EADS prêt à partager le contrat géant des ravitailleurs américains avec Boeing

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Le groupe européen d'aéronautique et de défense répondrait à un appel d'offre du Pentagone sur le remplacement des avions ravitailleurs de l'armée, même si le contrat géant été divisé en deux.

Dans un entretien au "New York Times", Louis Gallois, le président d'EADS, a fait montre de sa détermination à développer les ventes de son groupe en Amérique du Nord, dans le domaine militaire.

L'enjeu pour le groupe européen est colossal: depuis plusieurs mois, il est en compétition avec Boeing pour remporter le contrat de remplacement de la flotte des avions ravitailleurs de l'Air Force. Un marché à 35 milliards de dollars. Avec son partenaire, Northrop Grumman, il a remporté un premier appel d'offre lancé par le Pentagone. Mais Boeing, le candidat malheureux a fait appel de cette décision. L'administration américaine a annulé la procédure et a lancé un nouvel appel d'offre.

La compétition fait à nouveau rage entre Boeing d'un côté et EADS et Northrop de l'autre. Et la très nette dégradation du marché du transport aérien civil ne fait qu'accroître l'importance du "méga contrat". A tel point que, si l'administration américaine décidait de partager le contrat entre les deux concurrents, EADS serait prêt à lancer une offre. Interrogé par le "New York Times", Louis Gallois a cependant émis une condition à cela: que le groupe livre au moins 12 appareils par an, afin de pouvoir continuer de faire tourner son usine de Mobile, en Alabama.

L'opportunité de diviser le contrat en deux fait débat chez les politiques américains. Cette idée a été proposée au Congrès. Ses défenseurs estiment que, depuis huit ans, le Pentagone a utilisé beaucoup d'énergie pour simplement attribuer le projet et que, par conséquent, le partager permettrait de résoudre le problème au plus vite.

Le partage du contrat n'est pas acquis

En revanche, Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, est opposé à la division. Il fait valoir que ce contrat pourrait être prolongé sur plusieurs décennies pour une valeur total de 100 milliards de dollars contre 400 avions ravitailleurs. Dans ces conditions, il estime que deux chaînes de production parallèles coûteraient des milliards de dollars supplémentaires au contribuable américain.

L'option très américaine du "winner takes all" (le gagnant remporte tout) a donc toujours ses partisans. L'alliance EADS-Northrop, qui a déjà remporté un appel d'offre, pourrait faire figure de favoris. Tout va dépendre des critères de jugements appliqués. D'après Louis Gallois, sa première proposition a été choisie car elle proposait des appareils d'une plus grande capacité que les Boeing pour moins cher. Si le processus d'attribution est conservé pour le deuxième appel d'offres, EADS a toutes ses chances.

Mais beaucoup estiment que l'administration américaine pourrait modifier ses critères de sélection. Et dans ce cas, EADS-Northrop n'aura pas forcément l'avantage. D'après Randy Belote, un porte-parole de Northrop Grumman, après le premier appel d'offre, les autorités de l'Air Force ont fourni à Boeing des informations détaillées sur l'offre gagnante afin de lui "expliquer comment la décision avait été prise". Le sénateur d'Alabama Richard Shelby, qui soutient l'offre EADS-Northrop, a appelé le Pentagone à mener la compétition entre les deux géants de la manière la plus transparente.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Encore une belle preuve de libre echange. Les grands pays liberaux, dont le sympole sont les Etats Unie d'Amerique, pronent le libre echange et le place comme valeur sanctuarisée par l'OMC. Cependant dès que les interets nationaux sont mis en jeu, on dit stop et voila le protectionnisme qui revient. Hors mis le protectionnisme, pourquoi EADS n'aurait pas la possibilité d'obtenir la totalité du contrat. Da
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Dans ce cas là il n'est plus necessaire de faire des appels d'offre mais donner les contrats directement à ses industrils nationals. La morale est dans cette maxime "fait ce que je dis et non pas ce que je fais"
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un peu facile la critique et si on achetait des f16 a la place des rafales . Alors je comprend bien le gouv usa
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un peu facile la critique et si on achetait des f16 a la place des rafales . Alors je comprend bien le gouv usa
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Mouai pas vraiment d'accord avec yvesson33. le F16 est certe un bonne avion mais de la même génération que nos mirages. Les premiers éssais franco américain fait sur le rafales le donne d'aillueurs gagnant contre le f16 dans des combats aeriens a plus de 3 contre 1.
et pour info, une partie de nottre flotte de transporteur est d'origine américaine...

c'est au meilleurs de l'emporter! pas a celui qui graisse le plus de pattes!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pourquoi ne pas faire un "deal": EADS arrete les frais avec la catastrophe A400 M et les europeens achetent des C130J et C17. En echange, les Americains, prennent le 330MRT, qui est de toute facon bien mieux que le B767 (c est ce qu en disais l US Air Force il y a un an).
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il serait intéressant de voir surgir une amende, à la façon dont Intel l'a reçu pour concurrence déloyale avec AMD.

Que Boeing soit ainsi remis dans une seconde course alors qu'EADS l'avait gagnée, entre en parfaite contradiction avec ce qu'il nous resasse les oreilles par tous moyens à longueur de temps... à savoir le libre-échangisme pur et dur.

Et ça vient faire la morale à la France régulièrement, pour son penchant " naturel " au protectionnisme... bel esprit. Vraiment.

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