Finance : la startup britannique TransferWise chercherait à lever jusqu'à 300 millions de dollars
latribune.fr avec Reuters

TransferWise Taavet Kristo
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TransferWise, la startup britannique de transfert d'argent, cherche à céder une partie de son capital à l'occasion d'une nouvelle levée de fonds, rapporte l'agence Reuters, qui s'appuie sur plusieurs sources proches du dossier.
La société, qui compte parmi ses actionnaires l'homme d'affaires britannique Richard Branson et les cofondateurs de PayPal Peter Thiel et Max Levchin, souhaiterait lever jusqu'à 300 millions de dollars (environ 270 millions d'euros) dans le cadre de sa nouvelle levée de capitaux. L'opération la valoriserait autour de quatre milliards de dollars, a précisé l'une des sources. Le dossier est piloté par Goldman Sachs, ont ajouté les sources, qui ont requis l'anonymat. Un porte-parole de Goldman Sachs n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
Comme d'autres startups, à l'image de WorldRemit ou encore Azimo, TransferWise utilise les nouvelles technologies pour réaliser des transferts d'argent internationaux en pratiquant des tarifs souvent inférieurs à ceux des banques classiques et des acteurs traditionnels du secteur. TransferWise se targue ainsi d'être « jusqu'à 8 fois moins cher » que les banques qui « peuvent vous facturer jusqu'à 5 % de frais cachés lorsque vous envoyez de l'argent à l'étranger. »
Transferwise est née à Londres en 2011 à l'initiative de deux Estoniens, Taavet Hinrikus et Kristo Kaarmann. Taavet Hinrikus, premier employé de Skype, recevait son salaire en euros alors qu'il habitait à Londres. Kristo Käärmann, consultant pour les banques chez PwC puis Deloitte, était payé en livres sterling, mais devait rembourser son prêt immobilier en euros en Estonie et passait du temps en Belgique. Ils ont eu l'idée de se transférer de l'argent mutuellement, en suivant les taux de change réels et en ont fait un business.
Contrairement aux mastodontes du secteur, Wester Union et MoneyGram dont les immigrés constituent le coeur de cible, la plateforme a d'abord visé les particuliers globe-trotters, expatriés, étudiants et travailleurs indépendants. Elle a ensuite élargi son activité aux petites et moyennes entreprises en lançant un compte multidevises "Borderless" (sans frontière) avec des coordonnées bancaires locales pour payer les fournisseurs ou vendre à l'étranger sans surcoût qui risquerait de rogner leurs marges.
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Aujourd'hui, TransferWise revendique plus de quatre millions de clients et des transferts d'un montant global de plus de quatre milliards de dollars par mois selon son site internet. L'entreprise emploie plus de 1.400 personnes sur 11 sites à travers quatre continents.
Lors de sa dernière levée de fonds, en 2017, elle avait récolté 280 millions de dollars apportés entre autres par Old Mutual Global Investors et le groupe de capital-investissement californien IVP. L'opération, réalisée sur la base d'une valorisation de plus de 1,6 milliard de dollars, l'avait alors hissée sur la première marche du podium des plus importantes levées de fonds du secteur en Europe cette année-là.
Rentable depuis 2017, l'entreprise a réalisé un bénéfice d'exploitation de 9,5 millions de livres sterling (environ 11,0 millions d'euros) sur les 12 mois à fin mars 2018, pour un chiffre d'affaires de 117 millions de livres (environ 136 millions d'euros).
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Depuis le début de l'année 2019, les méga levées de fonds se succèdent dans le secteur de la Fintech britannique. Le spécialiste des prêts aux PME OakNorth a finalisé une levée de fonds de 440 millions de dollars, la néobanque Starling a levé 85 millions d'euros et la Fintech GoCardless, spécialisée dans l'automatisation des prélèvements bancaires, a bouclé un tour de table de 75 millions de dollars, le 18 février dernier. Les startups de la finance allemandes ont également séduit les investisseurs : la néobanque N26 a levé 300 millions de dollars en janvier dernier et quelques semaines après la Fintech berlinoise Raisin, spécialisée dans les produits d'épargne, a officialisé un tour de table de 100 millions d'euros.
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