Crédit Agricole dopé par les marchés et le rebond de LCL

 |   |  793  mots
Objectivement, ce sont de très bons résultats. Mais il ne faut pas s'endormir pour la suite, la concurrence est extrêmement active a déclaré Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA.
"Objectivement, ce sont de très bons résultats. Mais il ne faut pas s'endormir pour la suite, la concurrence est extrêmement active" a déclaré Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA. (Crédits : @Credit_Agricole)
La Banque verte a multiplié par 2,3 son bénéfice net au premier trimestre, grâce à ses activités de marchés et au redressement de son réseau de détail LCL, malgré le contexte de taux bas.

[Article mis à jour à 11h30]

"Très bon niveau de résultat, avec une forte contribution de tous les métiers" se félicite Crédit Agricole S.A. dans son communiqué de résultats du premier trimestre ce jeudi matin. L'entité cotée du groupe bancaire mutualiste a dégagé un bénéfice net part du groupe de 845 millions d'euros, multiplié par 3,7 par rapport au premier trimestre 2016 et par 2,3 en retraitant des éléments exceptionnels liés à la réorganisation du capital l'an dernier.

L'activité de marchés (le pôle "Grandes clientèles") a clairement tiré les revenus : elle représente la moitié de la hausse du produit net bancaire, qui s'est élevé à 4,7 milliards d'euros (+14% en données sous-jacentes et +23,7% en publié). Comme les autres grandes banques, le Crédit Agricole a profité du boom des marchés boursiers, dopés par l'effet Trump, et gagné du terrain dans plusieurs domaines. En particulier "dans les métiers de Taux, Change et Crédits" précise la Banque verte, qui souligne "un fort dynamisme de la banque d'investissement":

"CACIB [Crédit Agricole Corporate and Investment Bank] a augmenté de +0,7 point à 6,7% sa part de marché en tant que teneur de livre d'émissions obligataires en euros; il est leader sur le marché des financements de projets en EMEA [Europe Moyen-Orient Afrique] avec 6,3% de part de marché (+3,6 points), et il est leader mondial toutes devises confondues en financements verts, avec 16 opérations de "green bonds" réalisées au premier trimestre 2017 en tant que teneur de livre, ainsi qu'une première transaction de "Green Capital Note" de 3 milliards de dollars [première opération de titrisation synthétique à caractère socialement responsable, ndlr]" énumère le groupe.

Courbe des taux

Le contexte est un peu moins porteur dans la banque de détail, qui continue de souffrir de l'environnement de taux d'intérêt bas.

"Malgré la remontée des taux d'intérêt longs en zone euro à partir du quatrième trimestre 2016, qui les a portés à des niveaux plus élevés qu'au premier trimestre 2016, ces niveaux restent bas et la partie courte de la courbe est restée en territoire négatif.
Cette faiblesse des taux continue de peser sur la marge d'intérêt des activités d'intermédiation, notamment la banque de proximité en France et en Italie" explique le groupe mutualiste.

La Banque verte indique que cette situation "a déclenché une vague de renégociations de crédits immobiliers en France, qui s'est même amplifiée avec la remontée des taux à partir de novembre et a culminé avec des records de renégociations mensuelles en janvier 2017 (2,1 milliards d'euros sur le mois chez LCL par exemple)" précise-t-elle.

L'effet est positif à court terme, grâce aux commissions de réaménagement de prêts ou de pénalités de remboursement anticipé qui augmentent le produit net bancaire, mais il va peser sur les revenus d'intérêt au cours des trimestres à venir.

LCL se porte mieux

Ce regain d'activité se voit dans les résultats de LCL, qui se porte nettement mieux : les revenus de l'ex-Crédit Lyonnais ont augmenté de 8,2% à 904 millions d'euros et son bénéfice net de 64,7% à 140 millions d'euros, grâce à la maîtrise des coûts. D'autres indicateurs montrent son dynamisme commercial, à l'image de la hausse de 17% des dépôts à vue et de celle de 9,4% du nombre de contrats d'assurance dommages.

Le directeur général de Crédit Agricole S.A. Philippe Brassac a tempéré lors d'une conférence téléphonique :

"LCL a bénéficié d'un effet de "boost" lié aux renégociations de prêts. Il ne faut pas extrapoler de façon excessive les résultats du premier trimestre. Je suis très contents pour les employés du LCL : c'est la reconnaissance des efforts qu'ils consentent" a-t-il ajouté.

Les analystes du courtier Jefferies estiment que ces résultats solides montrent que LCL est "en train d'atteindre un point d'inflexion" et qualifient cette publication du groupe de "récolte prometteuse."

Pour l'ensemble du groupe, Philippe Brassac a fait valoir :

"Objectivement, ce sont de très bons résultats. Mais il ne faut pas s'endormir pour la suite, la concurrence est extrêmement active." Interrogé sur l'arrivée prochaine sur le marché d'Orange Bank, il a ajouté : "C'est un cran supplémentaire d'intensité concurrentielle que nous allons devoir affronter."

L'action CASA, qui avait ouvert en hausse de 2,2% jeudi matin, s'est retournée et recule de 0,8% à l'approche de la mi-journée. Les valeurs bancaires ont beaucoup progressé ces dernières semaines, à mesure que s'évaporait le "risque politique" de l'élection présidentielle.  Crédit Agricole a gagné 20% depuis janvier et près de 56% en un an.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/05/2017 à 13:39 :
Pour les jeunots, LCL, du temps de Mitterand, cela s'appelait Le Crédit Lyonnais. Et ToTal s'appelait ELF, etc.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :