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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Première licorne des néobanques en Europe, Revolut lève 250 millions de dollars

Photo de Delphine Cuny

Delphine Cuny

Publié le 26 avril 2018 à 06:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:02

Revolut fondateur Nikolay Storonsky

Revolut fondateur Nikolay Storonsky

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La startup britannique de la Fintech a multiplié par cinq sa valorisation en moins d'un an, à 1,7 milliard de dollars. Rivale de l'allemande N26 qui vient de lever 160 millions, Revolut se fixe l'objectif très, très ambitieux de séduire 100 millions d'utilisateurs, en attaquant les Etats-Unis et l'Asie.

Revolut place la barre très haut. La startup britannique d'à peine trois ans d'existence annonce ce jeudi une levée de fonds à la hauteur des ambitions XXL de son cofondateur et directeur général Nikolay Storonsky qui veut en faire « l'Amazon de la banque » : 250 millions de dollars, sur la base d'une valorisation de 1,7 milliard de dollars. Ce tour de table en fait la première "licorne" (entreprise en hyper-croissance, non cotée en Bourse, valant plus d'un milliard de dollars) des néobanques en Europe et l'une des entreprises de la Fintech parmi les mieux valorisées du Vieux continent.

En juillet dernier, Revolut avait levé 66 millions de dollars à une valorisation estimée autour de 300 millions. Ce nouveau tour de table est mené par DST Global, le fonds du milliardaire russe Youri Milner, qui vient aussi d'investir dans la néobanque brésilienne Nubank (une autre licorne). Aux côtés de DST, le fonds Index Ventures, qui menait le précédent, et le fonds californien Ribbit Capital spécialiste des Fintech (Funding Circle, Coinbase, Raisin, Affirm, Nubank), ont réinvesti.

« Depuis notre lancement, nous avons veillé à faire exactement l'inverse de ce que font les banques traditionnelles » se targue Nikolay Storonsky. « Le soutien de DST Global est une superbe marque de confiance en notre stratégie, au moment où nous nous apprêtons à étendre nos activités dans le monde entier. Historiquement, le monde de la banque a réussi à éviter la disruption technologique, mais tout cela va changer et à grande échelle » prévient-il de façon sentencieuse.

Objectif : 100 millions d'utilisateurs en cinq ans !

Cette valorisation refléterait sa croissance échevelée : Revolut, qui se présente comme « l'alternative digitale à la banque », affirme traiter 1,8 milliard de dollars de transactions mensuelles. Elle a commencé par proposer des paiements en devises sans frais, puis a élargi progressivement son offre avec de l'assurance pour téléphone mobile, des Iban personnels, puis s'est positionnée comme la néobanque des jeunes actifs, avec des cartes prépayées et des cartes premium personnalisables, l'achat et la vente de crypto-monnaies, des cartes virtuelles éphémères pour payer sur Internet, etc. La jeune entreprise britannique, qui emploie 350 personnes et se voit grimper à 800 salariés à la fin de l'année, revendique « quasiment 2 millions d'utilisateurs » (dont 220.000 en France). Ils ne sont pas tous détenteurs d'une carte, mais ils seraient plus de 250.000  actifs quotidiennement.

Prête à se lancer à la conquête du monde, Revolut s'imagine avec 100 millions d'utilisateurs dans cinq ans ! Un chiffre qui peut paraître extravagant. Sur son appli, où l'on peut ouvrir un compte « en soixante secondes », environ 6.000 à 8.000 nouveaux clients s'enregistreraient chaque jour. Avec ses virements internationaux à taux de change réel, Revolut est concurrent d'une autre Fintech britannique, TransferWise, qui a levé 280 millions de dollars en novembre dernier.

[La carte premium personnalisable de Revolut, qui propose aussi à ses clients des cartes virtuelles éphémères pour payer sans crainte sur Internet]

La guerre des néobanques

Pour percer sur le marché du grand public, un excellent bouche-à-oreille est indispensable mais il faut aussi massivement communiquer et se structurer pour accompagner la croissance. En trois ans, Revolut a récolté 340 millions de dollars, plus encore que la pionnière des banques mobiles en Europe, sa rivale, l'allemande N26, qui vient de boucler un tour de table déjà très conséquent de 160 millions de dollars auprès d'Allianz et du Chinois Tencent, sur la base d'une valorisation de 610 millions d'euros selon la presse allemande. N26, qui dispose d'un agrément bancaire qu'elle utilise dans toute l'Europe, indique avoir 850.000 clients et en viser 5 millions d'ici 2020.

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Revolut a le statut d'établissement de monnaie électronique et a déposé il y a plusieurs mois une demande de licence bancaire auprès du régulateur de Lituanie, supposé plus rapide et plus accueillant pour les Fintech. Elle espère l'obtenir dans les prochains mois, précise un porte-parole.

« Revolut développe et fournit des technologies qui réduisent la complexité et le coût des services financiers pour les consommateurs et les entreprises. Nous sommes ravis de soutenir Nikolay Storonsky et les équipes de Revolut alors que l'entreprise continue d'innover, de lancer de nouveaux produits et de s'étendre géographiquement » déclare Tom Stafford, associé chez  DST Global, dans le communiqué.

À lire également

  • La banque mobile N26 lève 160 millions de dollars auprès d'Allianz et Tencent
  • « Revolut veut être l'Amazon de la banque »
  • La néobanque Monzo lève 80 millions d'euros auprès de Stripe et Orange
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Sa levée de fonds doit lui servir à financer son expansion mondiale, notamment aux Etats-Unis, un marché difficile pour les néobanques (il faut une licence par Etat à moins de la "louer" licence auprès d'un partenaire bancaire), sur lequel N26 compte aussi se lancer, au Canada, en Australie, ainsi qu'en Asie, à Singapour et Hong-Kong, dans le courant de l'année 2018.

Delphine Cuny

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