Union bancaire européenne : le difficile passage de la théorie à la pratique

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Les ministres des Finances de l'UE vont s'efforcer de faire avancer l'union bancaire, les 20 et 21 juin, à Bruxelles. Copyright Reuters
Les ministres des Finances de l'UE vont s'efforcer de faire avancer l'union bancaire, les 20 et 21 juin, à Bruxelles. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les ministres des Finances de l'Union européenne se réunissent jeudi et vendredi, à Bruxelles, afin de tenter de faire avancer le chantier de l'union bancaire, ouvert il y a un an tout juste.

Nuit(s) blanche(s) en perspective pour les ministres des Finances de l'Union européenne (UE). Ces derniers se réunissent aujourd'hui et demain, à Bruxelles, afin de tenter de faire avancer le chantier de l'union bancaire. Lancé il y a un an, celui-ci n'a débouché, pour le moment, que sur un accord relatif à la création d'une autorité de supervision unique. Laquelle, sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE), surveillera les grandes banques du Vieux Continent.
Jeudi 20 juin, les 17 ministres des Finances de la zone euro devaient plancher sur la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro. Vendredi, rejoints par leurs homologues des 10 autres Etats membres de l'UE n'ayant pas adopté l'euro, ils s'attelleront au sujet du mécanisme de résolution unifiée, c'est-à-dire de la gestion, à l'échelle européenne, du renflouement ou de la liquidation d'une banque en grande difficulté.

Mais, qu'est-ce exactement que l'union bancaire ? Pourquoi ce chantier a-t-il été ouvert ? Quel est son calendrier ? Pourquoi traîne-t-il en longueur ?

1. Pourquoi un projet d'union bancaire européenne ?

Ce n'est pas un hasard s'il a été lancé il y a un an. Alors en pleine crise des dettes souveraines, l'UE cherchait un moyen de rompre - ou, tout au moins, d'atténuer - le lien entre dette bancaire et dette souveraine. Le projet d'union bancaire annoncé lors du sommet européen de juin 2012 vise ainsi à créer un système fédéral de gestion des crises bancaires, afin d'éviter que le sauvetage de banques en difficulté n'altère trop fortement les finances des pays concernés. L'objectif final étant que le contribuable ne passe plus à la caisse en cas de sauvetage d'une banque. Pour mémoire, d'octobre 2008 à décembre 2011, l'UE a consacré 1.600 milliards d'euros au sauvetage de son système bancaire. Une somme qui ne représente pas moins de 13% de son Produit intérieur brut annuel.

2. En quoi consiste l'union bancaire ?

Il s'agit d'une fusée à trois étages, avec, pour commencer, un seul et unique gendarme pour surveiller les grandes banques européennes, en « la personne » du mécanisme de supervision unique, composé de la Banque centrale européenne (BCE) et de représentants des autorités nationales compétentes.
Au deuxième étage de la fusée se trouve le mécanisme de résolution unifiée, qui permettra de gérer, à l'échelle de l'Europe et non plus des pays, les difficultés d'une banque, en la renflouant ou en la liquidant. Dans le cas du sauvetage, c'est le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro, qui la recapitalisera.
Enfin, l'union bancaire prévoit d'harmoniser les systèmes de garantie des dépôts des clients des banques, en cas de faillite ou de quasi-faillite de l'une d'elles.

3. Sur quels points les discussions achoppent-elles ?

Les ministres des Finances européens sont divisés sur le sujet de la rétroactivité - ou non - du mécanisme de recapitalisation directe des banques par le MES. Les pays qui ont déjà dû mettre la main à la poche pour renflouer leurs banques, comme l'Irlande et l'Espagne, plaident pour la rétroactivité. A l'inverse de l'Allemagne, par exemple.
Autre pomme de discorde : la nature des créanciers qui devront participer au renflouement de la banque. Certes, les ministres des Finances européens sont d'accord pour que les actionnaires soient les premiers à mettre la main à la poche, suivis par les créanciers obligataires juniors [dont le remboursement est subordonné à celui des créanciers seniors ou prioritaires ; Ndlr], puis par les créanciers seniors et, enfin, par les déposants disposant de plus de 100.000 euros à la banque. Mais des pays comme la France et le Royaume-Uni souhaite une flexibilité dans cette règle, afin d'épargner certaines catégories de créanciers, au cas par cas. Au grand dam de l'Allemagne, qui milite au contraire pour des règles bien établies.

4. Quel est le calendrier de l'union bancaire ?

La supervision unique, seule véritable avancée de l'union bancaire, pour l'heure, devrait être mise en place en septembre 2014, 12 mois après son vote par le Parlement européen. Et ce n'est qu'à partir du moment où le superviseur bancaire unique sera opérationnel que la recapitalisation directe des banques par le MES pourra être appliquée. Quant aux règles pour le renflouement et la liquidation des banques en difficulté, elles ne devraient pas être appliquées avant 2018, selon la volonté de la plupart des pays européens.

 

 

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a écrit le 26/06/2013 à 19:15 :
TRES BONNE NOUVELLES mais le president de c ette banque devras etre elue par la majorite c est cela la democratie ???
a écrit le 26/06/2013 à 7:37 :
Nouvelle étape dans la construction européenne : l'Union Bancaire

Pourquoi l'Europe cherche à se doter d'une Union Bancaire? Comment fonctionnerait-elle? Quels sont les enjeux? Quelles sont les limites et les effets pervers?

http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/50-nouvelle-etape-dans-la-construction-europeenne-l-union-bancaire.html
a écrit le 24/06/2013 à 9:08 :
Il faudrait savoir, on renfloue ou on liquide. L'Union Bancaire c'est avant tout la fin de la souveraineté des Etats et cela dans tous les domaines politiques,le porte monnaie décide de tout,cela demande entre autre à remettre à plat le traité de Lisbonne,adieu Fesf,Mes j'en passe et des pires.La Mutualisation des dettes est à ce prix.Compter sur l'Allemagne et Bruxelles en tant que superviseurs économiques,pour vous faire cracher au bassinet et vous laissez à un niveau de basse eau.Le bon coté car il y en a un,les politiques pourront s'inscrire chez popol,vu qu'il n'en restera que 5% pour faire de la figuration officielle à Bruxelles,et ça c'est plutôt une bonne nouvelle.
a écrit le 21/06/2013 à 15:23 :
Mais d'où sort tout ce pognon ?
Réponse de le 24/06/2013 à 8:51 :
@Du chapeau Je vais vous répondre façon Compagnie Créole (au bal masqué) devinez devinez
a écrit le 21/06/2013 à 0:01 :
C'est toujours difficile de passer de la théorie à la pratique. Regardez la présentation qui nous avait été faite de l'Euro. Et de cette bureaucratie exemplaire que nous devions avoir à Bruxelles. Et du Président de l'Europe qui allait enfin donner un numéro de téléphone à l'UE. Et des commissaires, ces serviteurs désintéressés de l'intérêt général. Et regardez aujourd'hui qui nous avons: Barroso l'ex-maoiste qui n'a gardé de ses années de jeunesse que le goût de l'intransigeance et son mépris de la démocratie, Von Rompuy qui est plus connu pour ses Aiku que son poste, et les commissaires, plus arrogants les uns que les autres, méprisant ouvertement ceux qui ne sont pas d'accord avec eux et leur vision du monde. Et notre Michel Barnier national, pas en reste avec tout ce beau monde.

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