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Les ventes à découvert à nouveau autorisées

Pascale Besses-Boumard

Publié le 13 février 2012 à 15:36 - Mis à jour le 13 février 2012 à 15:40

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Le gendarme de la Bourse a mis fin à cette interdiction initiée en août dernier au lendemain d'un bain de sang boursier pour les valeurs bancaires

Faut-il y voir un signe ? L'Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé ce matin avoir mis fin à l'interdiction des ventes à découvert sur les valeurs financières de la cote parisienne. Interdiction qui avait été mise en place en août dernier au lendemain d'un bain de sang boursier particulièrement rude pour toutes les banques et compagnies d'assurances. Les entreprises concernées sont au nombre de dix. Il s'agit en l'occurrence d'April Group, Axa, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Scor, Société Générale.

Une interdiction élaborée à l'échelle européenne

Mise en place le 11 août 2011 par le ministre de l'économie, cette interdiction avait été prolongée le 10 novembre dernier pour 3 mois, à la demande de l'AMF. C'est donc à ce titre qu'elle a annoncé aujourd'hui la fin de ce processus. Un procédé élaboré à l'échelle européenne puisque cette interdiction avait également été mise en ?uvre en Italie mais aussi en Allemagne et en Espagne. Rappelons que la vente à découvert est un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur. Ainsi, une action vendue à découvert alors qu'elle cote 10 euros, puis achetée alors qu'elle ne vaut plus que 8 euros, rapporte à l'auteur de l'opération un gain de 2 euros. Un procédé particulièrement dangereux pour son initiateur, puisqu'en achetant à découvert un titre, on ne peut perdre plus de 100% de sa mise alors que la perte sur une vente à découvert est illimitée puisque la hausse d'un titre peut aller jusqu'à l'infini.
En mettant en place cette interdiction, l'AMF voulait bien évidemment porter un coup d'arrêt à la spéculation dont faisait l'objet l'ensemble des valeurs financières françaises. A commencer par la Société Générale, cible d'un nombre importants de programmes de ventes. A tel point que la banque française a perdu plus de 40% en l'espace de quelques semaines. Mouvement pour le moins contagieux puisque ses homologues ont très vite connu le même rythme de baisse.

Une interdiction qui n'a pas empêché le déclin des valeurs bancaires en Bourse

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On s'est pourtant très vite rendu compte que ce « bouclier », n'avait pas beaucoup de poids puisque ces établissements financiers ont poursuivi, au fil des mois, leur inexorable déclin boursier. Et pour cause : certains investisseurs vendaient purement et simplement leurs lignes de titres bancaires ou bien passaient par un système optionnel permettant de contourner l'interdiction.
La décision de l'AMF de ce matin est donc à lire avec un double prisme. Elle a d'abord sans doute été prise en raison d'une moindre spéculation sur les valeurs financières et ce, dans un contexte moins anxiogène pour ces entreprises qui ont déjà largement provisionné le risque de la dette souveraine, mais aussi le repli de leurs activités de banque de financement et d'investissement. Leur reflux boursier est tel qu'elles constituent aujourd'hui davantage une opportunité d'achat que de vente. Même si elles servent maintenant bien souvent de curseur en fonction des bonnes ou mauvaises nouvelles en provenance de Grèce ou plus globalement de la zone euro. Aujourd'hui encore, les banques étaient en assez nette hausse à l'ouverture de la séance, dans le prolongement de l'accord trouvé par le gouvernement Grec pour signer le nouveau plan d'austérité. Au fil des heures et compte tenu des incertitudes qui planent encore autour de cet épineux dossier, ces mêmes établissements ont cédé du terrain pour finir la journée dans le rouge.
Il faut bien dire aussi, que cette interdiction n'a pas empêché, loin s'en faut, le déclin des valeurs bancaires en Bourse.

Pascale Besses-Boumard

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