Egypte : un contrat (Rafale) peut cacher d'autres commandes (satellite espion, MRTT)

Paris s'est porté caution auprès de banques françaises pour un financement de 5,4 milliards d'euros pour plusieurs contrats d'armement avec l’Égypte, incluant la vente de 30 Rafale (près de 4 milliards d'euros) mais aussi d'un satellite d'observation (Airbus) et de deux avions ravitailleurs MRTT.
Michel Cabirol

3 mn

L’Égypte va-t-elle commander un satellite d'observation à la Franc?e
L’Égypte va-t-elle commander un satellite d'observation à la Franc?e (Crédits : DR)

Derrière le contrat Rafale qui sera mis en vigueur en juin, voire en juillet par l'Égypte, d'autres commandes pourraient être annoncées très rapidement comme la vente d'un satellite espion et deux avions ravitailleurs MRTT aux forces armées égyptiennes. Car la France s'est portée caution auprès de plusieurs établissements bancaires français - BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et CIC - non pas pour un financement de 4 milliards d'euros (30 Rafale) mais pour pour un montant total de 5,4 milliards, selon des sources concordantes. Le satellite d'observation sera fourni par Airbus Space, comme l'avait révélé La Tribune en décembre dernier, et les deux MRTT par Airbus. Enfin, Le Caire a récemment acheté quatre GM400, les redoutables radars 3D de défense aérienne à longue portée développés et conçus par Thales, selon nos informations.

Les négociations pour la vente du satellite d'observation sont une très longue histoire qui pourrait trouver peut-être son dénouement prochainement. Lors de la visite en décembre dernier en France du président égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, il y avait déjà eu déjà l'espoir d'une avancée décisive sur ce dossier, porté par Airbus. Mais finalement il n'était pas assez mûr, notamment sur le volet du financement, pour déboucher sur un contrat, ni même sur une annonce. D'autant que certains industriels avaient alors senti une réelle gêne de certains responsables politiques français d'aborder les dossiers d'armement lors des retrouvailles entre la France et l'Égypte après une période glaciale.

Airbus et Thales puis Airbus sans Thales

L'histoire de ces négociations remonte à 2015 quand François Hollande et son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian étaient au pouvoir et surfaient sur les excellentes relations entre les deux pays. Le président égyptien exprime alors le désir de s'offrir très rapidement un satellite d'observation et un satellite de télécoms militaire auprès de Paris. L'équipe de France se met en place : Airbus DS et Thales Alenia Space (TAS), désigné à l'époque comme mandataire de l'opération par le ministère de la Défense. Les deux industriels proposent aux Égyptiens un contrat d'un montant de 1 milliard d'euros environ pour les deux satellites. En dépit de la volonté du Caire d'avancer le plus rapidement possible, les négociations trainent toutefois en longueur pendant des mois. Et la venue à Paris en décembre 2015 d'une délégation égyptienne de haut niveau pour finaliser le contrat ne permettra pas de conclure les négociations, ni même d'engager une percée décisive.

Puis, en avril 2016, Airbus DS et TAS parviennent enfin à finaliser les négociations mais pour le seul satellite de télécoms militaires. Le montant du contrat est estimé à environ 600 millions d'euros. Un accord est annoncé en marge de la visite au Caire du président de la République François Hollande en avril 2016. Le 10 mai, TAS et Airbus DS signent à Paris le contrat et, en juillet, le premier acompte est versé aux industriels. C'est la concrétisation de sept mois environ de négociations entre les deux industriels tricolores et Le Caire. Pourquoi un seul satellite ? Les Égyptiens avaient trouvé la facture des deux satellites beaucoup trop salée. Le satellite d'observation était donc remis à plus tard. Plusieurs fois annoncé à la concurrence étrangère, ce contrat pourrait finalement échoir six ans plus tard à Airbus, qui a entretemps débarqué son partenaire mais aussi rival, Thales. Mais c'est une autre histoire...

Michel Cabirol

3 mn

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Commentaires 17
à écrit le 06/05/2021 à 15:24
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voila ce que je disais a propos des rafales!! dieu que le contribuable francais est genereux, d'offrir tant de trucs a l'egypte si l'egypte payait, les banques n'auraient pas besoin de caution c'est du jamais vu en commerce international qu'on fai...

le 06/05/2021 à 15:41
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Vous racontez n'importe quoi ... Arrêtez de couiner, le précédent contrat a été payé.

le 06/05/2021 à 17:26
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Les garanties de marchés sécurisées par la France ne concerne en rien les paiements, elle sont mis en place en faveur du Gvt Égyptien afin d'assurer la performance des livraisons... Les paiements eux sont geres differements. Félicitons nous de ce tr...

le 06/05/2021 à 18:49
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et juste au passage, vous que vous y connaissez en commerce international.......... merci d'expliquer a un simplet comme moi pourquoi des banques demandent une caution d'etat une caution, c'est un truc qu'on active pour se faire payer en cas de pbs...

le 07/05/2021 à 14:20
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https://www.meta-defense.fr/2021/05/05/non-le-contrat-rafale-egyptien-ne-menace-pas-les-contribuables-francais/

le 07/05/2021 à 22:10
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Dette publique de l'Égypte : 80% du PIB, stable. Dette publique de la France: 120% du PIB, en augmentation rapide. Si j'avais du matos à vendre à un gouvernement, je préfèrerais l'Égypte à la France. Les français hautains considèrent l'Égypte comme n...

à écrit le 06/05/2021 à 13:31
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Pendant ce temps là... concomitamment, le drill (la perceuse de coffre fort) est allé finaliser le contrat obscure chez Libanquier ! Arnaque au président de la république Française en cours ! jeudi 6 mai 2021 13h04 "A Beyrouth, Le Drian rencontr...

à écrit le 06/05/2021 à 13:12
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Si l'Égypte fait defaut, le contribuable français sera le dindon de la farce et paiera l'addition

le 06/05/2021 à 15:11
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Russie, Allemagne, Italie, Chine, États-Unis, Suisse, Belgique, Brésil, Autriche, Pakistan et j'en oublie vendent du matériel militaire à l'Égypte. Leurs entreprises seraient elles plus bêtes que les Françaises ?

le 06/05/2021 à 15:25
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euh oui, c'est ce qui est prevu a la base evidemment qu'ils ne vont pas payer, ils n'ont pas l'argent!

le 06/05/2021 à 19:24
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Ils donneront les pyramides & momies à la place. Eux ne seront plus que les gestionnaires. :-)

le 07/05/2021 à 15:56
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Aucun état ne paye cash ses achats d'armements, l'Égypte a payé l'acompte pour lancer la commande puis va payer au fur et à mesure des livraisons, sachant que s'ils s'arrêtent de payer , ils ne seront pas livrés tous simplement

le 07/05/2021 à 19:33
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Pourquoi voudriez-vous qu’il ne paient pas? A tous les ignorants comme Churchill ici présent qui raconte que des conneries tu devrais aller te renseigner sur l’état de santé de l’économie EGY au lieu de dire qu’ils n’ont pas d’argent. Aujourd’hui...

à écrit le 06/05/2021 à 12:39
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Difficile de comprendre La ventes des rafales un pays pauvre en plus la France fait un crédit aux dictateurs

le 06/05/2021 à 13:04
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Difficile de comprendre que aient du mal à comprendre !!!!!!!

le 06/05/2021 à 15:13
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Gros soupir. Faite une recherche sur votre moteur de recherche préféré sur l'équipement militaire égyptien Ce pays a des fournisseurs sur quatre continents qui ne posent pas ce type de question.

le 07/05/2021 à 4:34
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Le canal de Suez est une rente en dollars pour l’Egypte, il est important de le sécuriser pour l’E comme pour le reste du monde ... c’est pourtant simple !

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