« Si on régule les Fintech comme des banques, elles mourront »

https://www.flickr.com/photos/techinasia/18293552513
Flickr/Tech in Asia. CC License by.

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Grande place financière mondiale, Singapour a fait de la Fintech, les startups de la finance, un de ses axes de développement, dans le cadre du programme gouvernemental « Smart Nation ». L'Autorité monétaire de Singapour (MAS), la banque centrale de la cité-État asiatique, est perçue comme l'un des régulateurs les plus en pointe sur l'innovation : le Fintech Festival, qu'elle organise depuis 2016, est devenu l'un des plus grands événements du secteur au monde, où se pressent Christine Lagarde, du FMI, ou Narendra Modi, le Premier ministre indien, et plus de 40.000 participants. Le directeur général de la MAS, Ravi Menon, était de passage à Paris ce mardi 14 mai, invité par la Banque de France à exposer sa vision de l'innovation dans la finance.
Singapour est, avec Londres, l'un des grands centres financiers à avoir mis en place une « sandbox », un « bac à sable » réglementaire pour les jeunes pousses. Il a cité l'exemple dans l'assurance d'une startup analysant à l'intelligence artificielle les contrats afin de vérifier si les clients ont des risques non couverts, estimant qu'il était préférable de tester 300 clients avant d'envisager un lancement grand public. En France, les régulateurs préfèrent l'approche par la proportionnalité.
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[Le directeur général de l'Autorité monétaire de Singapour, Ravi Menon, à la Banque de France, mardi 14 mai. Crédit : DC]
Selon le directeur général de l'Autorité monétaire de Singapour, « la régulation se fera de plus en plus sur la base de l'activité et non sur celle des entités », autrement dit pas tant sur le type d'entreprise, son secteur, son éventuelle licence, mais sur l'activité qu'elle réalise en tant que telle.
Il a évoqué l'exemple des paiements, où la MAS a découpé la chaîne de valeur en six segments et analysé l'activité par les risques, certains acteurs ne touchant jamais aux fonds mais se contentant de transmettre des ordres.
Il a critiqué le modèle fermé des systèmes de paiement à la Alipay : « Ce n'est pas le bon modèle, nous avons besoin de collaboration et d'interopérabilité. » A Singapour, le régulateur a obligé les banques à se mettre autour de la table et à abandonner leurs solutions propriétaires de porte-monnaie électronique au profit d'une solution commune de virement par mobile PayNow.
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« Laisser mille fleurs s'épanouir, c'est bien, mais il vous faut un jardin ! », a observé Ravi Menon.
Il s'est montré critique à l'égard de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) qui pourrait ouvrir un boulevard aux Gafa en obligeant les banques à ouvrir l'accès aux données des clients.
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Le président exécutif de BBVA, Carlos Torres Vila, avait, lui aussi, réclamé un partage de données équitables entre tous les acteurs, tous les secteurs, notamment l'e-commerce et les réseaux sociaux, lors d'une table ronde au Paris Fintech Forum en janvier dernier (voir la vidéo).
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