Garuda annule une commande de 49 Boeing 737 MAX

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Le B (Crédits : Reuters)
Alors que la compagnie indonésienne Garuda a annoncé, ce vendredi 22 mars, renoncer à une commande de 49 Boeing 737 MAX 8 après deux crashs impliquant ce modèle en cinq mois, l'avionneur américain réagis afin de répondre aux inquiétudes ainsi que pour éviter que cette première annulation de contrat n'en appelle d'autres.

C'est assurément un coup dur pour l'image de marque de Boeing. La compagnie indonésienne Garuda a annoncé, ce vendredi 22 mars, renoncer à une commande de 49 Boeing 737 MAX 8. Une première annulation de contrat pour le constructeur américain qui pourrait en appeler d'autres tant son crédit auprès de ses clients semble s'être érodé après deux crashs impliquant, en cinq mois, le Boeing 737 MAX 8.

"Nous avons envoyé une lettre à Boeing demandant l'annulation de la commande", "les passagers de Garuda ont perdu confiance" dans le 737 MAX et ne veulent pas voler sur cet avion, a déclaré à l'AFP Ikhsan Rosan, porte-parole de la compagnie indonésienne. Il a précisé que Garuda avait déjà reçu un des 50 Boeing 737 MAX 8 commandés pour une valeur totale de 4,9 milliards de dollars au prix catalogue datant de l'annonce de la commande en 2014.

Une délégation de Boeing devrait se rendre en Indonésie la semaine prochaine pour discuter de cette annulation, a-t-il précisé. Garuda discute aussi avec Boeing de la question de savoir si la compagnie rendra l'appareil qu'elle a déjà reçu, a indiqué le porte-parole. La compagnie avait déjà versé 26 millions de dollars environ à Boeing. Le PDG de Garuda I Gusti Ngurah Ashkara Danadiputra a déclaré récemment à Detik, un média d'information indonésien, que la compagnie envisagerait d'opter pour une autre version du 737.

Une autre version du 737 privilégiée

"En principe, ce n'est pas que nous voulons remplacer Boeing (par un autre constructeur, NDLR), mais nous remplacerons peut-être (ces appareils) par un autre modèle", a-t-il ajouté, selon Detik.

Une porte-parole de Boeing à Singapour a indiqué à l'AFP "ne pas commenter les discussions avec les clients". L'accident du vol d'Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts en mars est le second en moins de cinq mois pour le B-737 MAX 8, après celui d'un appareil de Lion Air en octobre qui s'est abîmé au large de l'Indonésie faisant 189 morts.

Ces deux crashs qui présentent des similitudes troublantes ont poussé la plupart des régulateurs de l'aviation internationale à clouer au sol ces appareils en attendant d'en savoir plus sur les causes des accidents. Shukor Yusof, qui dirige la société de conseil en aviation malaisienne Endau Analytics, souligne que l'annonce de Garuda apparaît comme la première annulation formelle de commandes de Boeing 737 Max 8 par une compagnie aérienne.

Lutter contre la défiance

De fait, pour lutter contre les doutes qui s'installent autour de son appareil, l'avionneur américain a annoncé qu'il allait désormais l'équiper d'un signal d'alerte lumineux pour avertir de tout dysfonctionnement du système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans l'accident. Cette fonctionnalité, qui était jusqu'à présent optionnelle, va devenir partie intégrante de l'avion: c'est une des modifications que Boeing va présenter aux autorités américaines ainsi qu'aux compagnies clientes dans les prochains jours, a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.

Elle a par ailleurs indiqué que ni le 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air ni celui d'Ethiopian Airlines, qui s'est écrasé le 10 mars, faisant 157 morts, n'étaient équipés d'un tel signal. American Airlines, qui exploite 24 737 MAX 8, avait, elle, acheté l'option, anticipant de potentiels désaccords entre les systèmes de l'avion, a indiqué à l'AFP une source interne. Idem pour Southwest, plus grosse cliente de cet avion, qui a même rajouté en début d'année une option supplémentaire visant à activer le "Primary Flight Display (PFD), qui rassemble tous les paramètres nécessaires au pilotage, assure une porte-parole. Contactés par l'AFP, Boeing et l'agence fédérale de l'aviation, la FAA, n'ont pas souhaité faire de commentaire.

La mise à jour du logicielle va être testée

Si la FAA n'avait pas estimé que ce signal était obligatoire jusqu'en début de mois, les experts jugent qu'il est important pour la sécurité d'un vol. "Les instruments comme des signaux lumineux d'alerte devraient être la norme parce qu'il est important pour les pilotes de savoir quand les systèmes sont en désaccord l'un avec l'autre", avance Scott Hamilton, expert au cabinet Leeham Company. "Il y a eu manifestement un excès de confiance dans la transition du 737NG vers le MAX. Boeing a sous-estimé les changements nécessaires (...), sous-estimé les compagnies clientes qui veulent faire des économies à tous les niveaux opérationnels", ajoute un autre expert aéronautique sous couvert de l'anonymat.

Autre axe pour faire en sorte que le public retrouve de la confiance envers l'appareil : les tests sur simulateur de la mise à jour logicielle opérée par Boeing pour son 737 MAX auxquels devraient procéder, ce week-end, les pilotes d'American Airlines, a déclaré jeudi à Reuters l'union des pilotes. Il s'agit d'une étape-clé pour permettre aux pilotes de recouvrer foi envers l'avion. Boeing travaille à cette mise à jour logicielle, qui concerne notamment les systèmes de contrôle de vol et les écrans des pilotes, depuis l'accident d'un appareil de la compagnie indonésienne Lion Air qui a fait 189 morts fin octobre.

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Commentaires
a écrit le 23/03/2019 à 16:29 :
"l'avionneur américain réagis"....???? ah, une réforme de la conjugaison que je n'ai pas vu passer...
a écrit le 23/03/2019 à 16:26 :
"l'avionneur américain réagis"....???? ah, une réforme de la conjugaison que je n'ai pas vu passer...
a écrit le 23/03/2019 à 9:25 :
Tant mieux, il est temps qu’on arrête de prendre l’avion: et comment faire confiance à une entreprise qui fabrique des avions qui s’écrasent alors qu’ils sont neufs
a écrit le 22/03/2019 à 11:15 :
Leur aveuglement au départ de cette affaire, parce que l'on peut parler d'affaire hein, n'a pas du rassurer grand monde. Heureusement que l'état américain est intervenu en demandant une enquête pour corruption permettant de sortir de cette impasse.

La puissance politique américaine phénoménale devrait continuer d'assurer les ventes.

Mais espérons que Boeing ne s'en sortira pas comme ça.

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