Le satellite de télécoms militaires Syracuse 4A lancé dans la plus grande discrétion
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Ministère des Armées
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Pourquoi mystérieusement le ministère des Armées a été aussi discret avant le lancement du satellite de télécoms militaires Syracuse 4A à Kourou ce dimanche alors qu'il avait été extrêmement communicant pour la précédente génération Syracuse III ? Pourquoi a-t-il imposé un quasi-blackout sur ce nouveau système onéreux mais légitime (3,6 milliards d'euros au total), qui prévoit progressivement le renouvellement complet des satellites et des stations sol déployés dans le cadre de Syracuse III ? Tout était pourtant réuni pour "célébrer" un nouvel outil militaire performant (une constellation de trois satellites) participant à la souveraineté de la France et s'inscrivant pleinement dans la stratégie spatiale voulue par Emmanuel Macron dans le domaine de la défense. Conçu et fabriqué sous la maîtrise d'oeuvre de Thales Alenia Space, ce programme utilise des technologies souveraines principalement développées et produites en France (processeur numérique, durcissement aux agressions, surveillance spatiale...). Incompréhensible.
Selon un communiqué et un dossier de presse du ministère des Armées publiés à l'issue du succès du vol d'Ariane 5, Syracuse 4A, programmé initialement pour un lancement fin 2020, "va considérablement accroître les capacités des armées et permettre à la France de disposer d'une plus grande autonomie de décision et d'action". Les forces armées bénéficieront d'un débit trois fois plus élevé, une résistance aux menaces les plus avancées et une grande flexibilité d'emploi. Il offrira une capacité de communications à très haut débit et à très longue distance. Comment ? C'est l'utilisation de deux bandes de fréquence (bandes X et bande Ka), qui offre une bande passante élargie et ainsi un débit beaucoup plus important (environ 1,5 Gigabit/seconde par satellite).
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Pourquoi les armées ont-elles un besoin accu de capacités ? Car l'information est primordiale sur les théâtres d'opération pour les militaires. Et le nouveau système de télécoms militaires de la France Syracuse IV permettra de faire face à l'explosion de besoins en termes de datas dans les armées, qui a été constatée par Florence Parly. La ministre des Armées avait annoncé dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) la construction d'un troisième satellite, qui n'a pas été encore commandé. La notification de ce contrat avait été prévu pour 2023 pour un lancement en 2028 mais le ministère est aujourd'hui plus flou, évoquant une commande d'ici à 2025. Le lancement de Syracuse 4B est programmé pour 2022. Les deux premiers satellites avaient été commandés en 2015. Équipé de moteurs électriques, Syracuse 4A, dont la durée de vie est estimée à 15 ans, sera pleinement qualifié dans neuf mois, dont sept mois pour rejoindre son orbite. Ainis, dans le cadre du développement de ce programme Syracuse, la première filière française de moteurs à propulsion électrique (PPS 5000) a vu le jour, avec Safran comme tête de file, ainsi que Saft (batteries).