Il y a eu déjà un précédent. Le ministère des Armées, qui réfléchit à un plan de rebord s'intégrant dans celui préparé par le ministère de l'Économie, peut s'appuyer sur le plan de relance de l'économie (PRE) du gouvernement Fillon de 2009, qui avait servi à limiter les effets de la crise financière de 2008. Le ministère de la Défense avait alors lancé 28 opérations pour un coût total de 1,62 milliard d'euros, dont 1,09 milliard pour équiper les forces (programme budgétaire 146). "Le volet Défense du PRE a joué, pour les quelque 25 entreprises maîtres d'œuvre qui ont contribué à sa réalisation, le rôle qui lui avait été dévolu de soutien de l'activité et de l'emploi", avait alors expliqué un rapport du ministère de la Défense (Comité des prix de revient des fabrications d'armement).
Concrètement, "un impact a pu être constaté en matière d'emploi, puisque 5.600 emplois équivalents temps pleins ont été identifiés chez les industriels majeurs pour répondre au plan de charge créé par le PRE", avait observé le CPRA. Il n'avait pas pris en compte l'activité des nombreux sous-traitants. En outre, un prolongement a même pu être donné au plan, puisque la fourniture du 3e BPC à la marine française a permis à DCNS (devenue depuis Naval Group) d'obtenir un contrat à l'exportation (Russie). In fine, une bonne vieille politique keynésienne a toujours des effets positifs non négligeables.