La gestion d'actifs en alerte

Les gérants sont inquiets pour l'année qui s'annonce. Entre les différentes réformes réglementaires et la baisse de la collecte, les challenges ne manqueront pas.
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« L'année 2012 s'annonce difficile », s'inquiète un gérant. Les challenges ne vont certes pas manquer pour l'industrie de la gestion d'actifs qui doit s'adapter aux crises de plus en plus fréquentes.

Elle va déjà devoir trouver la parade pour faire face à une réduction de ses revenus en raison d'une baisse des encours liée à un effet performance négatif et à une forte décollecte. L'industrie n'a pas encore répondu par des réductions d'effectifs. En France, seule BNP Paribas a annoncé 249 suppressions de postes dans sa branche gestion d'actifs. Mais les budgets de développement sont revus à la baisse, voire gelés.

L'adaptation au contexte volatil nécessite aussi d'optimiser le business model car les économies d'échelle ne sont pas toujours captées. L'objectif est de trouver un modèle pérenne. Selon Pierre-Ignace Bernard, directeur ­associé de McKinsey France, « avoir une vision fine, granulaire des croisements zones géographiques et segments de clients porteurs de croissance est important ».

Double peine

Les défis seront aussi d'ordre réglementaire en 2012. « Avec Bâle III et Solvabilité II, l'industrie de la gestion d'actifs subit une double peine réglementaire», indiquait récemment Noël Amenc, directeur de l'Edhec Risk Institute, dans un entretien accordé à « La Tribune ». Dans les réseaux bancaires, la décollecte est structurelle du fait de politiques commerciales privilégiant les produits de bilan au détriment des OPCVM et des contrats d'assurance-vie multi-supports. S'ajoutent la loi Dodd Frank et sa règle Volcker (« La Tribune » du 22 décembre 2011) aux États-Unis, effective le 21 juillet 2012. Mais aussi la loi Fatca (loi pour lutter contre l'évasion fiscale) qui prendra effet le 1er janvier 2013. Au-delà d'importants coûts à engager pour se mettre en conformité, ces lois posent la question de la structuration des groupes bancaires et le fait de détenir ou pas une activité de gestion d'actifs. Deutsche Bank a pris les devants en décidant de vendre une partie de cette activité. D'autres « spin-off » ne sont pas exclus tout comme des rapprochements.

Ces contraintes réglementaires peuvent aussi générer des opportunités dans l'offre de solutions d'investissement répondant, par exemple, aux exigences de Solvabilité II qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013. Ainsi, l'année 2012 devrait voir fleurir de nombreuses offres.

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