Si Israël a accepté la vente de 50 F-35 de Lockheed Martin aux Émirats Arabes Unis, c'est parce que les Etats-Unis ont promis de maintenir la supériorité technologique militaire des forces armées israéliennes face aux pays arabes.Agréée par l'administration Trump, puis suspendue par Joe Biden, la vente de 50 F-35 aux Émirats Arabes Unis pour plus de 10 milliards de dollars a provoqué de très fortes interrogations en Israël. Et ce quand bien même Tel-Aviv et Abu Dhabi aient normalisé leurs relations. En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les services secrets de l'État hébreu, le Mossad, ont approuvé cette opération à la condition qu'elle soit très encadrée tandis que le ministère de la Défense y était fermement opposé.
Pourquoi ce feu vert ? En dépit d'une crainte d'un réarmement massif des pays arabes dans la région, trois raisons ont finalement poussé Israël à accepter cette vente d'armes aux EAU : la confirmation par les Etats-Unis du maintien de la supériorité technologique militaire d'Israël sur les pays arabes, y compris les EAU ; la stratégie de "containment" (endiguement) de l'Iran ; et, enfin, l'ouverture du marché de l'armement des pays arabes pour l'industrie d'armement israélienne.
Confirmation de la politique deQMEpour Israël
Sans confirmation du maintien de la supériorité technologique militaire QME (Qualitative Military Edge) par Washington, Israël n'aurait jamais accepté la vente des F-35, un système d'arme aussi sophistiqué, aux EAU. Israël a semble-t-il négocié deux dispositions. D'une part, les F-35 émiriens auraient été "détarés" dans leurs capacités, notamment au niveau des senseurs et des armements, pour garantir aux forces armées israéliennes la suprématie aérienne en cas de retournement d'alliances.
D'autre part, Tel-Aviv avait préparé une liste de matériels militaires à l'attention de Washington pour maintenir sa supériorité capacitaire face aux EAU. Dans le domaine aéronautique, les Israéliens avaient semble-t-il obtenu la vente de 22 hélicoptères V-22, de 25 F-35 supplémentaires (soit une flotte de 75 appareils au total), de 2 ravitailleurs KC-46A, du remplacement de la flotte d'hélicoptères d'attaque AH-64, d'un satellite de communication, et, enfin de munitions Bunker buster (contre bunkers enterrés).