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Belvédère en voie d'enterrer la hache de guerre avec ses créanciers

Pascale Besses-Boumard

Publié le 14 août 2012 à 10:34 - Mis à jour le 14 août 2012 à 10:46

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Le nouvel homme fort du groupe de spiritueux prépare un accord avec ses créanciers obligataires afin de pouvoir le sortir de l'ornière judiciaire où il est embourbé depuis quatre ans. La vente des marques phares devrait être facilitées et optimisées.

Nouveau rebondissement dans le dossier Belvédère qui n'en est plus à un près : le nouvel homme fort du groupe de spiritueux, Krzysztof Trylinski, qui a pris les commandes de la société en octobre dernier après le départ de Jacques Rouvroy a enfin décidé de négocier avec ses principaux créanciers. Dans un communiqué publié vendredi dernier, la société parle en effet de l'élaboration d'un protocole transactionnel en vue d'un projet d'accord de restructuration avec les créanciers obligataires FRN. Du coup, le dirigeant a demandé la suspension de cotation des titres en Bourse d'ici à la signature effective prévu à la fin du mois d'août.

En procès avec ses créanciers depuis quatre ans

Il était temps. Depuis quatre ans, les dirigeants de Belvédère et ces créanciers obligataires, à la tête d'une créance d'environ 300 millions d'euros, sont en procès. Pendant ce temps, Belvédère s'est mis plusieurs fois en procédure de sauvegarde afin de repousser les échéances. A bout, les créanciers ont fini par obtenir la saisie conservatoire de titres Belvédère, dont ceux de Jacques Rouvroy et Krzysztof Trylinski. Début juillet, le Tribunal de commerce de Dijon a placé en redressement judiciaire les sept filiales du groupe, dont Marie Brizard ou Sobieski, les marques phares de la société. La partie de bras de fer a toujours été très tendue entre ces deux adversaires, Belvédère ayant un moment décrété que la dette de 300 millions d'euros contractée pour financer l'acquisition de Marie Brizard ne le concernait pas.

Nouvelle impulsion de Krzysztof Trylinski

Mais depuis le départ de Jacques Rouvroy, le nouveau patron, pourtant associé du démissionnaire, a décidé d'aborder une nouvelle stratégie, aidé en cela par la mise en place d'une nouvelle équipe de conseillers. Priorité a immédiatement été donnée au désendettement du groupe qui, compte tenu de sa dette principale mais aussi de différentes charges cumule une dette de 600 millions d'euros, soit un poids colossal pour une entreprise réalisant un chiffre d'affaires d'un peu moins d'un milliard d'euros. Il sera donc très intéressant de voir comment les différentes parties prenantes voient le plan de restructuration de cette dette. Celle-ci devrait passer par la cession de plusieurs marques phares mais aussi l'élaboration d'un échéancier de remboursement et pourquoi pas la transformation d'une partie des titres de dette en actions.

Des marques plus facilement cessibles

Et de fait, depuis que les filiales de Belvédère ont été placées en redressement judiciaire, celles-ci pourront être plus facilement cédées. Car tant que la firme était maintenue sous le principe de la procédure de sauvegarde, les transactions n'étaient pas vraiment d'actualité. Surtout, en restaurant un climat plus serein avec ses créanciers, Belvédère se donne les moyens de négocier au mieux ces ventes. Avec l'ambition manifeste d'utiliser une partie du cash récolté pour investir dans la société et ses différents projets. Objectif que le groupe ne pouvait absolument pas envisager à ce jour compte tenu de ses problèmes judiciaires et financiers.

Avenir tout tracé ?

Alors l'avenir de Belvédère est-il donc tout tracé ? Loin de là compte tenu des nombreuses échéances et défis que l'entreprise doit encore relever. Tout dépendra des modalités de l'accord en phase de finalisation avec les créanciers du groupe et des conditions de la reprise d'activité. La nouvelle orientation retenue par Krzysztof Trylinski est toutefois la meilleure nouvelle que le groupe de spiritueux ait envoyée à ses actionnaires depuis quatre ans. A 48,26 euros avant sa suspension de cotation vendredi, le titre affiche une hausse modeste de 0,5% depuis le début de l'année mais aussi un repli de 32% en six mois et surtout une chute de 70% en l'espace de cinq ans.

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Les actionnaires devront valider l'accord de restructuration

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Restent maintenant aux actionnaires à valider cette nouvelle stratégie. L'assemblée générale ordinaire prévue initialement le 3 septembre a été annulée compte tenu des nouvelles annoncées vendredi. Les dirigeants de la société convoqueront les porteurs de titres en assemblée générale extraordinaire dès que l'accord aura été trouvé avec les créanciers obligataires. La rentrée sera animée pour ce groupe habitué aux feuilletons à suspens.

Pascale Besses-Boumard

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