Eurodrone : "la souveraineté a un coût, mais pas n'importe lequel" (Florence Parly)

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L'Europe prête à commander 63 Eurodrone, le futur drone MALE européen
L'Europe prête à commander 63 Eurodrone, le futur drone MALE européen (Crédits : Dassault Aviation)
La ministre des Armées a demandé aux industriels de respecter l'enveloppe budgétaire. "Nous ne transigerons pas", a-t-elle martelé.

la ministre des Armées Florence Parly a été claire et nette. Pour l'Eurodrone, le drone de moyenne altitude-longue endurance (MALE) européen, "il revient aux industriels de faire une offre respectant l'enveloppe budgétaire", a-t-elle estimé lundi au Sénat. Soit un peu plus de 7 milliards d'euros selon nos informations. "Nous ne transigerons pas. La souveraineté a un coût, mais pas n'importe lequel", a asséné la ministre des Armées. A Airbus, qui est le leader du projet pour environ 50 % (Dassault Aviation environ 35 % et l'italien Leonardo les 15 % restants), de trouver des solutions pour ce programme emblématique de la coopération européenne. Airbus Defence and Space.

Une facture à plus de 7 milliards

La France, via la DGA, est "en désaccord sur les prix proposés" par les industriels, comme l'avait souligné fin septembre Joël Barre, lors de son audition au Sénat. Le litige repose sur les écarts en matière de coût de développement. Résultat, selon le sénateur Cédric Perrin, rapporteur pour avis du programme 146 (Équipement des forces), l'Eurodrone devrait coûter à l'unité environ 200 millions d'euros. Soit le double d'un Reaper actuel. "Je suis inquiet", a d'ailleurs reconnu à la mi-octobre devant les sénateurs le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre. Depuis ce constat, les négociations sont dures et le chemin pour converger est encore long.

"Il semble en particulier qu'il y ait une difficulté majeure sur le prix. Il semble qu'il existe un écart de près de 30 % entre le prix attendu par les Etats clients, au vu des spécifications définies en 2017, et le prix proposé par les industriels", ont affirmé dans un rapport pour avis Cédric Perrin et Hélène Conway-Mouret, au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

Pour 21 systèmes et 63 drones, la France a fait ses calculs : la facture ne doit pas dépasser 7,1 milliards d'euros, développement compris, selon des sources concordantes. La France a prévu de commander en 2020 quatre systèmes de drones MALE, sous réserve que la négociation avec l'industrie soit bouclée d'ici la fin de l'année 2019. Or, les industriels n'y sont pas encore après avoir quand même frôlé les 10 milliards d'euros.

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a écrit le 04/12/2019 à 8:03 :
Un bimoteur type euromale coûte toujours plus cher qu un monomoteur type Reaper . J évalué le surcoût à 50 pour cent : achat du moteur supplementaire, systèmes plus complexe ( carburant, électricité...)
Quelle différence de prix entre un H135 et un H130 par exemple au niveau hélicoptère ?
Si la France veut un engin pour survoler des zones urbaines il y a un coût, par contre c est encore un projet politique pour faire de l Europe germanophone : STOP Florence arrête d écouter Emmanuel
a écrit le 04/12/2019 à 7:59 :
Il est temps de se retirer de ce projet après plus de 15 ans de vaines tentatives : EuroMALE > Advanced UAV > Talarion > Eurodrone.
Tant que ce projet de drone MALE sera piloté par des incapables (Airbus DS Allemagne), on n'arrivera à rien. Airbus a dépensé des centaines de millions d'euros dans le domaine des drones. Qui est capable de me citer le nom d’un seul drone Airbus?
A ce propos, il serait souhaitable que la France développe sa propre solution concernant les futurs "remote carriers" du SCAF, pourquoi pas avec les britanniques qui ont certainement un besoin similaire sur le Tempest (si il voit le jour). Une équipe Dassault-Thales-ONERA-MBDA-BAe-QinetiQ-Cobham aurait quand même une autre allure que cet attelage boiteux conduit par un cocher incompétent et cupide.
Réponse de le 04/12/2019 à 13:51 :
En soit Airbus est l'un des leaders de l'aéronautique. Donc dire qu'ils n'ont pas la compétence est un peu exagéré, non ? Après ils n'ont peut-être pas la pression nécessaire réussir au mieux ce programme, ce qui explique que Mme Parly refuse pour l'instant le programme.
Par ailleurs, si Airbus n'a pas sorti de drone Male dans les années 2000, c'est avant tout en raison des difficultés de la coopération entre la France et l'Allemagne ( je vous invite à lire l'article intéressant de ce site sur le fiasco du drone Male européen).
Enfin, le SCAF ne consiste pas seulement à développer des remote-carrier mais également un "cloud" qui va fusionner l'ensemble des données des drones et du New Generation Fighter (NGF). Sur ces bases, si on fait des remote-carrier avec les anglais, il faudra assumer le fait de ne plus développer un cloud européen, concurrent de celui du F-35, et donc de n'avoir plus aucune souveraineté sur nos capacités. Si vous êtes toujours de l'autre côté de l'Atlantique, je comprends vos raisonnements et votre intérêt à voir les programmes franco-allemands être arrêter. Mais je vous suggère d'arrêter de parler de "on" alors que le "vous" (au sens "vous, messieurs les européens") est la seule formule adaptée pour vous.
Plus de renseignement sur le site spécialisé opex360, à moins que vous n'ayez trop peur de faire face à des personnes qui ont des vraies connaissances sur le sujet...
a écrit le 03/12/2019 à 17:29 :
Eurodrone : "la souveraineté a un coût, mais pas n'importe lequel" (Florence Parly)

Madame PARLY, si la France ne peut pas s'équiper du plus performance ...au bon prix

faites comme les Turcs et la Syrrie, achetez des drones Russes ! pas cher

quand il s'agit de maltraiter la population de son propre pays Macron agit bien comme Erdogan et Assad
Réponse de le 03/12/2019 à 19:43 :
Assad a massacré sa population et les droits de la presse n'existent plus et des dizaines de milliers de fonctionnaires turcs ont perdu leur emploi pour ce qu'ils pensent ou pourraient penser d'Erdogan. Vos comparaisons avec le président français sont ridicules.
a écrit le 03/12/2019 à 16:55 :
Donc, si je comprend bien, l'Allemagne propose à la France un drone qui ne pourra pas concurrencer sérieusement les productions de ses deux alliés privilégiés dans la défense, Israël et les Etats-Unis ?
Réponse de le 03/12/2019 à 18:19 :
C'est ce qu'on peut comprendre de l'article. Maintenant ce serai bien de fonder cela avec 1 ou 2 exemples de requis où la concurrence performe mieux. Et de comparer des pommes avec des pommes). Car on ne va pas comparer un avion de combat IDS avec un avion de combat de supériorité aérienne...
Réponse de le 03/12/2019 à 19:58 :
@Fred
Oui, sauf que dans les contrats exports, c'est souvent la géopolitique et (ou) les couts qui priment, et non pas la qualité, ceci même au sein de l'EU.
Si on produit un drone 2 fois plus cher qu'un américain ou israélien. On aura déjà du mal à le vendre en Europe, avant même de l'exporter.
C'est donc les américains qui vendront, et gagneront encore en influence et parts de marché au sein de l'UE. Et si la France ou l'UE font un drone sur une architecture américaine, l'effet sera moindre, mais l'industrie US sera tout de même gagnante ! Mais ce n'est pas la première fois que l'Allemagne joue contre la France au profit des Etats-Unis, on connaît la musique !

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