Airbus Helicopters résiste toujours et encore aux vents contraires

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L'hélicoptériste européen a réussi une belle année en vendant 54 Super Puma en 2017
L'hélicoptériste européen a réussi une belle année en vendant 54 Super Puma en 2017 (Crédits : Airbus Helicopters)
Depuis trois ans, Airbus Helicopters démontre une forte résilience. Le constructeur de Marignane se maintient à la première place du marché des appareils civils et parapublics de plus de cinq sièges. Il revendique 50% de parts de marché sur les 520 hélicoptères livrés en 2017.

Trois ans de tempêtes sur le marché des hélicoptères et de déboires multiples (en particulier pour la famille H225) n'ont provoqué ni le crash, ni la réduction de voilure d'Airbus Helicopters. Le constructeur de Marignane souffre mais reste très résilient. Ainsi, la filiale d'Airbus se maintient à la première place du marché des appareils civils et parapublics de plus de cinq sièges en revendiquant 50% de parts de marché sur les 520 hélicoptères livrés en 2017. Loin, très loin de ses principaux concurrents : Bell (18% de parts de marché), Leonardo (17%) et les constructeurs russes (11%).

"En dépit d'un contexte de marché difficile, nous sommes parvenus à maintenir notre leadership sur le marché", s'est réjoui le PDG d'Airbus Helicopters, Guillaume Faury, qui s'apprête à rejoindre Airbus pour prendre la tête de la branche aviation commerciale en remplacement de Fabrice Brégier.

Pour autant, la résilience de l'hélicoptériste n'aura qu'un temps, le carnet de commandes s'effritant dangereusement. L'année dernière encore, le ratio commandes/livraisons (book-to-bill) est une nouvelle fois négatif avec 335 commandes nettes (353 en 2016) pour 409 livraisons (418 en 2016). Ces dernières années, le carnet de commandes du constructeur s'est d'ailleurs progressivement érodé pour atteindre un point bas à fin 2017 (692 appareils, contre 766 fin 2016 et 832 fin 2015). Fin 2008, Airbus Helicopters disposait dans son carnet de commandes de 1.515 commandes d'appareils. En dix ans, la chute est spectaculaire (- 54%). En 2018, Airbus Helicopters vise un "book to bill" autour de 1 avec une prévision de livraisons aux alentours de 400 appareils.

Lire aussi : Pourquoi Airbus Helicopters retrouve enfin un peu d'air

La bonne année du Super Puma

L'hélicoptériste européen a réussi une belle année en vendant 54 Super Puma en 2017 (48 commandes nettes). En 2016, Airbus Helicopters en avait vendu 23 (commandes brutes) et seulement deux en 2015. C'est la bonne surprise de 2017. Le constructeur de Marignane a également obtenu 19 commandes dans la gamme "super-medium" avec le H175. Les prises de commandes incluent également 168 hélicoptères monomoteurs légers et 105 hélicoptères bimoteurs légers H135/H145.

Guillaume Faury s'est félicité d'une "solide performance commerciale sur le segment des appareils lourds et de milieu de segment" en soulignant "que ces types sont des best-sellers dans leurs segments respectifs".

En 2017, Airbus Helicopters a notamment profité de la mise en vigueur au deuxième trimestre d'un très important contrat militaire au Koweït, qui a signé en août 2016 un contrat pour l'achat de 30 appareils tactiques de type Caracal (H225M) pour 1,1 milliard d'euros. En novembre, South Korea's National 119 Rescue a commandé deux H225. Par ailleurs, la société de leasing britannique Airtelis a signé un contrat pour trois H215. Le constructeur européen a également reçu en juin deux commandes venant du Japon, la première portant sur trois H225 de la part du Japan Coast Guard (JCG) et la seconde sur un H215 acheté par la police de Tokyo (Tokyo Metropolitan Police Department).

Au premier trimestre, Airbus avait indiqué dans son communiqué financier que sa filiale hélicoptériste avait vendu 10 exemplaires de la famille Super Puma, dont sept appareils pour un pays du Moyen Orient (H215). Enfin, la société de leasing chinoise CMIG (China Minsheng Investment Group) a signé en septembre une lettre d'intention (LoI) pour l'achat de deux H225. Par ailleurs, Airbus Helicopters a réussi un joli coup commercial en Tanzanie en réussissant à vendre quatre appareils Super Puma (deux H215 et deux H225), qui devraient être mis en vigueur en 2018. En Pologne, le constructeur participe à un nouvel appel d'offres lancé en février 2017 pour 16 Caracal après l'arrêt des négociations exclusives pour la fourniture de 50 H225M.

En 2017, tout comme en 2016, les clients du Super Puma sont venus du civil (police, recherche et sauvetage, par exemple) et du militaire, et non plus du secteur pétrolier et gazier, comme c'était le cas les années auparavant. Cela traduit un changement de ce  marché dont il est encore difficile de dire s'il sera durable, a analysé Guillaume Faury. La hausse des prix du pétrole n'absorbe pas encore les surcapacités élevées sur le marché des hélicoptères lourds, les groupes pétroliers et gaziers continuant à réduire leurs opérations offshore dans un souci d'économies. "Je ne pense pas que la remontée partielle des prix du pétrole aura un impact positif sur l'industrie des hélicoptères dans les prochaines années", a estimé le patron d'Airbus Helicopters.

Le successeur du Super Puma dans les choux

Ce sera au successeur de Guillaume Faury de redéfinir le X6, futur hélicoptère lourd de nouvelle génération dont l'entrée en service était prévue à horizon 2020. Les études de conception du X6 menées depuis 2015 ont montré que certaines technologies de rupture envisagées au sein de la chaîne d'approvisionnement.manquaient de maturité et la demande d'hélicoptères lourds de transport de passagers s'avère incertaine, a constaté Guillaume Faury.

"Tant que nous ne trouvons pas de solution appropriée pour régler ces défis technologiques et commerciaux, nous ne lancerons pas de programme en tant que tel", a expliqué Guillaume Faury.

Pour autant-, a-t-il précisé, "cela ne signifie pas que c'en est fini du X6, mais il est probable qu'il devienne quelque chose d'assez différent de ce que nous avions pensé quand nous avons lancé la phase de conception". La Commission européenne avait donné son feu vert en juin 2017 à une aide de 377 millions d'euros accordée par la France et l'Allemagne pour développer le X6. Ce projet sera-t-il finalement résilient ?

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Commentaires
a écrit le 27/01/2018 à 6:10 :
RETARD DANS LE LANCEMENT DU PROGRAMME DU SUCCESSEUR DU SUPER PUMA:
DECISION CURIEUSE AU MOMENT OU L ALLEMAGNE LANCE LE REMPLACEMENT DE 50 CH53 HELICOPTERE LOURD AMERICAIN A L HORIZON 2030
une hypothèse : la partie allemande d'AIRBUS HELICOPTERES s'allie à un constructeur US et adieu aux emplois pour la partie française ...
a écrit le 25/01/2018 à 0:40 :
Et permettez moi de rire tel zarathoustra de cet argument maintes fois répétés comme une antienne pour noyer le poisson :

"Les contrats militaires dépendent pour partie non pas de la capacité technique ou autres points directement liés à un produit mais de la position politique d'un gouvernement qui dépasse largement un choix militaire."

Laissant accroire que le F35 ne représente pas du tout un saut technologique, ce sont uniquement les pressions politiques américaines qui leur permettent de vendre leurs technos dépassées... et fort couteuses... oubliant qu'ils partagent les developpements avec des partenaires eux ce que la france ne sait pas faire, et vendent leurs jouets par milliers pas par douzaines comme les oeufs.

Avant de m'inviter à quitter le pays... illustrant le caractère autoritaire crétin d'une majorité de francais qui ne supportent pas la moindre critique, très démocrate tout ça.

Todd attribut ce caractère (t'est pas content tu ferme ta gueule, alors qu'un francais c'est pas content par definition) au catholicisme qui rapproche culturellement les francais des arabes plus que des judeos protestant. Disons que c'est un pays mediterranéen plus qu'europeen.
Un pays de contre maitres sans réflexion personnelle aux ordres d'une élite parfaitement à l'opposé de ce genre d'attitude... entre eux mais conscients que c'est comme cela qu'on dresse le francais comme on mène les peuples arabes enfin magrébins, au fouet (n'est ce pas MAM).
Le francais est soumis depuis des temps immémoriaux, ce serait sa nature.
Il faut lui procurer de la fierté à travers des sports de ballon qu'affectionne énormément l'afrique du nord ou avec des ronds dans l'air...
Que vous êtes dociles et prévisibles.
a écrit le 24/01/2018 à 22:07 :
@nexterience

Je ne crois pas. Le standard F4 c'est un nouveau missile meteor avec peut être une amélioration du radar AESA, eventuellement un boost du reacteur snecma m88 mais ils sont deja occupé avec le reacteur de l'avion d'affaire 5X...

Ce ne sont pas des améliorations de nature à permettre d'entrer en premier dans les A2AD.
Le caractère faiblement observable c'est tout l'avion qui est à refaire...
La guerre électronique peut prevenir des tirs radars mais elle indique votre position auquel cas il est possible alors d'asservir un systeme EO insensible à ce type de brouillage. Sans oublier que l'on peut alors diriger via GCI des avions en embuscade bref c'est l'enfer.

Alors éventuellement cela peut vouloir dire améliorer la liaison 16 pour bénéficier d'un niveau d’intégration supérieur avec les F35 mais alors on en est dépendant, c'est à dire que les rafales seront comme les F16 modernisés en soutient aérien des F35 belges ou britanniques ou italiens bref... d’où le terme employé de déclassement vis à vis même pas des états unis mais des nations voisines...
Exactement ce que je disais il y a un an en plaisantant au sujet de la menace belge ou hollandaise. Bien sur c'était farfelu...
a écrit le 24/01/2018 à 14:15 :
"Je vous invite à regarder la positon de notre pays dans le classement des vendeurs d'armes"

Florence Parly vient de rappeler comment c'était possible : grace aux achats de la france, des subventions en fait.
Et ses armements conventionnels ne nous protège pas, le seul argument bidon est la russie mais avant qu'ils puissent étendre leurs lignes logistiques jusqu'en france... laissez moi rire.
Pendant ce temps par d'abris anti atomique pour la majorité des francais, des sans abris...
a écrit le 23/01/2018 à 11:20 :
Par contre ça commence à sentir le roussi pour le rafale. Gripen E proposé à l'Inde ainsi que peut etre le F35.

Propos du general Lanata :

"À cet égard, la prolifération des systèmes de défense sol-air de type S300-S400, y compris sur des théâtres d’opérations régionaux, est très significative. Le risque de perte de notre supériorité aérienne vis-à-vis de nos adversaires potentiels – d’une importance essentielle, comme je l’ai dit tout à l’heure – est réel, tout comme l’est celui du déclassement vis-à-vis de nos partenaires et alliés, qui se modernisent plus vite que nous."

"L’avion de chasse F35, avion furtif de dernière génération qui entre actuellement en service dans plusieurs armées de l’air européennes, mais aussi en Australie, constitue l’une des illustrations de ce risque de déclassement. Dans moins de cinq ans, cet avion constituera le standard de référence pour être capable de participer aux scénarios d’engagement les plus exigeants. Il nous revient, aujourd’hui, de décider si nous souhaitons continuer à prendre part, demain, aux engagements de ce type."


C'est amusant quand on se rappel les cocoricos démesurés qui suivirent quelques ventes à la douzaine, un soulagement sans doute de courte durée, et les critiques hors de proportion de la dinde, de l'échec F35. Rions maintenant...
Réponse de le 23/01/2018 à 12:27 :
Oui rions un programme à + de 1000 milliards de dollars, des problèmes à la chaine et un étron qui ne vole toujours pas en 2018 quel succès !

Même Trump le descend : http://www.opex360.com/2016/12/12/le-programme-f-35-hors-de-controle-denonce-donald-trump/
Réponse de le 23/01/2018 à 15:53 :
Mais Adler, pourquoi une telle obsession sur le Rafale ou sur toute les productions aéronautiques françaises ou européene en générale ? Voir réussir l'industrie de notre pays vous insupporte tant que ça ? Le fait qu'il y a des signaux verts dans nos exportations vous affectent, j'ai l'impression ! Bref, il va falloir penser à autre chose et accepter les réussites de notre pays et ce n'est pas la faute de La France si vous êtes citoyen d'un pays qui ne produit pas d'avions, d'hélico ou de fusées.
Réponse de le 23/01/2018 à 21:48 :
On peut tout commenter mais pour cela il faut dans certains cas éviter de commenter sans connaître certaines données. Les contrats militaires dépendent pour partie non pas de la capacité technique ou autres points directement liés à un produit mais de la position politique d'un gouvernement qui dépasse largement un choix militaire. Savez vous que des marchés d'armement ont été annulés en 1981 car certains pays voyaient d'un très mauvais œil que des communistes rentrent dans le gouvernement. La France n'a pas à rougir de sa production d'armement y compris avions et hélicoptères, bien au contraire, nous avons d'excellents ingénieurs, techniciens et ouvriers dans cette branche. Je vous invite à regarder la positon de notre pays dans le classement des vendeurs d'armes même si cela peut prêter à caution morale pour certains mais le fait est là. Ne vous gênez pas pour quittez ce pays qui vous semble moribond, la France mérite mieux que votre commentaire.
Réponse de le 24/01/2018 à 14:18 :
Alder,
Lanata sous entend que le Rafale doit être modernisé au standard F4, non qu'il faut acheter du F35 !

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