Blanchiment : Bruxelles demande une enquête sur le scandale Danske Bank

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Après l'ouverture d'une enquête de l'agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), Bruxelles veut à son tour savoir comment 200 milliards d'euros suspects ont pu transiter par une filiale de la première banque danoise sans que les mécanismes de surveillance ne soient déclenchés.
Après l'ouverture d'une enquête de l'agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), Bruxelles veut à son tour savoir comment 200 milliards d'euros suspects ont pu transiter par une filiale de la première banque danoise sans que les mécanismes de surveillance ne soient déclenchés. (Crédits : Ints Kalnins)
Embourbée dans un gigantesque scandale de blanchiment d’argent qui a amené son patron à démissionner la semaine dernière, la première banque danoise serait désormais dans le viseur de la Commission européenne qui a demandé à l’Autorité bancaire européenne de se saisir de l’affaire, qui porterait sur 200 milliards d’euros.

Le scandale Danske Bank prend encore de l'ampleur. Après Copenhague puis Londres, c'est au tour de Bruxelles de s'intéresser à l'affaire de blanchiment qui éclabousse l'établissement danois. Un porte-parole de la Commission européenne a, en effet, déclaré à l'AFP que l'exécutif européen souhaitait une enquête de l'Union européenne sur les manquements en matière de surveillance qui ont conduit au scandale de blanchiment impliquant Danske Bank. Cette information vient confirmer un article du Financial Times, qui affirme que la Commission a adressé une lettre à l'Autorité bancaire européenne (EBA en anglais), un organe de surveillance de l'UE.

La Commission européenne demande à l'EBA « d'enquêter sur la possible violation ou non-application du droit de l'Union tant par les autorités de surveillance estoniennes que danoises » et appelle à ce que les problèmes soient traités « avec le degré d'urgence nécessaire », a écrit le quotidien britannique, qui a pu consulter cette lettre.

L'exécutif européen a appelé l'Autorité bancaire européenne à « utiliser pleinement » ses pouvoirs pour découvrir ce qu'il s'est passé dans la surveillance de la filiale estonienne de la première banque danoise, à la suite des révélations de manquements internes.

Des propositions à venir contre le blanchiment

La semaine dernière, le directeur général de Danske Bank a annoncé sa démission et la banque a rendu public un rapport d'enquête indépendant qui a évalué à 200 milliards d'euros les flux, pour une large part suspects, ayant transité par sa filiale estonienne pour le compte de 15.000 clients étrangers non-résidents entre 2007 et 2015.

Le porte-parole de la Commission cité par l'AFP a indiqué que la commissaire européenne aux consommateurs, Vera Jourova, avait l'intention de discuter de cette affaire, qu'elle avait qualifiée de « choquante » la semaine dernière, avec les ministres danois et estoniens, le 2 octobre prochain, lors d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Luxembourg. Elle compte également présenter des propositions pour renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent.

Déjà plusieurs enquêtes en cours

Alors que Danske Bank faisait déjà l'objet d'une enquête du parquet financier de Copenhague et de l'autorité danoise des marchés financiers, l'agence britannique de lutte contre la criminalité, la NCA (en anglais), avait indiqué, le 21 septembre, enquêter sur ce scandale qui implique plusieurs sociétés enregistrées au Royaume-Uni. Les clients britanniques étaient, après les Russes, les contingents les plus importants du portefeuille de clients non-résidents de la filiale estonienne qui font l'objet de soupçons.

Selon le Financial Times, la décision de Bruxelles de demander une enquête refléterait « une frustration » face à la série de scandales de blanchiment d'argent, « qui a ébranlé la confiance dans l'ensemble du secteur financier de l'Union européenne au cours des 12 derniers mois ». Le quotidien britannique fait notamment référence à l'affaire qui a touché la banque néerlandaise ING, qui a accepté de payer 775 millions d'euros début septembre pour mettre fin à une enquête aux Pays-Bas concernant du blanchiment d'argent et des pratiques de corruption. Ou encore, celle qui a concerné la banque lettone ABLV, également accusée de blanchiment par les autorités américaines.

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