PayTrip lève 1 million d’euros pour faciliter l'envoi d’argent d'Europe vers l'Afrique

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La Fintech PayTrip propose un système d'envoi d’argent instantané. Elle vise notamment les ressortissants européens qui viennent régulièrement en aide à leur famille restée en Afrique.
La Fintech PayTrip propose un système d'envoi d’argent instantané. Elle vise notamment les ressortissants européens qui viennent régulièrement en aide à leur famille restée en Afrique. (Crédits : Paytrip)
Aux familles européennes qui soutiennent financièrement leurs proches en Afrique, la startup orléanaise propose un système d'envoi d’argent instantané d'un compte courant vers plusieurs cartes de paiement.

Nouvelle venue dans le paysage très concurrentiel des Fintech, la jeune pousse orléanaise PayTrip, qui propose de faciliter l'envoi d'argent entre membres d'une même famille vivants dans différents pays, vient d'officialiser une première levée de fonds d'un million d'euros. Le tour de table a été effectué auprès de business angels et de trois investisseurs institutionnels : BNP Paribas, le Crédit Agricole et la BPI.

"Cela fait 30 ans que j'envoie régulièrement de l'argent aux membres de ma famille qui vivent au Maroc et que je paie des frais exorbitants", raconte Bennaceur Kasbi, le dirigeant et cofondateur de la startup avec Bruno Gérard et Eric Loutre (le responsable des grands comptes et partenariats stratégiques chez OVH, champion français du stockage de données).

Deux utilisations possibles

L'application mobile, dont le lancement est prévu à la fin du mois de février, doit permettre à l'utilisateur de se créer en quelques minutes un compte courant en ligne associé à une ou plusieurs cartes de paiement prépayées Mastercard. "Les techniques d'apprentissage profond que nous utilisons permettent de valider l'identité du client et de faciliter la création du compte", précise Bennaceur Kasbi. "L'utilisateur obtient alors un Iban et peut réaliser des opérations bancaires classiques dans l'espace Sepa. Il peut également commander une ou plusieurs cartes de paiement internationales moyennant un abonnement annuel de 24,90 euros par carte".

 Grâce à ce système, la Fintech pense pouvoir répondre à deux besoins.

"Nous visons les ressortissants européens d'origine africaine qui envoient régulièrement de l'argent à leur famille restée en Afrique. PayTrip permet de transférer instantanément de l'argent sur les différentes cartes bancaires détenues par les membres de la famille", détaille le dirigeant de PayTrip.

Seul le souscripteur détient un compte de paiement qui lui permet d'alimenter sa carte et celles de ses bénéficiaires. Le chargement des cartes s'effectue par une technologie propriétaire qui permet de connecter la plateforme PayTrip à celle de son partenaire de paiement, le britannique Prepaid Financial Services, et au réseau Mastercard à travers une interface de programmation (API). Le destinataire du transfert peut alors retirer de l'argent liquide, réaliser un achat en boutique ou sur un site marchand. Il n'a pas besoin de disposer lui aussi de l'application. Le chargement du compte et des cartes se fait uniquement en euros. Le change s'effectue en retrait ou au paiement dans la devise locale.

"Pour une famille de quatre personnes, cette solution bancaire revient à moins de 100 euros par an", fait valoir Bennaceur Kasbi.

Il faut toutefois ajouter à cet abonnement les taux de change réels et les frais prélevés par la Fintech, soit 2 euros par retrait plus une commission de 1,49%, contre des commissions oscillant entre 3% et 6% chez les acteurs traditionnels comme Western Union.

Deuxième cas de figure envisagé : venir en aide aux étudiants qui réalisent leurs études à l'étranger. "Cela leur permettra de régler leurs dépenses sans avoir à ouvrir un compte dans le pays où ils séjournent", indique Bennaceur Kasbi.

Des concurrents bien installés

Ancien cadre dirigeant d'IBM et spécialiste des questions de monétique, Bennaceur Kasbi pense que PayTrip, de par son positionnement, pourra se démarquer des services qui permettent d'envoyer de l'argent à l'international à moindre coût et dont la puissance de frappe est importante. Parmi eux, Transferwise, Fintech britannique spécialiste des transferts d'argent internationaux qui a levé 280 millions de dollars en 2017, ou encore la néobanque Revolut qui propose également des comptes "sans frontière" pour les particuliers et qui a levé la même somme en 2018.

L'entreprise britannique WorldRemit est quant à elle très bien positionnée sur les transferts d'argent dirigés vers le continent africain. En 2017, la société a réalisé un chiffre d'affaires de 60,5 millions de livres sterling pour des transactions réalisées dans une cinquantaine de pays vers 150 destinations. Et l'Afrique y est prédominante. "Ces transactions vers l'Afrique représentent en effet plus de 50% de l'ensemble de nos transferts dans le monde et plus de 50% de nos revenus", confiait le fondateur de la Fintech, Ismail Ahmed, dans un entretien accordé à La Tribune Afrique.

Sur le créneau de la diaspora africaine, on retrouvait également la Fintech tricolore Afrimarket qui s'était spécialisée dans le concept du "cash-to-good", permettant de régler directement des dépenses de santé, d'alimentation et de scolarité de proches en Afrique, et ce depuis l'étranger grâce à un système de bons d'achats dématérialisés. Depuis, la jeune entreprise soutenue par Orange s'est réorientée vers une activité d'e-commerce.

Hébergée au LAB'O, un incubateur du Village by CA à Orléans, PayTrip emploie aujourd'hui 17 personnes. La startup espère séduire 500.000 clients dans les cinq années à venir. Elle envisage de développer de nouvelles fonctionnalités comme les virements internationaux et l'optimisation de la gestion du budget dédié au soutien familial.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2019 à 14:34 :
Familles...."Européennes" qui soutiennent leurs proches en..."Afrique !!!".Combien de milliards des clandestins et des prestations sociales détournées ?

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