Climat : les gérants d'actifs américains à la traîne derrière les Européens

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Les gérants d'actifs qui soutiennent le plus les résolutions sur le climat en assemblée générale d'actionnaires, selon l'organisation à but non lucratif ShareAction.
Les gérants d'actifs qui soutiennent le plus les résolutions sur le climat en assemblée générale d'actionnaires, selon l'organisation à but non lucratif ShareAction. (Crédits : ShareAction)
L'ONG britannique ShareAction a décortiqué les votes des grands gestionnaires de fonds en assemblée d'actionnaires : il en ressort que les BlackRock, Vanguard, JP Morgan et Fidelity bloquent souvent les résolutions sur le changement climatique. À l'inverse, les asset managers européens, dont Axa IM, sont les plus actifs et pro-climat.

Quasiment tous les gérants d'actifs, y compris les plus grands mondiaux, se targuent d'être des investisseurs responsables, sensibles au changement climatique, et d'appliquer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG dans le jargon) dans leur gestion. Mais les actes s'accordent-ils aux discours ? L'ONG britannique ShareAction a passé en revue les votes en assemblée générale des grands gestionnaires : il ressort de ce rapport publié ce lundi 4 novembre que les géants américains, tels que les leaders de la gestion passive BlackRock et Vanguard, JP Morgan et autres Fidelity, trustent le top 10 des investisseurs soutenant le moins les résolutions portant sur le changement climatique et déposées par la société civile.

Des résultats jugés "très préoccupants" par l'ONG, alors que les 20 plus grands fonds américains pèsent environ 35% des actifs sous gestion dans le monde. Leur vote revient souvent à bloquer la résolution.

À l'inverse, les gérants les plus actifs sur le climat en matière de vote sont presque tous européens, le suisse UBS AM et l'allemand Allianz GI en tête, devant les britanniques Aviva, HSBC, Legal & General et le français Axa IM : ils ont apporté leur soutien dans près de 80% à 90% des cas, sur 65 résolutions portant sur le reporting climat, les activités de lobbying ou sur la définition d'objectifs alignés sur l'Accord de Paris. Le géant français Amundi (filiale du Crédit Agricole), neuvième gérant d'actifs mondial en termes d'encours sous gestion, est un cran en dessous, à 65,57%.

"Vous ne pouvez pas vous vanter en public d'être attentif au climat et vous opposer aux objectifs en la matière en privé. En fin de compte, ces investisseurs seront jugés sur leur vote, l'outil le plus puissant dont ils disposent. Ils ont le pouvoir de freiner l'urgence climatique, mais ils sont en pilote automatique", fait valoir Jeanne Martin, responsable de campagne chez ShareAction et auteure du rapport.

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Climat vote AG gérants BlackRock ShareAction

[Les gérants d'actifs ayant le moins soutenu les résolutions sur le climat en assemblée générale. Crédit : ShareAction]

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Lire aussi : Pourquoi BlackRock, le géant de Wall Street, hausse le ton sur la diversité et le climat

Des gérants trop "passifs" en AG

L'organisation à but non lucratif souligne par exemple que le gestionnaire d'actifs américain Northern Trust "a voté pendant trois années consécutives contre une motion visant à la transparence des activités de lobbying climatique de Ford" et contre toutes les résolutions orientées climat chez ExxonMobil. À l'inverse, elle se félicite du "succès remporté par un groupe d'investisseurs progressistes qui souhaitaient voter pour les résolutions sur la gouvernance climatique à ExxonMobil", citant BMO, BNP Paribas AM, l'allemand DWS, même si ces motions ont en réalité été rejetées par les actionnaires en AG.

"Les investisseurs pratiquant la gestion passive [ou indicielle, avec des trackers répliquant des indices, ndlr] sont depuis trop longtemps des gérants de capital passifs", a commenté le gérant du fonds de pension britannique du Merseyside, Owen Thorne. "Des détenteurs d'actifs comme nous sont de plus en plus mécontents de la façon dont les grands fonds indiciels votent sur les résolutions relatives au changement climatique."

Le meilleur élève du classement, UBS Asset Management, explique avoir renforcé ces 18 derniers mois son "engagement auprès des entreprises afin de susciter des changements positifs vers une économie sobre en carbone".

"Nous nous attendons à ce que les entreprises disposent d'une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre, définissent clairement leurs objectifs et rendent compte de leurs progrès. Notre historique de vote le reflète. Le vote est une partie importante de notre obligation fiduciaire envers les clients et fait partie intégrante du processus d'investissement et de notre approche de gérance globale", insiste Michael Baldinger, le responsable de l'investissement durable et à impact chez UBS, cité dans le communiqué de ShareAction.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2019 à 19:27 :
C'est bien d'avoir le shame and name, cela donne la possibilité de savoir et ainsi agir en conséquence. Vous imaginez lorsque les boycotts seront fait par des personnes en fonction par exemple d'une pétition! qu'ils soient cortiqué! c'est un chemin qui ne peut se prendre qu'avec des médias indépendants!

Alors comme j'ai compris quelques trucs pour savoir dans l'human machine humain...

Toute la question est d'avoir en conscience qui ! c'est plus important !

L'économie est un chemin qui oblige a ce que les actions le soient par l'adhésion.
a écrit le 04/11/2019 à 19:05 :
"Pro-climat" ? Mais comment pouvez vous le savoir je vous prie ? Non ils sont pro finance "verte" à savoir leur concept dans lequel ils y mettent ce qu'ils veulent.

"Le travail libère" y avait il écrit à l'entrée des camps de concentrations...
a écrit le 04/11/2019 à 17:31 :
allez, on va se faire un bon coup d'hypocrisie......
les norvegiens ont plein de morale pour le pas investir dans le carbone, mais bon, hein, entre deux lecons de morale baveuse, on tire encore plein de revenus du petrole, histoire d'assurer l'avenir
dans la vie faut jamais servir d'idiot de service a des gens qui vous expliquent la misere du monde, en vous expliquant sans rire pourquoi ' a titre personnel' ils ne font pas ce qu'ils disent
les baveux veulent que les europeens paient l'addition; ca sera double peine, car en plus des degats sur l'economie, le rechauffement sera quand meme subi vu que les principaux acteurs ( russie chine usa) ne jouent pas le jeu
comment demolir ses concurrents pas cher?
vous mettez des idiots utiles, et vous les faites hurler a la mort dans des journaux independants donc de gauche ( les mems qui hurleront quand le chomage explosera, effectivement)
faut relire les parties de certains cours de communication, ils sont interessants; les objectifs affiches officieusement sont loin de l'angelisme baveux officiels

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