Qui contrôle le CAC 40 : Arnault, l'Etat, Bettencourt et les gérants d'actifs

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La famille de Bernard Arnault qui possède 46,8% du capital du groupe de luxe LVMH, première capitalisation de la Bourse de Paris, détient 3,9% du CAC 40, ce qui en fait le premier actionnaire des valeurs de l'indice.
La famille de Bernard Arnault qui possède 46,8% du capital du groupe de luxe LVMH, première capitalisation de la Bourse de Paris, détient 3,9% du CAC 40, ce qui en fait le premier actionnaire des valeurs de l'indice. (Crédits : Reuters)
L'opérateur de la Bourse de Paris, Euronext, a dévoilé la seconde édition de son étude sur le profil des actionnaires du CAC 40 et du SBF 120 : les grandes familles, l'Etat français et les grands gestionnaires d'actifs, américains comme Vanguard et BlackRock, ou français comme Amundi, trustent les premières places.

[Article mis à jour le 28 janvier à 17h]

« Trois familles, deux Etats et cinq gestionnaires d'actifs » : ce sont les dix premiers actionnaires du CAC 40, selon le profil dressé par Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, mais aussi d'Amsterdam, de Bruxelles, de Dublin et de Lisbonne. La deuxième édition de cette étude, publiée ce mardi 15 janvier 2019 à l'occasion de la conférence annuelle d'Euronext, analyse l'actionnariat des sociétés de l'indice CAC 40 et du SBF120 entre fin 2012 et fin 2017, en s'appuyant sur les données publiquement disponibles (rapports annuels, bases de données spécialisées de Morningstar et Factset), qui ont permis d'identifier 60% de l'actionnariat de ces entreprises (du fait notamment de l'absence d'obligation de publication des positions en dessous de 5% du capital auprès de l'Autorité des marchés financiers).

Il en ressort que la part des familles et fondateurs a augmenté en un an, passant de 10% à 11,2% fin 2017, représentant quelque 167 milliards d'euros.

Ainsi, la famille de Bernard Arnault, qui contrôle 46,8% du groupe de luxe LVMH mais possède aussi plus de 8% du capital de Carrefour, a renforcé sa place de premier actionnaire du CAC 40, avec une participation agrégée de 3,9% à fin 2017, contre 3,2% fin 2016 [voir la précédente étude]. LVMH est redevenue la première capitalisation française à l'automne dernier, en détrônant Total : elle l'était devenue pour la première fois en mai 2017.

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Actionnaires CAC 40 fin 2017 publi 2019

[Les dix premiers actionnaires des entreprises du CAC 40 et leur poids respectifs à fin 2017. Crédits : Euronext]

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Les Arnault sont suivis par l'Etat français qui détient en tout 2,7% du capital des entreprises stars de la Bourse de Paris, à travers 14 entreprises notamment Airbus, Engie, Safran et Orange (mais aussi Aéroports de Paris (ADP), EDF et Thales hors CAC). Un poids en baisse (à comparer à 3% en 2016 et 6% fin 2012), du fait de la vente de participations dans Engie et Renault, et qui devrait encore diminuer à l'avenir du fait des cessions de participations dans Engie (et aussi ADP) prévues dans le cadre du projet de la loi Pacte, dont l'examen débute au Sénat ce jeudi.

En troisième position se trouve la famille Bettencourt Meyers, héritière du fondateur de L'Oréal, Eugène Schueller : elle contrôle un peu plus de 33% du géant des cosmétiques (troisième capitalisation française) et son poids est évalué à 2,3% du CAC 40. Une autre célèbre grande fortune française grimpe de deux places, la famille Pinault, qui se hisse à la septième place : elle contrôle, via le groupe Artémis, plus de 40% du capital de Kering (ex-PPR) et ainsi 1,4% du CAC 40.

Une quatrième richissime famille du monde du luxe devrait faire son entrée dans le top 10 de l'étude de l'an prochain : les Dumas, qui contrôlent 66% d'Hermès, valeur intégrée dans l'indice en juin dernier et pesant plus de 50 milliards d'euros.

La part des familles est encore plus importante dans les entreprises du SBF 120 : elle monte à 13,7% et même à 20,3% si l'on exclut celles du CAC 40. Le poids de l'Etat français est également supérieur chez ces grosses PME ou ETI familiales  : 7,5% si l'on regarde les 80 entreprises du SBF 120 non membres du CAC.

Géants de la gestion d'actifs américains

Au quatrième rang, le gestionnaire d'actifs américain Vanguard a dépassé d'une courte tête le leader mondial, le new-yorkais BlackRock, avec 2% du CAC 40 (stable) contre 1,9% pour ce dernier (en baisse par rapport à fin 2016 à 2,3%). Ils sont présents dans l'intégralité des entreprises du CAC, du fait de leur stratégie passive consistant à répliquer les indices, mais à des degrés divers. BlackRock est notamment le premier actionnaire de Total (plus de 6%) et présent au capital de nombreux poids lourds du CAC tels que Sanofi, BNP Paribas, Axa, Safran, Schneider, etc. Deux gérants français suivent dans le top 10, Natixis GAM (groupe BPCE) et Amundi, premier gérant d'actifs européen et filiale du Crédit Agricole,  avec respectivement 1,2% et 0,9% du CAC 40. Un autre américain, Capital Group, ferme le palmarès des dix premiers détenteurs du CAC.

L'ensemble des gérants d'actifs pèse près d'un quart de l'indice SBF 120, selon l'étude Euronext, soit 24,1% à fin 2017, contre 20,2% cinq ans plus tôt.

Par ailleurs, l'Etat norvégien, qui possède le plus gros fonds souverain au monde (1.000 milliards de dollars) et des participations dans une grande partie des membres du CAC 40, arrive à la sixième place avec 1,5% de l'indice. Il détient des parts dans 38 des membres du CAC 40, sauf dans Safran et Airbus (l'investissement dans des entreprises de l'armement étant proscrit).

L'étude d'Euronext relève également que la part des actionnaires particuliers a encore baissé, passant de 5,3% fin 2016 à 4,6% fin 2017 (à comparer à 9,4 % en 2012). Cependant, les données ne sont fournies que par la moitié des membres de l'indice. Le poids de l'actionnariat salarié a aussi légèrement diminué, de 2,8% du SBF 120 en 2012 à 2,4% à fin 2017.

Stéphane Boujnah, le Pdg d'Euronext, n'exclut pas un effet positif en 2018 dans ce domaine du fait de l'entrée en vigueur de la "flat-tax" (le prélèvement forfaitaire unique à 30% sur le capital), "l'obstacle de l'imposition punitive de la détention en direct des actions ayant disparu", a-t-il commenté lors d'une présentation à la presse ce mardi. Optimiste, il considère également que la baisse du CAC 40 l'an passé (de 10,95%) ne crée pas d'effet repoussoir pour les actionnaires individuels, mais "constitue un excellent point d'entrée en termes de valorisation".

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SBF 120 actionnariat Euronext

 [Actionnariat du SBF120. Crédits : Euronext]

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Commentaires
a écrit le 16/01/2019 à 14:58 :
Pour Arnault, c'est l'argent des fournisseurs de Carrefour qu'il a investi en bourse, dans les 40 millirds d' € . La rotation des stocks est de 7 jours, et la grande distribution paye ses fournisseurs a 180 jours. Ça fait 40 milliards qui sont en bourse, de l'argent qui n'est pas à lui. La bourse c'est la machine à laver l'excédent d'€. Les actifs de toutes les entreprises du CAC 40 ne valent pas 10 % de leur valeur boursière. Je te vends tu m'achète, Je te revends et tu m'achète. Voila comment ont fait monter la mayonnaise artificiellement, pour s'accaparer de l'argent et le distribuer aux actionnaires, alors que les entreprises ne gagnent pas un sou. Et bien sur ne payent pas d'impôts sur les bénéfices, car ils sont masqués.
a écrit le 16/01/2019 à 8:06 :
Là où plus rien ne bouge la gangrène s'y installe. Nous sommes tous composés de molécules, cellules qui caractérisent la vie, qui quand elles s'arrêtent d'être en mouvements meurent.

Voilà la triste histoire de l'union européenne et de ses grandes familles conservatrices générant un immobilisme et une passivité économique mortifère.
a écrit le 15/01/2019 à 19:06 :
L'investissement boursier, c'est le seul qui rapporte sur le long terme. Contrairement à l'immobilier, on peut commencer petit, voir très petit 500 Euros. Sur 25 ans, malgré les soubresauts et les cracs, je suis toujours gagnant.La bourse, c'est l'école de la patience,l'école de l'économie réelle.Il faut avoir le coeur bien accroché quand ça tangue et avoir l'esprit d'investisseur,( c.à.d. savoir prendre des risques calculés) et non de joueur de casino.C'est bien dommage de voir tant d'épargne sur des livrets A qui ne raportent rien.
Réponse de le 22/01/2019 à 20:36 :
Je suis pauvre et je n'ai qu'un livret A comme richesse qui me RAPPORTE peu avec 2 P SVP.
Arrêtez de donner des leçons aux autres quand on est soi-même pas très instruit.
a écrit le 15/01/2019 à 15:47 :
Les 40 à 120 Ennemis absolus de Mélenchon-Martinez-Hamon-Besancenot-Poutou,

Lesquels dégageront si facilement, vers le bon coté des frontières,
en cas de Dictature Communiste dans 40 mois.
a écrit le 15/01/2019 à 15:25 :
Un résultat qui va encore davantage motiver les gilets jaunes.
a écrit le 15/01/2019 à 14:26 :
Je suis devenu actionnaire il y quelques décennies par l’intermédiaire du grand groupe qui m’employait . J’ai un peu diversifié toujours dans des grands groupes sans jamais y voir une possibilité de jouer un jackpot. Surtout je n’ai jamais investi comme l’ont fait beaucoup de boursicoteurs à lire ou écouter des spécialistes de tout poil dans des premières entrées en bourse type EDF, FT et autres. Je préfère les entreprises qui ont un passé dans le privé et une vraie carte internationale. Aujourd’hui mon patrimoine boursier devient un placement relativement important et surtout d’une bonne rentabilité bien meilleure que celle d’une assurance vie, entre dividendes, achats préférentiels et actions gratuites . Pendant ces décennies je suis passé par le yoyo de la bourse sans affolement . Un placement boursier bien pensé est toujours rentable dans le temps à condition de ne pas pâlir à la première baisse ou les pires comme les bulles. Dernier point je ne passe pas par une banque qui pratique souvent des frais exorbitants dont les conseils pour un petit boursicoteur sont souvent d’un niveau médiocre.
Réponse de le 15/01/2019 à 18:13 :
Excellent conseils avec beaucoup de bon sens.
a écrit le 15/01/2019 à 14:10 :
votre article est factuellement faux
car il ne prend pas en compte que les gerants d'actifs représentent les intérêts de retraités et que cela finance le systeme de retraite par capitalisation

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