Les ennuis ne sont pas finis pour Sam Bankman-Fried (SBF). Inculpé après la faillite frauduleuse de son entreprise de cryptomonnaies FTX en novembre, la justice américaine accuse l'ancien patron de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies d'avoir versé à des officiels chinois au moins 40 millions de dollars de pots-de-vin.
D'après un document publié par les services du procureur fédéral de Manhattan, Damian Williams, tout aurait débuté avec le gel de comptes d'Alameda Research, une société de trading soeur de FTX, détenus sur plusieurs plateformes d'échanges de cryptomonnaies chinoises. Ce gel, qui aurait privé l'entreprise américaine d'un milliard de dollars, serait intervenu dans le cadre d'une enquête menée par la justice chinoise en 2021 contre une société qui aurait exercé sur ces mêmes plateformes. Alameda aurait donc été une victime collatérale du durcissement de la politique chinoise sur les cryptos engagé il y a deux ans. « Sam Bankman-Fried aurait d'abord essayé de débloquer ces fonds en passant par la justice, en faisant pression avec ses avocats. Comme cela n'aurait pas marché, il aurait ordonné à ses employés de verser des pots-de-vin à des représentants de l'Etat chinois pour faire avancer les choses », résume Stanislas Barthelemi, consultant chez KPMG, spécialiste des cryptoactifs.
Selon l'acte d'accusation, les comptes auraient été débloqués au moment où un premier paiement illicite a été effectué. L'ex PDG aurait ensuite autorisé un versement supplémentaire de plusieurs dizaines de millions de dollars pour compléter le pot-de-vin qui s'élèverait au total à 40 millions de dollars.