EADS-BAE Systems : aucun actionnaire ne pourra avoir plus de 15% du capital

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Comme l'action spéciale dont dispose la Grande-Bretagne dans BAE dont EADS-BAE veut s'inspirer, aucun actionnaire ne pourra détenir plus de 15% du groupe afin d'éviter toute prise de contrôle rampante. En outre, les actions spéciales dont disposeraient Londres, Paris et Berlin en cas de fusion permettront d'empêcher une prise de contrôle d'EADS-BAE non souhaitée.

Si la fusion aboutit, ce sera inscrit dans les statuts du couple EADS-BAE Systems : aucun actionnaire, quel qu'il soit, ne pourra détenir plus de 15% du capital du nouvel ensemble. « Ce point est l'une des caractéristiques de l'action spéciale dont dispose la Grande-Bretagne dans BAE Systems, nous allons nous en inspirer pour éviter toute prise de contrôle rampante », explique un proche du dossier. Ces actions spéciales ou « golden shares » que EADS souhaite voir attribuer à la France, l'Allemagne, et la Grande-Bretagne (par l'assemblée générale des actionnaires) permettront à ces trois Etats de pouvoir d'empêcher une prise de contrôle d'EADS-BAE qui ne leur satisferait pas. En outre, le groupe s'assurera que la direction et le conseil d'administration soient composés majoritairement d'Européens. Sondée de manière informelle, Bruxelles ne semble pas hostile à un tel système.

La France aura 9% du capital

Cette barrière dans la détention du capital n'est pas un obstacle aux desiderata français. Comme La Tribune l'avait dévoilé le 14 septembre, Paris veut rester dans le capital du futur groupe. Sa part aujourd'hui de 15% redescendra mécaniquement à 9% en raison de la parité 60%-40% retenue en faveur d'EADS. Lagardère (7,5% du capital) ne cache pas son intention de sortir du groupe, mais attend de voir l'A350 sur les rails. Côté allemand, c'est la confusion qui domine. Aujourd'hui, l'unique actionnaire allemand de contrôle, Daimler (22,5% d'EADS, dont 7,5% sont portés par un consortium composé notamment par une banque publique Kfw), veut sortir du capital du groupe à court terme. L'Allemagne, qui avant l'annonce du projet de fusion entre EADS et BAE envisageait de monter au capital d'EADS en rachetant 7,5% des parts de Daimler pour 2,5 milliards d'euros, peut-elle acheter les parts de Daimler pour prétendre à une parité avec la France ? « Peu probable. Angela Merkel a peiné pour convaincre à racheter 7,5%, cela lui sera quasi-impossible de le faire pour la totalité des parts de Daimler pour près de 7 milliards d'euros », explique un proche du dossier. Pourtant la question d'une entrée de Berlin dans EADS-BAE semble bel et bien se poser outre-Rhin.

Plus de droit de véto

Si les directions d'EADS et de BAE préfèreraient ne pas avoir à composer avec des actionnaires étatiques, une telle présence ne pourra plus se traduire par une ingérence dans les affaires de l'entreprise. Aucun Etat ne pourra disposer d'un droit de véto comme en dispose aujourd'hui la France (mais aussi Daimler et Lagardere). Ni de droit de regard dans la gestion du groupe. Les Etats-Unis s'y opposerait. Washington refusera de valider toute fusion si les Etats européens peuvent mettre leur nez dans les contrats Défense passés par BAE avec Washington, qui ne sont que ni plus ni moins que le principal intérêt de cette fusion pour EADS. « L'objectif est montrer aux Américains que rien ne change pour eux », explique t-on dans l'entourage d'EADS.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2012 à 20:21 :
Bonjour, on se tape sur le ventre?.
Bien les actionnaires étatique 15% chacun du groupe, soit 15% GB, 15% France et 15% Allemagne. Ensuite il reste les actionnaires priver (Lagardére, Daimler, Dassault et l?oncle SAM) cela est un état de fait ... Mais pas question de perdre la main mise sur cette entreprise stratégique, la France et l?Allemagne doivent garder la capacité de blocage de prise de contrôle d'EADS-BAE si cela est non souhaitée par ces 2 pays. De même pas question que cela passe sous le droit économique anglais. Si non nous allons encore tout perdre sans pouvoir rien faire.
A réfléchir.
a écrit le 27/09/2012 à 10:28 :
La France je le pense doit-être claire dans ses objectifs et ses prérogatives qui sont historiques et ne pas en démordre afin de ne pas se faire enfumer par les intérêts anglo saxons.
Réponse de le 27/09/2012 à 13:09 :
Tout à fait BAE est en position défavorable, la fusion lui permet de continuer de vivre. EADS (ou les états) doivent imposer leurs vues, car ils ont les atouts maîtres, se mettre à leur niveau ne ferait que fragiliser EADS pour le grand bonheur des anglo-saxons. Donc attention au piège !
Réponse de le 28/09/2012 à 10:42 :
Pour reprendre une critique récente à peine voilée sur qui vous savez, je dirais "Pas de consensus mou"

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