dans le secteur financier européen.

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a écrit le 15/10/2018 à 15:35 :
Les plus importantes entreprises qui font du blanchiment et qui ne font l'objet d'aucun contrôle et donc d'aucune sanction sont allemandes, suisses, françaises ; elles fabriquent des voitures, des montres, de la joaillerie......
a écrit le 15/10/2018 à 7:19 :
Toujours l'histoire de la paille et de la poutre: nos grands moralistes sont-ils si propres sur eux? Le spectacle français nous prouve tous les jours que non!
a écrit le 14/10/2018 à 12:28 :
Et on peut remercier les américains logiques avec eux mêmes au final et générateurs d'une économie saine, à savoir on laisse les banques toutes puissantes, avec peu de règles mais si elles les enfreignent elles sont durement punies contrairement à l'UE dans laquelle les banques ont bien plus de contraintes mais dont la compromission entre politiciens et hommes d'affaire permet aux banquiers au final d'être beaucoup moins épinglées.

"L'Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète" https://www.lesechos.fr/28/02/2018/lesechos.fr/0301356722599_l-amerique-a-fait-payer-cher-la-crise-aux-banques-de-la-planete.htm

Encore une fois merci aux états unis, il faut vraiment être complètement stupide pour ne pas déplorer la corruption généralisée européenne dans le domaine.
a écrit le 14/10/2018 à 8:57 :
l'idee c'est de coller une amende, puis de trouver des justifications
quand les banques sauront remplir les papiers, il suffira de repondre une loi indigeste pour qu'ils ne soient plus dans les clous, ce qui vaudra amende.......
par retour de politesse, les banques ( et autres) vont signaler tout et n'impoirte quoi ( et ca a deja commence), histoire d'ouvrir le parapluie
( au passage tout le monde a compris qu'il ne s'agit pas de sanctionner les dealers, mais plutot les retraites, cadres, et tout autre personne susceptible de payer une amende)
voila ou on en est
a écrit le 14/10/2018 à 5:23 :
Vivement que les cryptos les mettent toutes sur la paille.
a écrit le 13/10/2018 à 23:46 :
Ce n'est pas parce qu'une banque est amendée qu'elle est actrice de blanchiment. Elle est souvent accusée de ne pas avoir respecté des réglementations trop larges, fixant des obligations d'organisation et des finalités, sans orientations, partages et construction d'expériences,( notamment avec les forces de l'ordre) Ces réglementations cultivent la détection et le signalement de soupçons, sur des principes théoriques et avec des moyens peu spécialisés sur les organisations et techniques criminelles, Dans un tel contexte, les regulateurs condamnent facilement et essentiellement de la non conformité de forme plutôt que du fonds. En fait, même si les banques servent d'auxiliaire de l'etat dans cette lutte, elles servent de faire valoir à son inefficacité, son laxisme et à sa complaisance: acceptation de l'évasion fiscale négociée ou "legale" par exemple. Il suffit de regarder la forme et le fond des rapports de Tracfin, de constater que la pression n'est pas la même sur les acteurs impliquées reglementairement dans la lutte, de lire les rapports de la commission de sanctions de l''ACPR pour constater cette mascarade est loin de l'intérêt général. Les vrais blanchisseurs n'ont pas de soucis à se faire, s'ils restent discrets, complices et professionnels quand un état condamne et limite ceux qui seraient pourtant les plus à même de lutter activement contre ce fléau mondial.

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