Succès capital pour Vega, qui a placé en orbite Pléiades Neo 3, le premier satellite de la nouvelle constellation d’observation de la Terre opérée par Airbus. Un succès qui intervient après deux échecs très rapprochés.Avio, Arianespace et Airbus Space respirent mieux ce jeudi matin. Au Centre spatial guyanais (CSG), en Italie et en France, l'angoisse était très perceptible avant le 18e lancement de Vega, qui devait absolument réussir sa mission (VV18) sous peine de plonger la filière lanceurs européenne, déjà fortement déstabilisée, dans une crise sans précédent. "Ce retour en vol réussi de Vega fait suite aux recommandations de la Commission d'enquête indépendante du vol VV17, copilotée par Arianespace et l'ESA, et mises en œuvre par Avio", a expliqué Arianespace dans son communiqué.
Dans la nuit du 28 au 29 avril 2021, Vega a donc parfaitement réussi sa mission en mettant en orbite Pléiades Neo 3, pour le compte d'Airbus Defence and Space, NorSat-3 au profit de l'Agence spatiale norvégienne, et quatre CubeSats, pour les opérateurs Eutelsat, Aurora Insight et Spire. "La mission marque le retour en vol du Vega après l'anomalie qui a conduit à la fin prématurée de la mission VV17 en novembre 2020", a souligné Avio dans un communiqué séparé.
Une mission très attendue
Pour cette mission cruciale, le constructeur italien Avio, devait montrer au monde entier que son lanceur Vega, sous sa maîtrise d'oeuvre, était redevenu fiable après deux gros échecs rapprochés (VV15 en juillet 2019 et VV17 en novembre 2020). L'industriel va toutefois devoir démontrer maintenant dans la durée la robustesse de ses deux lanceurs Vega et Vega C, qui doit effectuer son premier vol cette année. Pour Arianespace, qui commercialise et opère les lancements de Vega, le succès du lanceur italien était d'une important capitale dans cette phase cruciale de transition (arrêt d'Ariane 5, retards d'Ariane 6 et de Vega C).
Enfin, pour Airbus Space, le succès de Vega permettra la mise en service dans quelques mois du premier des quatre satellites de la constellation Pléiades Neo (résolution de 30 centimètres), qui sera le fer de lance du géant européen pour concurrencer le groupe nord-américain Maxar Technologies. "D'une résolution de 30 cm et d'une capacité de géolocalisation la plus précise qui soit, leur réactivité en sera plus performante, de cinq fois par rapport aux constellations existantes", a expliqué le CNES dans son communiqué. Cette constellation "permettra d'effectuer des acquisitions urgentes dans un délai de 30 à 40 minutes pour répondre aux situations les plus critiques, comme par exemple les catastrophes naturelles. Elle sera exploitée également pour des applications de cartographie, d'urbanisme et de défense".