Thales a pris le taureau par les cornes pour faire émerger une constellation de satellites 5G, qui doit assurer en complément des réseaux terrestres une couverture mondiale et continue de services de connectivité. Une constellation de 600 à 800 satellites en orbite terrestre basse (LEO), qui pourrait être déployée "à un horizon de quatre à cinq ans", estime le vice-président exécutif de Thales en charge de la stratégie et de la Recherche et Technologie, Philippe Keryer. Il évalue ce projet entre 2 et 8 milliards d'euros. Pour Thales, le véritable déclic a été la décision de la 3GPP, une instance de coopération entre organismes de normalisation en télécoms, qui a autorisé enfin l'insertion des réseaux satellitaires à l'intérieur des standards 5G (5G NTN). Une petite révolution dans le domaine des télécoms à laquelle a été impliquée Thales Alenia Space, qui a travaillé dans le cadre de groupes de réflexions à la proposition de standardisation des réseaux 5G NTN.
Dans la foulée, le groupe de technologies français s'est associé avec l'équipementier suédois Ericsson et Qualcomm, leader mondial de l'innovation technologique sans fil. Thales apporte logiquement son savoir-faire dans le développement des charges utiles spatiales, qui devront être compatibles avec la 5G. Le cœur de réseau 5G sera apporté par Ericsson. Enfin, Qualcomm est clairement le leader mondial des jeux de puces (chipsets) de terminaux mobiles. Avec l'objectif qu'un smartphone 5G pourra utiliser la connectivité 5G n'importe où sur Terre et fournir une couverture mondiale complète pour les services de données à large bande, y compris dans des zones qui sont normalement uniquement couvertes par les systèmes de téléphonie par satellite historiques, aux capacités de connectivité limitées.
"Nous sommes encore dans une phase de recherche et développement" de la charge utile des satellites, explique Philippe Keryer, qui a longtemps travaillé dans les télécoms (Alcatel). Une phase qui devrait s'étaler sur une durée de 12 à 24 mois qui permettra de définir la charge utile. "Une fois que nous aurons cette charge utile stabilisée et prête à être lancée, nous avons l'intention de passer à l'étape d'envoyer dans l'espace 20 à 30 satellites pour démontrer une continuité de service sur un endroit pendant quelques minutes", explique-t-il. En parallèle, les trois groupes étudient l'utilisation d'un spectre dédié, qui appartient à des opérateurs satellitaires et qui est compatible avec les fréquences 5G (fréquences MSS, systèmes de services mobiles par satellite).