La fabuleuse année commerciale d'Arianespace en 2015

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Pour poursuivre son match avec SpaceX, aujourd'hui en difficulté, Arianespace, qui profite du rééquilibrage du taux de change euro-dollar, a dû baisser ses prix
Pour poursuivre son match avec SpaceX, aujourd'hui en difficulté, Arianespace, qui profite du rééquilibrage du taux de change euro-dollar, a dû baisser ses prix (Crédits : © POOL New / Reuters)
Arianespace a engrangé 33 contrats de lancements de satellites de télécoms et d'observation depuis le début de l'année : 8 pour Ariane 5, 21 pour le lanceur franco-russe Soyuz, 4 pour le lanceur italien Vega. Mieux que le précédent record de 18 contrats en 2013.

Le PDG d'Arianespace Stéphane Israël peut se frotter les mains. Tout roule pour lui. Car son entreprise, qui va rejoindre Airbus Safran Launchers (ASL), continue de cartonner au plan commercial en 2015. Malgré un lanceur Ariane 5 critiqué pour son prix notamment et la menace du concurrent américain SpaceX, la société de services de lancement continue d'engranger des commandes après un premier trimestre déjà de feu. Soit 33 satellites à lancer de façon ferme gagnés depuis le début de l'année : 8 pour Ariane 5, 21 pour le lanceur franco-russe Soyuz, 4 pour le lanceur italien Vega.

En 2013, Arianespace avait également réalisé une année sans précédent en termes de prise de commandes. La société de services de lancement avait signé 18 contrats pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros : 15 pour des satellites géostationnaires, dont 11 gros, pour Ariane 5, et 3 pour des satellites d'observation lancés par Vega.

De nouveaux contrats attendus

Et ce n'est pas fini pour 2015, a assuré Stéphane Israël. "Nous avons la conviction que nous aurons des commandes supplémentaires d'ici à la fin de l'année pour chacun de nos lanceurs, a-t-il précisé à La Tribune. Et d'ores et déjà, c'est l'année la plus importante sur le plan commercial". D'autant que l'échec de Falcon 9, le lanceur de SpaceX, couplé à un manifeste ambitieux de lancements de l'américain, pourrait ramener vers Arianespace des clients qui sont soucieux d'avoir une meilleure visibilité sur le calendrier de leur(s) futur(s) vol(s). Ce qui n'est pas le cas actuellement avec SpaceX.

Chez Arianespace, on souligne par ailleurs que "comme l'offre de lanceur est rare, il serait de bon sens que les acteurs se parlent dans l'intérêt des clients". Très clairement, la société européenne de services de lancement est prête à discuter avec SpaceX si la société d'Elon Musk, qui subit son baptême de feu avec les clients, souhaite se délester de quelques satellites pour remplir ses obligations contractuelles.

Ariane 5 reste attractive

Dernier contrat signé en date, les trois premiers satellites géostationnaires de la série MTG (Meteosat de Troisième Génération) qui ont fait l'objet d'une annonce conjointe Arianespace et Eumetsat immédiatement après le 66e lancement réussi dans la nuit de mercredi à jeudi d'Ariane 5, qui a mis sur orbite le  satellite météo MSG-4 (Eumetsat) et de télécoms Star One C4 (Embratel Star One). Ce contrat prévoit deux lancements fermes à bord d'Ariane 5 ECA prévus entre 2019 et 2023 pour les satellites MTG-I1 et MTG-S1 et une option pour le lancement du satellite MTG-I2.

Ariane 5 lancera également deux satellites pour l'opérateur luxembourgeois SES (SES-12 et SES-15) - Soit le 40 et 41e contrat signé avec SES -, deux autres pour le compte de Korea Aerospace Research Institute (Kari) pour GEO-Kompsat 2A et 2B, un pour Airbus Defence and Space (EDRS-C), et enfin un pour l'opérateur de télécoms par satellites Arabsat et KASCT basé en Arabie Saoudite (HellaSat-4).

Des contrats aussi pour Soyuz et Vega

Arianespace a également signé un contrat pour 21 lancements pour Soyuz, assorti d'une option pour cinq Soyuz supplémentaires pour le compte de OneWeb. La société va mettre en orbite une grande partie de la constellation de micro-satellites de OneWeb destinée à fournir des liaisons internet à haut débit fiables à à la Terre entière à des prix abordables. Ce contrat était assorti d'une option pour cinq Soyuz supplémentaires et trois Ariane 6, en vue de déployer l'essentiel de la constellation (soit 672 des 900 satellites)

Pour sa part, le petit lanceur italien Vega a aussi fait le plein avec l'obtention de quatre contrats, dont trois lancements de satellites espions : deux pour les Émirats Arabes Unis (Falcon Eye) et un pour le Pérou (PeruSat-1). Enfin, Vega a gagné un contrat pour lancer une constellation de satellites d'imagerie à haute résolution pour le compte de Skybox Imaging.

Arianespace baisses ses prix

Pour poursuivre son match avec SpaceX aujourd'hui en difficulté, Arianespace, qui profite du rééquilibrage du taux de change euro-dollar, a dû baisser ses prix. Notamment en partie grâce à son plan de productivité pour compenser les écarts de prix avec SpaceX. Quand ce dernier propose des prix à moins de 60 millions et 85 millions de dollars respectivement pour des petits satellites (Falcon 9) et des gros satellites (Falcon Heavy), la société européenne a quant à elle réduit ses prix à 70 millions (petits satellites) et plus de 100 millions de dollars (gros satellites). Elle continue donc à subir la pression des prix de la part de SpaceX, qui d'ailleurs avant son échec de juin, baissait encore ses prix. Arianespace compte revenir à un équilibre économique à partir de 2017 pour Ariane 5 grâce à des efforts de productivité.

En attendant la reprise en vol de Falcon 9 et le tir inaugural de Falcon Heavy, Arianespace devrait sur plan opérationnel remplir ses objectifs 2015, selon Stéphane Israël. "Sur le rythme opérationnel, nous sommes parfaitement sur le trait pour réaliser 12 lancements en 2015, a-t-il souligné. L'année se passe remarquablement bien. Tout laisse à penser que nous allons faire aussi bien qu'en 2014 (11 lancements, ndlr), voire mieux". Mi-juillet, elle en a déjà réalisé six. Le 20 août, le prochain vol d'une Ariane ECA (Intelsat 34, Eutelsat 8 West B) devrait définir la tendance de la fin de l'année pour la société. A l'issue de ce lancement, Arianespace devra encore tirer trois Ariane 5, deux Soyuz et un Vega. "C'est un objectif atteignable", a assuré Stéphane Israël.

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Commentaires
a écrit le 17/07/2015 à 17:57 :
On continu a vendre les bijoux de famille
a écrit le 17/07/2015 à 14:56 :
Il faut en profiter pour vendre une partie de Ariane pour combler notre déficit. Beaucoup d'entreprises privées Américaines ou Chinoises serait intéressées .
a écrit le 16/07/2015 à 19:33 :
Il faut être très humble quand on travaille dans le spatial. Un succès c' est des années de travail, mais un échec arrive en une seconde.
Bravo aux travailleurs de l' ombre sur A5.
a écrit le 16/07/2015 à 18:05 :
Bravo à Arianespace et à tous les acteurs de la filière spatiale.

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