Le drone MALE européen (Eurodrone) a vraiment du mal à décoller

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Les négociations entre la France et les industriels qui développent le drone MALE européen, l'Eurodrone, restent encore très tendues.
Les négociations entre la France et les industriels qui développent le drone MALE européen, l'Eurodrone, restent encore très tendues. (Crédits : Dassault Aviation)
Alors que la fin des négociations est prévue pour la mi-décembre sur l'Eurodrone, le bras de fer sur le prix du programme entre les industriels (Airbus, Dassault et Leonardo) et la direction générale de l'armement (DGA) reste très viril. La France ne veut pas payer plus de 7,1 milliards d'euros.

Décidément, le drone MALE (Medium Altitude Long Endurance) européen, l'Eurodrone, a dû mal à décoller. Contrairement au SCAF, le système de combat aérien du futur pour lequel Paris et Berlin ont réussi à trouver un accord. Ce qui n'est pas encore le cas pour l'Eurodrone, développé par Airbus, Dassault Aviation et l'italien Leonardo. Les négociations restent très viriles entre la DGA et Airbus. "C'est très tendu", confirme une source proche du dossier. Mais, selon le patron d'Airbus Defence & Space Dirk Hoke, rencontré la semaine dernière au salon aéronautique de Dubaï, les industriels et la DGA ont "pas mal avancé". Pas assez pour converger encore.

Une facture qui dérape

Quel est le problème ? La France, via la DGA, est "en désaccord sur les prix proposés" par les industriels, comme l'avait souligné fin septembre  Joël Barre, lors de son audition au Sénat. Le litige repose sur les écarts en matière de coût de développement. Résultat, selon le sénateur Cédric Perrin, rapporteur pour avis du programme 146 (Équipement des forces), l'Eurodrone devrait coûter à l'unité environ 200 millions d'euros. Soit le double d'un Reaper actuel. "Je suis inquiet", a d'ailleurs reconnu à la mi-octobre devant les sénateurs le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre. Depuis ce constat, les négociations sont dures et le chemin pour converger est encore long.

Pour 21 systèmes et 63 drones, la France a fait ses calculs et la facture ne doit pas dépasser 7,1 milliards d'euros, développement compris, selon des sources concordantes. Or, les industriels n'y sont pas encore après avoir quand même frôlé les 10 milliards d'euros. Ils rappellent que la souveraineté a un prix. Ce qui agace au plus au point au sein du ministère des Armées. "La souveraineté a un prix, la France peut l'entendre, explique une source proche du dossier. Mais pas n'importe quel prix. Il est hors de question qu'en 2027 les armées disposent d'un drone MALE européen plus cher et moins performant que ce qu'elles pourraient acheter sur le marché dès aujourd'hui. Il faut que les industriels intègrent ce paramètre".

Fin des négociations mi-décembre

Le message de la France est clair mais aussi déstabilisant pour Airbus, qui doit très rapidement trouver sous la pression une solution raisonnable sans pour autant dégrader les spécifications de l'Eurodrone. Car la date-butoir se rapproche de façon vertigineuse, les négociations devant être terminées à la mi-décembre. Il n'est pas question non plus pour la France, qui estime sa demande technique très raisonnable, qu'Airbus réduise le niveau des spécifications pour rentrer dans l'enveloppe financière. Une décision politique sur la poursuite du programme ou pas sera prise au premier semestre 2020.

Comment Airbus peut-il sen sortir? La marge est étroite. Mais l'avionneur européen va devoir encore optimiser la gouvernance du programme pour minimiser les risques, et donc réduire les provisions pour risques, qui coûtent trop chères encore, ainsi que les éventuelles redondances industrielles. A Airbus, qui prend toutefois les risques en tant que maître d'oeuvre, de s'organiser. "Il n'y a pas de raison que le groupe européen ne rentre pas dans les prix du marché", assure une source proche du dossier. Pourvu que ce soit vrai...

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Commentaires
a écrit le 01/12/2019 à 20:32 :
Autre Question. Est-ce que les 200mio EUR sont le prix par unité que l'achat pur et simple? Ou est le support customer service inclus sur les 5-10 ans aprés l'achat des systèmes? C'est à dire est-ce que c'est un contrat complet incluant le produit et le service? M. Cabirol?
a écrit le 01/12/2019 à 16:46 :
Bon rien ne justifie un prix pareils, donc îls faut que les industriels justifient un prix pareils... Donc je crainds que cette épreuve de forçe doivent durée encore quelque temps... Meme le développement d'une IA ne justifie en aucun çar cette arnaque.
Apres tout toute çette technologies existe déjà et se n'est qu'un autre empilement de savoir faire et dè devellopement technologique....
a écrit le 01/12/2019 à 13:32 :
Les Allemands restent bloqués sur les Wunderwaffen.

Pour faire la guerre et la gagner il faut du moyen en quantité et jetable.
K'eurodrone tel tel que conçu n'a aucun sens opérationnel.

Pourquoi faire des Tiger quand on a besoin de vbl ?

200 millions c est plus qu' un rafale c'est juste idiot.
a écrit le 29/11/2019 à 21:24 :
200 millions l’unité, ça me parait complètement dingue. C’est 2 fois plus cher qu’un F35, 6 fois plus cher qu’un mirage 2000. Je ne comprends pas comment un bi turbopropulseurs peut coûter aussi cher. Ce ne sont pas les moteurs... les boules optroniques, la navigation par satellite... enfin quoi, cette machine ne semble pas non plus... Qu’est-ce qui se passe sur ce drone? Les drones n’étaient-il pas censées être des machines peu onéreuses? « Perdables » et vulnérable aux défenses sol air, mais qui s’en moquaient par leur nombre? Je ne comprends absolument rien aux raisons qui nous ont fait passer de l’un à l’autre.
Réponse de le 30/11/2019 à 0:49 :
200 millions € l'unité, alors que le Reaper ou le Patroller st de 8 à 10 fois moins chers pour des dimensions similaires !!!
On est ds des superlatifs ruineux.
Si c'est ça l'Europe de la défense, mais on va se retrouver sur la paille.
Y'aurait il pas erreur sur ce montant astronomique ??
a écrit le 29/11/2019 à 16:13 :
Je ne comprends pas trop où va la stratégie militaire française.
Safran a développé le Patroller qui correspond tt à fait comme le Reaper aux besoins en Opex et même obéit aux spécifications de l'OTAN. Il va d'ailleurs être MES ds qcqs années suite à appel d'offre de la DGA.
Et ça a eu un certain coût, puisque sur ce projet, Thalès a également cogité tt en n'étant pas retenu lors des essais de validation.
A quoi va dc servir ce drone Mâle véritable usine à gaz volante pour l'armée ??
A moins que ds le cadre de la politique de défense commune de l'UE, il faille faire qcqs concessions à l'Allemagne qui devrait alors prendre à sa charge les surcoûts, permettant à la DGA de rester ds son enveloppe, ce qui serait hyper logique qd des spécifications imposées à tous émanent d'un seul partenaire, l'Allemagne , comme la nécessité d'un bimoteur.
Réponse de le 30/11/2019 à 23:30 :
Le patroler, c'est un moteur à piston de 100cv. Ici, c'est 2 turbines de plus de 1000cv chacune. Ce sont 2 machines très différentes. L'euro drone est beaucoup plus gros, donc nettement plus cher... Il est plus de 2 fois plus lourd qu'un Reaper. Il faut maintenant voir ce que ça apporte vraiment en plus et si ça vaut le surcout.
a écrit le 29/11/2019 à 15:41 :
Encore une fois la coopération Germano-française donne une usine à gaz, inefficace et hors de prix. L'industrie aéronautique Française peut très bien produire toute seule un drone armé encore plus performant que ceux des Américains ou des Israéliens.
Réponse de le 30/11/2019 à 5:49 :
Il faut arrêter toute coopération avec l'Allemagne dans le domaine de l'industrie de Défense. Tous les projets actuels (Eurodrone, MGCS, FCAS, Futur avion de Patrouille Maritime...) vont dans le mur. Sans parler de la guéguerre dans le domaine des satellites d'observation...et demain dans la cyber.
Les Allemands ne sont pas nos amis. On devrait l'avoir compris depuis le temps : 1870, 1914, 1939.
Travaillons avec les gens avec lesquels nous combattons côte à côte tous les jours : US et UK.
Réponse de le 30/11/2019 à 5:49 :
Il faut arrêter toute coopération avec l'Allemagne dans le domaine de l'industrie de Défense. Tous les projets actuels (Eurodrone, MGCS, FCAS, Futur avion de Patrouille Maritime...) vont dans le mur. Sans parler de la guéguerre dans le domaine des satellites d'observation...et demain dans la cyber.
Les Allemands ne sont pas nos amis. On devrait l'avoir compris depuis le temps : 1870, 1914, 1939.
Travaillons avec les gens avec lesquels nous combattons côte à côte tous les jours : US et UK.
Réponse de le 02/12/2019 à 0:25 :
Bien mieux que Israle qui depuis 1969 utilise des drones. Il fait beau de rêver. Si vous pensiez que en dormant les choses se font.

Pas un drone français digne de ce nom en attendant. Combien de véritables drones dans l'armée française ?
a écrit le 29/11/2019 à 15:41 :
Pendant ce temps :

Un drone capable de prendre le contrôle d’une armée de 200 drones hostiles. None n’est pas un scénario de science-fiction, mais une technologie bien réelle, que développe la start-up israélienne Skylock. Le système mis sur pied par l’entreprise détecte des drones hostiles à une distance maximale de 3,5 kilomètres, puis envoie un signal qui brouille la connexion entre le drone ennemi et son utilisateur.

Dans un deuxième temps, le drone de Skylock s'infiltre dans le système informatique de l’appareil ennemi pour le forcer à atterrir ou à le renvoyer chez son expéditeur. Grâce à cette technologie, l’armée israélienne récupère les drones ennemis intacts Ce qui lui permet d’analyser l’engin et de collecter des informations précieuses sur son contenu et sa provenance.
a écrit le 29/11/2019 à 14:19 :
C'est Male parti ?
On devrait le faire nous même et le vendre à nos sympathiques voisins européens. Mais on est trop chers, trop sophistiqués. Les palabres ça demande un temps fou, mais bon, c'est la base du truc. D'ici quelques années ça débouchera (ou pas).
a écrit le 29/11/2019 à 11:59 :
"Le drone MALE européen (Eurodrone) a vraiment du mal à décoller"

Faut lui amener une femelle.
a écrit le 29/11/2019 à 11:20 :
Quelle indépendance ? Toute action militaire est devenue impossible sans l'accord et le
soutien américain ! Que l'on dise que c'est pour le profit ds actionnaires de ces entreprises ;
a écrit le 29/11/2019 à 9:36 :
En quoi l'Euromale est-il moins performant que le Reaper? L'article ne le dit pas, mais cite "un proche du dossier".. ;-) allez
Réponse de le 30/11/2019 à 11:51 :
Je pense qu'il est largement supérieur en terme de charge utile et de fiabilité cpte tenu du bimoteur et des énormes surcoûts...
Le pb c'est qu'il risque d'être obsolète avt d'avoir servi sur un théâtre d'opérations à cause de la cyberguerre et d'après un commentaire ci dessus, il semble qu'Israël (et dc son mentor US ) ait une longueur d'avance. Et ne doutons pas non plus que les Russes ne restent pas inactifs ds ce domaine.
Bref, des joujoux au prix d'un avion de chasse pouvant être neutralisés avt d'avoir servi. Quelle gabegie potentielle !!
a écrit le 29/11/2019 à 8:54 :
faut dire qu'avec un nom pareil !
a écrit le 29/11/2019 à 8:50 :
Ils continuent de nous endormir, de s'endormir eux-mêmes je pense plus sûrement, avec une armée européenne alors que nous ne sommes mêmes pas foutus de nous organiser ensemble pour générer une seule innovation militaire incontournable de demain.

LE déclin c'est encore plus long vers la fin.
Réponse de le 29/11/2019 à 18:37 :
je sais que c'est le week-end hein donc vous n'avez qu'à faire vous mêmes les commentaires à instrumentaliser sinon c'est 100 balles
Réponse de le 29/11/2019 à 18:37 :
ma patience a de moins en moins de limites
a écrit le 29/11/2019 à 8:50 :
Ecrire "du", plutôt que "dû" dans le titre. C'est un peu désolant!
a écrit le 29/11/2019 à 8:27 :
Le centre décisionnel d'AcouirbusDS (Airbus military) est en Allemagne, à Manching, près de Munich, en Bavière. En Bavière, région riche et industrielle, les bons ingénieurs Allemands sont dans l'automobile ou autre. Ça paye mieux, et là-bas c'est plus prestigieux Audi qu'AirbusDS.
Résultat, les décisions stratégiques sont prises par des incapables : 2 moteurs ; pas de certification devant l'EASA alors qu'il doit voler dans l'espace aérien civil, etc.
a écrit le 29/11/2019 à 7:58 :
La DGA a bien raison... À quoi bon une souveraineté si c’est au dépend du Time to Market, de la performance et du coût?
La vérité est que Airbus ne sait pas faire...
a écrit le 29/11/2019 à 7:41 :
Ah ces programmes européens qu'on nous vante tant...
Réponse de le 29/11/2019 à 14:07 :
La France a largement les moyens d'y aller tout seul et de privilégier ses industriels. Quand on voit le montant de notre déficit budgétaire, on se dit que 7 millards c'est pas grand chose pourvu que nos politiques soient meilleurs gestionnaires.

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