Blanchiment : ING écope d’une amende de 775 millions d’euros

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Selon les autorités néerlandaises, le montant versé par ING comprend une amende de 675 millions d'euros, ainsi qu'un remboursement de 100 millions d'euros au gouvernement de La Haye.
Selon les autorités néerlandaises, le montant versé par ING comprend une amende de 675 millions d'euros, ainsi qu'un remboursement de 100 millions d'euros au gouvernement de La Haye. (Crédits : Francois Lenoir)
La principale banque des Pays-Bas a trouvé un accord avec le ministère public néerlandais, alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête sur son implication dans des cas de corruption et de blanchiment d’argent.

C'est une amende record pour ING. La justice néerlandaise et le groupe bancaire sont parvenus à un règlement à l'amiable, ce mardi 4 septembre, dans le cadre d'une enquête pour « blanchiment d'argent et pratiques de corruption », pour la période courant de 2010 à 2016. Pour mettre fin à ces poursuites, le groupe néerlandais a ainsi accepté de verser 775 millions d'euros d'amende.

« ING Bank N.V. à Amsterdam a accepté et payé un règlement de 775 millions d'euros proposé par le ministère public néerlandais », a indiqué le parquet dans un communiqué.

Les autorités ont précisé que cette somme comprenait une amende de 675 millions d'euros, ainsi qu'un remboursement de 100 millions d'euros au gouvernement de La Haye, soit l'une des plus lourdes amendes jamais infligées à une banque néerlandaise dans une affaire pénale. La banque néerlandaise avait, elle-même, révélé cette affaire dans son rapport annuel publié en mars 2017, redoutant déjà à l'époque une forte pénalité significative à imputer dans ses comptes. En 2017, ING avait enregistré un bénéfice net de 4,9 milliards d'euros.

A la Bourse d'Amsterdam, le titre ING a clôturé dans le rouge, en baisse de 0,14% à 11,55 euros.

Des pots-de-vin versés à la fille de l'ex-président Karimov

Selon le bureau du ministère public néerlandais, l'enquête avait porté notamment sur des soupçons de versements de pots-de-vin, d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, à une société de la fille de l'ancien président de l'Ouzbékistan, Goulnara Karimova (en prison depuis juillet 2017 pour fraude, blanchiment d'argent et recel de devises étrangères), de la part de plusieurs entreprises de télécommunications, telles que VimpelCom, basée à Amsterdam, ou encore la société suédoise Telia. VimpelCom, devenue VEON en 2017 et dirigée par l'ancien patron de SFR Jean-Yves Charlier, avait accepté de régler 795 millions de dollars d'amendes aux autorités américaines et néerlandaises en 2016, après avoir plaidé coupable pour viol de lois américaines sur la corruption.

Lire aussi : Corruption: un opérateur télécoms russe paie une gigantesque amende aux États-Unis

ING, qui aurait alors passé sous silence ces transactions selon les autorités néerlandaises, n'a pas respecté la WWFT, la loi contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Selon le Financial Times, ces défaillances auraient également servi à d'autres sociétés, révélant qu'un commerçant de sous-vêtements féminins serait aussi parvenu à blanchir environ 150 millions d'euros en passant par un compte ING.

ING admet « de graves lacunes »

Le Pdg du groupe bancaire néerlandais, Ralph Hamers, cité dans un communiqué, a reconnu « de graves lacunes » dans l'exécution de la politique de vigilance d'ING à l'égard de ses clients.

« En tant que banque, nous avons l'obligation de nous assurer que nos opérations sont conformes aux plus hauts standards. [...] Ne pas rencontrer ces standards est inacceptable et ING en prend l'entière responsabilité », a indiqué Ralph Hamers.

Le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, qui juge que cette affaire « extrêmement grave » risque d'affecter la confiance dans le secteur financier, a indiqué qu'il attendait une explication de la part d'ING. Pour l'heure, la banque basée à Amsterdam s'est contentée d'assurer qu'elle avait déjà pris des mesures contre « un certain nombre de cadres supérieurs actuels et anciens » impliqués.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2018 à 8:56 :
« de graves lacunes »

On aimerait que les gens qui volent pour se nourrir puissent se défausser de la sorte.
a écrit le 05/09/2018 à 8:05 :
Que dire... est ce encore la peine de s indigner.
Juste une réflexion:
Les principales banques mondiales organisent et développent le système de blanchiment dont ont besoin les mafias, les groupes internationaux mais finalement aussi les états (cf. Le Cedel...)
Il est toujours frustrant de constater que le quidam soit toujours sous le poids des morales étatiques, religieuses et sociales qui l obligent par peur, humanité et/ou manque de moyens à faire ce les plus puissants s arrogent chaque jour sans peine.
La morale est donc bien une affaire de pauvre.

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