DCNS poursuit (trop lentement ? ) son redressement

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La rentabilité opérationnelle du chiffre d'affaires de DCNS a de nouveau été améliorée, passant de 1,9% en 2015 à 2,8% en 2016
La rentabilité opérationnelle du chiffre d'affaires de DCNS a de nouveau été améliorée, passant de 1,9% en 2015 à 2,8% en 2016 (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Le chiffre d'affaires consolidé a s'est élevé à 3,19 milliards d'euros, en progression de 5% par rapport à celui de 2015. La rentabilité opérationnelle du chiffre d'affaires a de nouveau été améliorée, passant de 1,9% en 2015 à 2,8% en 2016.

Les résultats 2016 de DCNS sont encourageants. Mais le groupe naval, qui améliore progressivement ses résultats financiers, peut mieux faire notamment en exécutant mieux ses grands programmes. Notamment celui de sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda qui aurait trois ans de retard, selon des sources concordantes. DCNS assume quant à lui une année de retard sur ce programme, explique-t-on en interne. Dans le même temps, Lorient devrait livrer en 36 mois une corvette Gowind à l'Egypte.

Le chiffre d'affaires consolidé s'établit à 3,19 milliards d'euros, en progression de 5% par rapport à celui de 2015 (3,03 milliards). L'EBITA s'élève à 89,5 million d'euros, en hausse de 54 % par rapport à 2015 (58,2 millions. La rentabilité opérationnelle du chiffre d'affaires a de nouveau été améliorée, passant de 1,9% en 2015 à 2,8% en 2016. Le résultat net consolidé, s'est établi à fin 2016, à 87,5 millions d'euros, a progresse de 50 % par rapport à 2015 (58,4 millions).

"Les résultats de l'exercice 2016 sont en ligne, pour la deuxième année consécutive, avec les objectifs annoncés en début d'année. L'amélioration significative de notre rentabilité opérationnelle se poursuit et confirme que nous progressons dans la maîtrise opérationnelle de nos contrats et que notre plan d'amélioration continue contribue positivement à notre activité", a expliqué le PDG d'Hervé Guillou, cité dans le communiqué de DCNS publié vendredi matin. "Cette bonne dynamique montre que les actions engagées dans le cadre du plan de progrès et de l'accord global de performance donnent leurs premiers résultats et contribuent à l'amélioration de notre compétitivité et de notre rentabilité", a précisé DCNS dans son communiqué.

38% du chiffre d'affaires à l'international

Le chiffre d'affaires de DCNS a été porté l'année dernière par les grands programmes nationaux, principalement les frégates multimissions (FREMM) et le programme Barracuda. Les services contribuent également à la progression du chiffre d'affaires avec notamment les programmes d'entretiens des SNA (sous-marins nucléaire d'attaque), des SNLE (sous-marins nucléaire lanceur d'engins), du porte-avions Charles de Gaulle ainsi qu'à l'international, en Arabie saoudite et en Malaisie.

Le chiffre d'affaires est également porté par l'international où le groupe naval a réalisé 38% de ses livraisons à l'international, avec l'Egypte (FREMM et corvettes Gowind), le Brésil (sous-marins Scorpène) et l'Inde (Scorpène).

 Des commandes en forte baisse mais... il y a l'Australie

Les prises de commandes enregistrées au cours de l'exercice 2016 s'élèvent à 2,64 milliards d'euros, dont 28% à l'international. En très nette baisse par rapport à 2014 (3,6 milliards) et 2015 (3,5 milliards). Soit un book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d'affaires) inférieur à 1. Mesuré sur trois ans (2014 à 2016), ce ratio, qui mesure le renouvellement du carnet de commandes, s'établit à 1,05. "L'amélioration de la compétitivité de nos offres a de nouveau permis, en 2016, d'accroître le taux de marge moyen du carnet de commandes qui s'établit à 11,6 milliards d'euros à fin décembre", a précisé DCNS.

Pour autant, l'échec de la proposition de DCNS l'année dernière face à l'italien Fincantieri pour la vente de plusieurs bâtiment de surface au Qatar a démontré que la politique de la commission des offres pouvait avoir ses limites. Les clients ne sont pas des tiroirs-caisse, y compris ceux du Moyen Orient. "Cette dynamique vertueuse (amélioration de la compétitivité des offres, ndlr), déjà constatée à fin 2015 et appelée à se poursuivre, est la condition essentielle de la rentabilité pérenne de nos opérations, de la confiance de nos clients et de la solidité de l'entreprise", a pourtant souligné DCNS.

L'année dernière, DCNS a été sélectionné en Australie pour construire douze sous-marins, une commande qui n'est pas encore entrée en vigueur à l'exception d'un contrat d'environ 300 millions d'euros. "Notre sélection par l'Australie pour son futur programme de sous-marins, est une reconnaissance appréciable des compétences de nos ouvriers, ingénieurs et techniciens", a souligné Hervé Guillou. "Ses effets économiques positifs se concrétiseront dans le temps à travers les contrats successifs en cours d'exécution et de négociations", a-t-il précisé.

Les principales commandes enregistrées en France ou à l'international sur la période écoulée concernent tous les secteurs de l'entreprise, qu'il s'agisse des programmes de construction neuve, des services ou des équipements. Elles concernent la construction et l'entretien des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), l'entretien du porte-avions Charles de Gaulle, le BPC Egypte, les corvettes pour la Malaisie, le programme d'adaptation des missiles M 51 aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et le programme de sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) pour la Marine nationale.

Des perspectives en hausse

En 2017, DCNS devrait enregistrer une nouvelle progression de son chiffre d'affaires, de l'EBITA et de la rentabilité opérationnelle. Le groupe anticipe une croissance de l'ordre de 10 % de son résultat net.

"Nous maintiendrons en 2017 cette dynamique vertueuse et poursuivrons nos efforts pour encore améliorer nos résultats et dégager les ressources de notre développement", a expliqué le PDG d'Hervé Guillou, cité dans le communiqué.

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a écrit le 25/02/2017 à 14:20 :
Il faudrai peut-être travailler un peux plus, il ne doit pas y avoir de probleme de main d'œuvre dans un pays avec 3 (6) milions de sans emplois .... Surtous il fait m'expliquer comment ils peuvent avoir 3 ans de retard sur un programme comme le barracuda.... Ils faut peux être revoir le management des équipes de travail, sa devrait souder toute la journée.... Mais bon dans ces grands groupes industrielle, la CGT et d'autre mine le travail....
Réponse de le 27/02/2017 à 15:15 :
Oué d'accord , du coup, on va faire travailler les boulangers au chomage en tant que médecins, et on va faire travailler les soudeurs au chomage en tant que charcutiers. Bravo , tu as tout compris sur le chomage. 6 millions (non c'est 15 millions non ?) de sans emplois, on les place n'importe où, et du coup, y a pus de chomage . Y a ka, fo kon ! Fastoche du coup. Pourquoi n'y a t'on pas pensé avant ?
a écrit le 24/02/2017 à 19:51 :
36 mois pour livrer une corvette Gowind à l'Egypte !? Alors qu'en 2 ans les chantiers
STX de St-Nazaire livrent un super-paquebot ! Il y a un "loup" !!!!
Réponse de le 25/02/2017 à 14:22 :
S'est sur , ses plus un loups , mais une meute.....
a écrit le 24/02/2017 à 9:27 :
comme pour alsthom a quand l'etat va se decider a commander un deuxieme porte avion vis a vis des autre nations on semble ridicule le notre sort 6 mois il retourne 10 mois en revisions qu elle force de dissuasion au moins la dcns aurait compte tenu de leur savoir faire ,du travail pour un certain temps ;a moins qu'au niveau organisation il demande au chantier de l'atlantique !!!!
Réponse de le 24/02/2017 à 11:21 :
Effectivement ce deuxième porte avions aurait dû être commandé en même temps que le Charles de Gaulle, il y a trente ans (on a remplacé un contre deux). A l'époque, son coût de trois milliards d'euros avait été jugé trop élevé pour le budget des armées. Quand on comptabilise les dizaines de milliards d'argent public qui ont été déversés en pure perte depuis, cela pourrait prêter à sourire.
Réponse de le 26/02/2017 à 13:13 :
Oui, mais il faut relativiser quand même : "vis à vis des autres nations on semble ridicule"? C'est pas comme-ci tout les pays avaient des porte-avions!
On ne devient pas "ridicule" au moment où le CDG entre en maintenance. Même si un deuxième porte-avions aurait un apport opérationnel majeure et permettrait une certaine continuité (y compris au niveau de l'entrainement), il ne faut pas non plus grossir le trait.
Vu le temps nécessaire à la conception et la construction d'un porte-avions, le plus efficace aujourd'hui serait peut-être de renoncer à un sistership pour le CDG et plutôt à préparer le successeur... qui lui pourrait avoir un successeur.
Réponse de le 26/02/2017 à 13:13 :
Oui, mais il faut relativiser quand même : "vis à vis des autres nations on semble ridicule"? C'est pas comme-ci tout les pays avaient des porte-avions!
On ne devient pas "ridicule" au moment où le CDG entre en maintenance. Même si un deuxième porte-avions aurait un apport opérationnel majeure et permettrait une certaine continuité (y compris au niveau de l'entrainement), il ne faut pas non plus grossir le trait.
Vu le temps nécessaire à la conception et la construction d'un porte-avions, le plus efficace aujourd'hui serait peut-être de renoncer à un sistership pour le CDG et plutôt à préparer le successeur... qui lui pourrait avoir un sistership.

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