C'est une vraie menace qui monte et qui pourrait à terme laminer la souveraineté de la France et de l'Europe. Le président du GIFAS et d'Airbus Guillaume Faury avait malheureusement bien raison en estimant récemment qu'un "mauvais vent souffle" sur le secteur de l'armement alors qu'on assiste à une multiplication de tensions et de crises internationales (Ukraine, Mer de Chine, Moyen Orient, Iran...). Mais progressivement, le monde de la finance est en train d'exclure l'industrie de l'armement européenne de leur stratégie de financements. Cette stratégie se décline banque par banque, fonds d'investissements par fonds d'investissement, sociétés de gestion d'actifs par société de gestion d'actifs. C'est le cas aujourd'hui avec Ossiam, la filiale de Natixis Investment Managers et société de gestion d'actifs spécialisée, qui développe et gère des fonds d'investissement, notamment des fonds négociés en bourse.
Ossiam a décidé d'intégrer à partir de cette semaine des critères ESG à la stratégie de gestion de son ETF (fonds indiciels cotés) équipondéré. Dans ce cadre, Ossiam, qui a son siège à Paris, a décidé d'exclure les sociétés, qui ne remplissent pas les critères d'évaluation du filtre Sustainalytics Global Standard. Soit les industries du secteur de l'armement (tel que défini par les Nations Unies qui mène pourtant des missions de maintien de la paix), ou des sociétés qui n'ont pas de notation ESG. Le total des actifs sous gestion d'Ossiam s'élevait à 6,5 milliards de dollars à la fin octobre 2021."La stratégie applique des filtres d'exclusion supplémentaires pour les sociétés de l'industrie du tabac, de l'énergie liée au charbon, et du secteur de l'armement", a expliqué le communiqué d'Ossiam. La filiale de Natixis Investment Managers précise à La Tribune que dans la plupart de ses fonds actions, les secteurs de la défense et de l'aéronautique ne sont pas exclus.
"Il me semble majeur d'insister sur le fait qu'il n'y aura pas d'activités soutenables sur le long terme s'il n'y a pas, au préalable, des pays stables et des économies stables elles-aussi, avait expliquédans une interview accordée à La Tribunele PDG de Thales, Patrice Caine. Il faut bien considérer que la stabilité et la sécurité sont des pré-requis à la durabilité, une réalité qui est parfaitement comprise et admise par les Américains : « No Sustainability without Stability ». Les investisseurs américains estiment qu'investir dans la défense est légitimement un investissement socialement responsable".