Mini-lanceur : Isar Aerospace débarque à Kourou

Le CNES et Isar Aerospace sont tombés d'accord pour que le mini-lanceur Spectrum puisse opérer du Centre spatial guyanais (CSG).
Michel Cabirol

3 mn

Le premier vol du lanceur Spectrum, développé et conçu par la start-up munichoise Isar Aerospace, a été décalé à fin octobre 2022.
Le premier vol du lanceur Spectrum, développé et conçu par la start-up munichoise Isar Aerospace, a été décalé à fin octobre 2022. (Crédits : Isar Aerospace)

"Breaking news" en Guyane : Isar Aerospace est proche de débarquer à Kourou, selon des sources concordantes. Après avoir signé en avril dernier un accord avec la base de lancement d'Andøya Space en Norvège, la start-up munichoise, qui accumule succès sur succès sur le plan financier et commercial, a conclu un accord avec le CNES pour pouvoir opérer des lancements de son lanceur Spectrum depuis le Centre spatial guyanais (CSG) sur le site historique du Diamant (1970-1976), qui est actuellement en train d'être remis en état par le Centre national d'études spatiales. Ce site, qui a vu les premiers lanceurs français Diamant décoller de Kourou, pourra accueillir jusqu'à trois mini-lanceurs, dont de façon temporaire le démonstrateur européen Callisto. L'arrivée d'Isar Aerospace en Guyane  devrait être officiellement annoncée d'ici à la fin du mois de novembre

C'est une très belle opération aussi bien pour le CNES, qui joue la carte start-up, que pour Isar Aerospace. Ce nouveau joli coup montre clairement que cette start-up, qui a réussi à lever plus de 180 millions de dollars depuis sa création en 2018, a clairement un temps d'avance sur ses concurrents allemands (RFA One, HyImpulse) et européens. Et il convainc même les sceptiques. Résultat, Isar Aerospace tenait absolument à lancer du CSG. C'est désormais chose faite grâce à des équipes de haut niveau parmi lesquelles des Français. Pour emporter l'adhésion, son PDG Daniel Metzler devra réussir les tests de son moteur Aquila, dont les pièces sont en partie fabriquées en imprimante 3D. Le feu doit encore parler... Le premier vol est prévu dans la deuxième semestre 2022.

"Leur atelier produit de nombreuses pièces. Il y a une dynamique qui existe, ils iront jusqu'au bout. Ils auront peut-être très certainement des problèmes dans la mise au point de leur moteur et de leur lanceur mais  comme tout le monde. C'est comme cela qu'ils apprendront. Ils ont un bel avenir devant eux", estime un récent visiteur aguerri.

Cinq lancements fermes dans le carnet d'Isar

Lors d'un entretien accordé à La Tribune, Daniel Metzler avait précisé que son entreprise visait une cadence de lancements dès 2024/2025 sur deux pas de tir différents : celui d'Andøya en Norvège ou celui du CSG. Soit 20 lancements par an à cet horizon, puis une trentaine à terme. "Le site de la Guyane française est vraiment très, très important pour nous, avait alors confirmé le PDG d'Isar Aerospace. Nous avons beaucoup de clients qui souhaiteraient que nous ayons un pas de tir pour Spectrum au CSG". Et pour cause, le site du CSG est l'un des sites de lancement les plus convoités au monde en raison de son positionnement (latitude) très proche de l'équateur idéal pour placer en orbite les satellites (orbites polaire, héliosynchrone, géostationnaire...).

Sur le plan commercial, Isar Aerospace, qui se définit comme le principal fournisseur de services de lancement privé d'Europe et le mieux financé, a déjà inscrit dans son carnet de commandes cinq lancements fermes, dont un pour Airbus, et six autres optionnels (Airbus). Le gouvernement allemand pourra monter dans le cadre du programme C-STS géré par l'Agence spatiale européenne (ESA) deux fois à bord de Spectrum avec une charge utile allant jusqu'à 150 kilogrammes pour des lancements en orbite terrestre.

En outre, en septembre, Daniel Metzler a signé un lancement ferme avec la start-up OroraTech pour lancer entre 2022 et 2026 dans le cadre de missions de covoiturage une série de dix nanosatellites, conçus pour lutter contre les incendies de forêt et les crises climatiques mondiales. Une option est prévue pour étendre l'accord à l'ensemble de la constellation de satellites OroraTech composée de centaines de satellites. Enfin, il a également signé en octobre un lancement ferme avec EnduroSat, principal fournisseur de NanoSat, pour le lancement de leurs satellites dans le cadre de missions de covoiturage entre 2022 et 2025.

Michel Cabirol

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Commentaires 4
à écrit le 04/11/2021 à 9:54
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N'est ce pas naîf/dangereux de laisser un concurrent en devenir lancer depuis son propre sol ? Comme les italiens de Vega les allemands d'ISAR en demanderont-ils aussi à prendre en charge les opérations de lancement jusqu'à t-zéro. Le temps à montré ...

à écrit le 03/11/2021 à 19:18
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Et une étape supplémentaire vers notre allégeance à l'Allemagne. Dans huit-neuf ans, rachat du CSG par les Allemands.

à écrit le 03/11/2021 à 15:06
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Ils sont tombés d'accord, à défaut de se mettre d'accord. Les premières fusées Diamant ont été lancées depuis le Sahara.

à écrit le 03/11/2021 à 14:25
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He he bien sur les allemands ont bcp d'argents ils peuvent les investir dans les nouveaux projets.Les allemands gagnent bcp avec l'exportation des produits industriels.Les français sont pauvres et ils peuvent rien investir seulement des attentats et ...

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