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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Airbus n'est pas encore débarrassé du titane russe

Photo de Léo Barnier

Léo Barnier

Publié le 01 décembre 2022 à 12:53 - Mis à jour le 01 décembre 2022 à 13:24

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Airbus A350, assembly, titane

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Dans la course à l'indépendance stratégique, il faudra encore plusieurs mois à Airbus avant de pouvoir se passer du titane russe. Si ce métal indispensable à l'aéronautique moderne n'est pas concerné par les sanctions occidentales, l'avionneur européen veut limiter les risques au plus vite.

La route vers la souveraineté industrielle de l'aéronautique vis-à-vis de la Russie est longue. Neuf mois après le début de la guerre en Ukraine, Airbus n'a toujours pas réussi à fermer le robinet du titane russe, du moins pour la production des avions commerciaux. Le processus est engagé, mais les défis sont nombreux pour l'avionneur dont la moitié environ de l'approvisionnement en titane venait de Russie avant la guerre.

Interrogé sur le sujet à l'occasion du sommet annuel d'Airbus, le 1er décembre à Munich, Michael Schoellhorn, directeur général d'Airbus Defence and Space, a déclaré : « Pour le moment, nous nous procurons toujours un certain pourcentage de titane russe, mais sommes heureusement en train de devenir indépendants de cet approvisionnement. » Sans apporter plus de précision sur les quantités encore importées, il a précisé que ce processus de découplage du titane était « une histoire de mois, pas des années ».

Avant l'été, Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, déclarait ainsi « être entré dans la crise avec 6 à 12 mois d'inventaire en stock sur le titane et les pièces en titane, ce qui (lui) donne le temps d'activer les sources secondaires ».

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Patron de la branche défense, Michael Schoellhorn a fait un distinguo entre ses activités et celles des avions civils :

« Du côté militaire, nous avons fait tout le travail et nous n'avons plus besoin de titane russe. Du côté commercial, il nous faut encore un peu de temps avant de pouvoir passer à des sources non russes. Ce n'est pas un mince exploit au regard de toutes les certifications, de la ruée actuelle sur les sources secondaires, mais le processus bat son plein. C'est une situation temporaire avec, clairement, l'objectif d'être indépendant de la Russie. »

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Il est rejoint sur ce point par Camille Grand, chargé de mission au sein du think tank Conseil européen des relations internationales : « Ce n'est pas seulement une question d'argent. Il s'agit aussi d'avoir accès aux matières premières, y compris dans des régions ou des pays sensibles, d'avoir la main-d'œuvre, et d'avoir la capacité à disposer de certains des composants essentiels de la chaîne d'approvisionnement. » Une mission particulièrement compliquée pour les industriels de défense selon lui, au moment où les pays occidentaux devaient aussi se réorganiser pour être en mesure d'apporter leur soutien à l'effort de guerre ukrainien.

Léo Barnier

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