VV18 : succès capital pour le lanceur italien Vega et pour l'Europe spatiale

Succès capital pour Vega, qui a placé en orbite Pléiades Neo 3, le premier satellite de la nouvelle constellation d’observation de la Terre opérée par Airbus. Un succès qui intervient après deux échecs très rapprochés.
Michel Cabirol

4 mn

Ce retour en vol réussi de Vega fait suite aux recommandations de la Commission d'enquête indépendante du vol VV17, copilotée par Arianespace et l'ESA, et mises en œuvre par Avio, a expliqué Arianespace dans son communiqué.
"Ce retour en vol réussi de Vega fait suite aux recommandations de la Commission d'enquête indépendante du vol VV17, copilotée par Arianespace et l'ESA, et mises en œuvre par Avio", a expliqué Arianespace dans son communiqué. (Crédits : Arianespace)

Avio, Arianespace et Airbus Space respirent mieux ce jeudi matin. Au Centre spatial guyanais (CSG), en Italie et en France, l'angoisse était très perceptible avant le 18e lancement de Vega, qui devait absolument réussir sa mission (VV18) sous peine de plonger la filière lanceurs européenne, déjà fortement déstabilisée, dans une crise sans précédent. "Ce retour en vol réussi de Vega fait suite aux recommandations de la Commission d'enquête indépendante du vol VV17, copilotée par Arianespace et l'ESA, et mises en œuvre par Avio", a expliqué Arianespace dans son communiqué.

Dans la nuit du 28 au 29 avril 2021, Vega a donc parfaitement réussi sa mission en mettant en orbite Pléiades Neo 3, pour le compte d'Airbus Defence and Space, NorSat-3 au profit de l'Agence spatiale norvégienne, et quatre CubeSats, pour les opérateurs Eutelsat, Aurora Insight et Spire. "La mission marque le retour en vol du Vega après l'anomalie qui a conduit à la fin prématurée de la mission VV17 en novembre 2020", a souligné Avio dans un communiqué séparé.

Une mission très attendue

Pour cette mission cruciale, le constructeur italien Avio, devait montrer au monde entier que son lanceur Vega, sous sa maîtrise d'oeuvre, était redevenu fiable après deux gros échecs  rapprochés (VV15 en juillet 2019 et VV17 en novembre 2020). L'industriel va toutefois devoir démontrer maintenant dans la durée la robustesse de ses deux lanceurs Vega et Vega C, qui doit effectuer son premier vol cette année. Pour Arianespace, qui commercialise et opère les lancements de Vega, le succès du lanceur italien était d'une important capitale dans cette phase cruciale de transition (arrêt d'Ariane 5, retards d'Ariane 6 et de Vega C).

Enfin, pour Airbus Space, le succès de Vega permettra la mise en service dans quelques mois du premier des quatre satellites de la constellation Pléiades Neo (résolution de 30 centimètres), qui sera le fer de lance du géant européen pour concurrencer le groupe nord-américain Maxar Technologies. "D'une résolution de 30 cm et d'une capacité de géolocalisation la plus précise qui soit, leur réactivité en sera plus performante, de cinq fois par rapport aux constellations existantes", a expliqué le CNES dans son communiqué. Cette constellation "permettra d'effectuer des acquisitions urgentes dans un délai de 30 à 40 minutes pour répondre aux situations les plus critiques, comme par exemple les catastrophes naturelles. Elle sera exploitée également pour des applications de cartographie, d'urbanisme et de défense".

Six passagers sur Vega

La mission VV18 a été opérée principalement pour la mise en orbite de Pléiades Neo 3 (920 kg), premier des quatre satellites d'une constellation d'observation de la Terre, qui aura une durée de vie de huit à dix ans. Pléiades Neo3 a été entièrement financé et fabriqué par son opérateur, Airbus. Avec VV18, Arianespace a également mis en œuvre le déploiement de cinq petits satellites avec son service de lancement partagé SSMS (Small Spacecraft Mission Service). Ainsi, Vega emportait en passagers auxiliaires un microsatellite d'observation au profit de l'agence spatiale norvégienne, Norsat-3, et quatre cubesats, pour les opérateurs Eutelsat, Spire (deux satellites) ainsi que pour Aurora Insight et NanoAvionics.

Opéré pour la première fois par Arianespace en septembre 2020, le service SSMS est un projet porté par l'équipe d'Europe du spatial. Bénéficiant du financement de l'Agence spatiale européenne (ESA), le service SSMS sera bientôt complété par le MLS, une offre similaire proposée sur Ariane 6, permettant à Arianespace de multiplier les opportunités de lancements à coût abordable pour les petits satellites. Enfin, VV18 est le troisième lancement opéré en 2021 par Arianespace, après le succès des deux lancements Soyuz des 25 mars et 26 avril 2021, depuis la base spatiale de Vostochny, en Russie.

Michel Cabirol

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Commentaires 2
à écrit le 29/04/2021 à 16:30
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Y avait de quoi avoir la trouille, d'autant que le satellite d'observation mis en orbite représente le nec plus ultra en matière de finesse de résolution, faisant jeu égal avec l'équivalent yankee.

à écrit le 29/04/2021 à 15:11
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Gagner et conquérir l'espace. A Ariane Espace et à Ariane 6 et Ariane Next. Vive le spatial en Europe. Les chinois lance un partie de leur station spatiale comme les russes. A la mission Alpha de Thomas Pesquet. Le spatial depuis 60 ans pour la Franc...

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