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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Le microcrédit veut aller plus loin dans la lutte contre le chômage

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 08 avril 2015 à 05:00

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L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) émettra un titre associatif en juin, pour un montant total compris entre 8 et 10 millions d’euros, afin de financer une activité de microcrédit en hausse de 10% à 15% par an. Au-delà du soutien à la création d'entreprises, l'Adie veut aider les micro-entrepreneurs installés à consolider leur activité, afin de leur permettre d'embaucher davantage.

Les entreprises ne veulent pas d'eux ? Qu'à cela ne tienne, leur entreprise, ils la créeront eux-mêmes. En France, où le taux de chômage devrait grimper à 10,2% à la fin juin selon l'Insee, du jamais vu depuis 1997, un nombre croissant de demandeurs d'emploi sont tentés de fonder leur propre société afin de revenir sur le marché du travail. Mais avec quels moyens financiers, quand les banques leur refusent les quelques milliers d'euros nécessaires au démarrage de leur projet ? Pour tous ceux-là, il y a les microcrédits, des prêts d'un montant maximum de 10.000 euros, octroyés par l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique), France Active, Réseau Entreprendre ou encore Initiative France. Autant de réseaux qui ne se contentent pas de signer des chèques aux aspirants entrepreneurs, mais qui les accompagnent dans la structuration de leur projet, en leur prodiguant des conseils juridiques, comptables, etc.

Et cela fonctionne, d'après une étude publiée en début d'année par le Bureau international du travail (BIT), la Caisse des dépôts et la Direction générale de la cohésion sociale. D'après ce rapport, 89% des demandeurs d'emploi ayant créé (ou repris) une société en 2010, avec l'aide d'un réseau de microcrédit, étaient toujours en activité trois ans plus tard. Cette pérennité n'est cependant pas synonyme de création de richesse, 60% des micro-entrepreneurs jugeant leurs revenus insuffisants. Des revenus qui seraient en moyenne inférieurs de moitié à ceux d'un entrepreneur classique, précise l'étude. Difficile, dans ces conditions, de songer à recruter : 79% des micro-entrepreneurs ayant débuté leur activité en solo ne se sont pas aventurés à embaucher, par la suite.

Accompagner davantage les micro-entrepreneurs installés

C'est précisément ce que veut changer l'Adie, dans le cadre de son plan stratégique pour la période 2015-2017. Certes, le pionnier du microcrédit, fondé en 1985 par Maria Nowak, a "toujours pour objectif de développer le soutien à la création d'entreprises", ambitionnant ainsi de distribuer 24.000 microcrédits par an à partir de 2017, contre 16.600 en 2014. Mais Emmanuel Landais, directeur général de l'Adie indique :

"Le deuxième axe de notre stratégie, pour les trois prochaines années, consistera à accompagner davantage les entrepreneurs dans la durée, afin de les aider à réaliser un chiffre d'affaires plus conséquent, à créer plus d'emplois. Nombre d'entre eux ont en effet la capacité de créer deux ou trois emplois [contre une moyenne actuelle de 1,26 ; Ndlr]",

Et précise :

"Nous souhaitons apporter aux entrepreneurs des services nouveaux, en particulier dans leur stratégie commerciale, nous voulons leur ouvrir des portes, les faire connaître, les aider à bénéficier de tarifs de groupe grâce à notre réseau de partenaires."

Des objectifs qui nécessiteront de porter le nombre de bénévoles de l'association de 1.300 aujourd'hui à 2.000 en 2017.

L'émission d'un titre associatif pour 8 à 10 millions d'euros

Toujours dans l'optique d'aider les micro-entrepreneurs installés à consolider leur activité, l'Adie développera au cours des trois prochaines années le concept de micro-franchises solidaires, né en 2011. Il s'agit là d'activités "clés en main", dont les droits d'entrée n'excèdent pas 10.000 euros, et qui permettent au micro-entrepreneur de réaliser un chiffre d'affaires plus important que s'il était tout seul, puisqu'il est intégré à un réseau de franchisés et bénéficie de la marque de ce dernier. Déjà partenaire de Chauffeur &Go, un service pour les propriétaires de voiture ne souhaitant plus conduire et qui compte une centaine de chauffeurs, et de O2, qui revendique une cinquantaine de micro-franchises de jardinage, l'Adie vient de s'associer avec la société de vélos-taxis Cyclopolitain.

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  • Face au maxi-chômage, le microcrédit change de taille

Des développements qui, couplés à une hausse de 10% à 15% par an du nombre de microcrédits distribués par l'association, nécessitent une augmentation des ressources financières de cette dernière. "Or nous avons des difficultés à mobiliser des financements publics", témoigne Emmanuel Landais. C'est pour pallier ces difficultés que l'Adie émettra en juin un titre associatif, cette catégorie d'obligation remise au goût du jour par la loi du 31 juillet 2014 sur l'économie sociale et solidaire. Le montant total de l'émission sera compris "entre 8 millions et 10 millions d'euros", indique Emmanuel Landais. Et d'ajouter :

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"Le montant unitaire du titre associatif étant de 10.000 euros, il pourra être souscrit par des particuliers fortunés, des family offices [gestionnaires de fortunes familiales ; Ndlr], mais nous ciblons essentiellement des investisseurs institutionnels."

Comme Bpifrance, qui s'est engagée à consacrer 500 millions d'euros à l'économie sociale et solidaire ?

Christine Lejoux

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