Très peu de marines dans le monde possèdent cette capacité de pouvoir intercepter un missile balistique. C'est désormais le cas pour la Marine nationale qui a réussi à détruire le 21 mars dernier avec des Aster 30 tirés par la frégate de lutte antiaérienne Alsace trois missiles balistiques houthis en provenance du Yémen et visant le navire. C'est aussi une première pour une marine européenne. La frégate Alsace assurait une mission de protection rapprochée d'un porte-conteneurs dans le sud de la mer Rouge dans le cadre de l'opération militaire EUNAVFOR Aspide menée par l'Union européenne. Les trois missiles balistiques houthis constituait une menace directe pour la frégate française et le navire de la marine marchande, a précisé l'état-major des armées. De Suez à Ormuz, la Marine nationale assure la liberté de navigation et la sûreté maritime.
Pour parvenir à intercepter de tels missiles, le navire doit détecter de très loin des missiles qui vont extrêmement vite. Pour cela, la frégate Alsace est équipée d'un radar Herakles+ (Thales), les frégates FDI seront quant à elles équipées du radar numérique Sea Fire à quatre panneaux fixes. Ce succès a démontré dans le nouveau contexte opérationnel la crédibilité de disposer d'une capacité anti-balistique (ATBM) pour la Marine nationale, qui s'est pourtant montrée longtemps réticente.