Trouver de l'argent en se passant des banques ? Pas si difficile !
Séverine Sollier
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Les PME restent les entreprises les plus consommatrices de crédit bancaire. Selon le rapport de la Cour des comptes sur l'État et le financement de l'économie (juillet 2012), 72?% du nombre de lignes de crédits accordées par les banques entre janvier 2009 et juillet 2010 leur étaient destinés. Mais les banques, qui ont du mal à se refinancer sur les marchés, ne cessent de durcir les conditions d'octroi de prêts, comme le déplorent les trois quarts des patrons de PME, selon le baromètre KPMG de juin 2012 pour la CGPME. Conséquences de ce durcissement pour les petites et moyennes entreprises : les frais augmentent, les montants prêtés sont plus faibles et des garanties supplémentaires sont exigées par les banques.
Un hybride entre dette senior et fonds propres
Or, dans le même temps, les besoins de financement progressent. Plus des deux tiers des PME (68 %) déclarent avoir au moins un besoin de financement pour investir ou alimenter la trésorerie. « Les PME ont besoin de relais aux financements traditionnels », observe donc Fabrice Imbault, directeur général adjoint de la société de gestion A Plus Finance, avant d'ajouter : « Nous leur proposons des véhicules collectifs comme les Fonds d'investissement de proximité (FIP) ou des fonds communs de placement à risques (FCPR) investis au moins à 50 % dans des sociétés non cotées par le biais d'obligations convertibles. » Le plus souvent, il ne s'agit pas de se substituer aux banques, mais de compléter le montant nécessaire.
Les entreprises concernées par les prestations d'A Plus Finance ont déjà un historique de bons résultats, à l'image de la société grenobloise Adeunis RF, spécialisée dans les systèmes de transmission radio sans fil (9 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011). Elle a levé 2,1 millions d'euros en obligations convertibles fin 2011. « Face aux propositions de financement traditionnel en fonds propres, un financement obligataire répondait à notre double objectif de préserver notre indépendance capitalistique et de trouver des ressources nouvelles pour financer l'accélération de nos activités », notamment à l'international, raconte Hervé Vincent, PDG d'Adeunis RF.
Les alternatives au crédit sont aussi souvent recherchées à l'occasion de la transmission de l'entreprise. Les fondateurs de la société PIL (Produits industriels lorrains), installée à Nancy, qui fabrique depuis 1984 des produits de fonte pour les travaux publics - comme des plaques d'égout -, ont ainsi fait appel à A Plus Finance pour organiser la cession de l'entreprise à travers un financement mezzanine de 2,5 millions d'euros, monté avec un pool de banques, et un apport en fonds propres des repreneurs de PIL. Le financement mezzanine est un financement hybride entre dette senior (prêt bancaire) et fonds propres (capitaux apportés par les repreneurs), souvent sous la forme d'obligations convertibles.
Séverine Sollier
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