Airbus A320, A330, A350, Boeing 777 : Vallair va reconvertir les avions passagers en cargos à Châteauroux

En prenant possession du nouveau hangar « cathédrale » de l’aéroport de Châteauroux, le groupe aéronautique Vallair relocalisera son activité de reconversion d’avions civils en cargo de fret et augmentera ses capacités de maintenance dès 2022. A la clé, le recrutement d’environ 200 salariés d’ici quatre ans.

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Le nouveau hangar « cathédrale » de l’aéroport Marcel Dassault permet de parquer et de maintenir les plus gros avions en service.
Le nouveau hangar « cathédrale » de l’aéroport Marcel Dassault permet de parquer et de maintenir les plus gros avions en service. (Crédits : Reuters)

Avec une superficie totale de 8.520 m² et une hauteur de 34 mètres, le nouveau hangar « cathédrale » de l'aéroport industriel Marcel Dassault à Déols, dans l'agglomération de Châteauroux, à trouvé un premier occupant avec Vallair. Déjà installé sur le site depuis 2019, le groupe est spécialisé dans la maintenance aéronautique. Il réalise également la conversion d'avions de passagers en avions cargos et comprend aussi une activité de financement d'appareils, Vallair solutions, basée au Luxembourg où est situé son siège.

Le nouveau bâtiment, dont la construction a nécessité un investissement de 25 millions d'euros de la part du conseil régional du Centre-Val de Loire, est d'ores et déjà opérationnel même s'il sera inauguré officiellement en juin. Sa taille lui permet d'accueillir les plus grands porteurs du marché. Il s'agit à la fois des avions longs courriers type Airbus A330, A350 et Boeing B777, et d'appareils de moindres capacités comme les A320.

Vallair, qui s'est engagé à louer les locaux pendant 15 ans au minimum, en a démarré l'exploitation en février. Le groupe a investi de son côté cinq millions d'euros pour l'aménagement, l'achat d'équipements et d'outillages spécifiques et pour la formation. A l'horizon 2026, Vallair, qui emploie 160 salariés entre son siège, ses sites de maintenance de Montpellier et de Déols, envisage en effet de recruter quelque 200 nouveaux collaborateurs dans l'Indre.

Incertitudes sanitaire et géopolitique

Cette nouvelle installation permettra à l'entreprise, présidée et détenue à 60% par Grégoire Lebigot, d'y relocaliser en partie son activité de conversion d'avions. Jusqu'à présent, le reconditionnement était entièrement réalisé en Chine et aux Etats unis par EFW, un groupe allemand à capitaux singapouriens et Français, notamment Airbus.

Une vingtaine d'appareils de transport de passagers ont ainsi été transformés en avions cargos pour le fret depuis 2015 pour le compte de Vallair. Un premier appareil sera pris en charge à la « cathédrale » castelroussine au deuxième trimestre, représentant environ 10.000 heures de travail. L'entreprise ambitionne à moyen terme d'y modifier quatre avions par an en moyenne.

Cette montée crescendo s'explique aussi par le contexte international. « La demande mondiale d'avions cargos n'a jamais été aussi importante pour deux raisons majeures, précise Grégoire Lebigot. D'une part, elle est due au boom du e-commerce. Les incertitudes générées par la situation sanitaire et les troubles géopolitiques ont d'autre part démontré la nécessité pour la France et l'Europe de disposer, sur leur territoire, d'une flotte suffisante d'appareils de transports. Les capacités de logistique aérienne des états revêtent désormais une importance stratégique ».

Renforcement des capacités de maintenance

Vallair démultipliera par ailleurs son activité de réparation grâce au nouveau hangar. A l'instar de son site de Montpellier, où sont installées actuellement l'essentiel de ses capacités de maintenance, le groupe pourra également réaliser des opérations aussi sophistiquées à l'aéroport Marcel Dassault. L'atelier actuel ne permettait pas le démontage complet des moteurs d'avions. Vallair a pris en charge mi-février son premier client, un Airbus A 330 américain, dans son bâtiment flambant neuf.

Compte tenu de la surface de son site et du contexte international, le groupe s'apprête aussi à recevoir les demandes de parking des propriétaires d'avions américains, en train de rapatrier leurs flottes actuellement louées en Russie. Cette opportunité conjoncturelle devrait encore contribuer au plan d'affaires ambitieux que s'est fixé Grégoire Lebigot à moyen terme. Vallair escompte ainsi, via ses développements multiples, faire passer ses recettes de 100 millions d'euros l'année dernière à 350 millions d'euros en 2026.

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