Le réassureur Scor a refusé une offre d'achat de l'assureur Covéa

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Il s'agissait d'offre publique en numéraire à 43 euros par action, qui visait 100% du capital de Scor, financée sur ressources propres et par endettement sécurisé auprès de Barclays et Crédit Suisse.
Il s'agissait d'offre publique en numéraire à 43 euros par action, qui visait 100% du capital de Scor, financée sur ressources propres et par endettement sécurisé auprès de Barclays et Crédit Suisse. (Crédits : Christian Hartmann)
L’assureur mutualiste Covéa, connu notamment pour ses marques MAAF, MMA et GMF, a déclaré avoir adressé une proposition de rapprochement, à 43 euros par action, fin août à Scor, dont il est le principal actionnaire. Une offre que le conseil d’administration du réassureur a déclinée.

Le projet de rapprochement Scor-Covéa tombe finalement à l'eau. Le réassureur a, en effet, refusé l'offre du groupe Covéa, poids lourd de l'assurance mutualiste, alors qu'il a déclaré avoir adressé une « proposition amicale de rapprochement » le 24 août dernier. Le conseil d'administration de Scor, qui s'est tenu le 30 août et présidé par Denis Kessler, a refusé toute négociation.

« Covéa prend acte du refus de Scor d'entrer en discussions en vue d'un rapprochement amical au moyen d'une offre publique en numéraire à 43 euros par action », indique un communiqué de Covéa.

Il s'agissait, en effet, d'une offre publique en numéraire à 43 euros par action, qui visait 100% du capital de Scor. Selon Covéa, cette proposition était financée sur ressources propres et par endettement sécurisé auprès de Barclays et Crédit Suisse.

Sur les marchés, l'annonce de ce refus a permis à Scor de s'installer solidement dans le vert. Vers 11h55, le titre bondissait de 8,46% à 38,45 euros, au plus haut depuis 2002, alors que la veille à clôture, l'action Scor valait 35,45 euros. Scor enregistre également une des plus fortes hausses de l'indice SBF120. Réagissant à cette annonce, Jefferies estime que les investisseurs devraient patienter et attendre une meilleure offre.

« Toutefois, puisqu'elle ne valorise le groupe qu'à un peu plus de 12 fois les bénéfices attendus pour 2019 et 2020, nous pensons que les investisseurs devraient patiemment attendre une meilleure valorisation », expliquent les analystes de Jefferies dans une note, cités par Reuters.

Covéa réaffirme son intérêt pour un rapprochement

Malgré ce refus de Scor, Covéa a tout de même réaffirmé dans un communiqué son intérêt pour une opération qu'il qualifie d'« amical » avec le réassureur, dont il est au capital depuis 2003. Celui qui revendique la première place en assurance dommages de particuliers en France possède actuellement 8,19% des actions Scor. Il est devenu son premier actionnaire en avril 2016, après avoir repris les parts acquises (4,89%) l'année précédente par le japonais Sompo.

Si un tel rapprochement devait se faire, il aboutirait à la création d'une société d'assurance et réassurance, qui pourrait peser plus de 30 milliards de primes. Cette opération permettrait également à Covéa d'augmenter son exposition à l'international, qui représente actuellement près de 90% de son activité dans l'Hexagone.

La frénésie des fusions-acquisitions dans le secteur de l'assurance

Ces derniers temps, les assureurs ont multiplié les opérations avec les réassureurs, en particulier cette année alors qu'en 2016 et 2017, le marché des fusions-acquisitions dans le secteur de l'assurance était retombé. En mars dernier, l'assureur Axa avait annoncé le rachat du groupe bermudien XL, pour un montant de plus de 12,4 milliards de d'euros, soit la transaction la plus importante de l'année dans le secteur de l'assurance.

Lire aussi : Axa s'offre XL Group pour 12,4 milliards d'euros

Un peu plus tôt en 2018, l'assureur américain AIG avait également révélé qu'il avait mis la main sur le réassureur Validus avec une opération à plus de 5 milliards de dollars (4,3 milliards d'euros).

« On s'aperçoit que la frontière historique entre réassureurs assureurs a tendance à s'émousser », a estimé Marc-Philippe Juilliard, analyste chez Standard and Poor's Global Ratings, cité par l'AFP lors d'une conférence de presse ce mardi 4 septembre.

Selon l'expert Marc-Philippe Juilliard, les assureurs semblent désormais trouver « de l'intérêt à avoir ces deux activités sous le même toit » pour se « positionner sur différents maillons de la chaîne de valeur », alors qu'auparavant, ils choisissaient de se concentrer sur le marché de l'assurance primaire.

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