LVMH-Hermès, une bataille de chiffonniers... de luxe

 |   |  694  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Photo Reuters)
Hermès a déposé plainte au pénal contre LVMH pour délit d'initié lors de son entrée surprise à son capital révélée il y a deux ans. Le groupe de Bernard Arnault vient de répliquer en déposant plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

Deux ans après l?entrée surprise de LVMH au capital d?Hermès, la guerre reprend de plus belle entre les deux groupes français de luxe. Le 10 juillet, la maison de luxe de la rue du faubourg Saint-Honoré a déposé plainte à propos des modalités d?entrée de LVMH à son capital, dévoilées en novembre 2010. Cette plainte pour « délit d?initié, complicité et manipulation de cours » est à l?étude au Parquet de Paris. Révélée ce mardi par Charlie Hebdo, dans son édition à paraître ce mercredi, l?information a fait sortir de ses gonds LVMH. Dans la foulée, le groupe de Bernard Arnault a, lui-même, déposé plainte pour « chantage, dénonciation calomnieuse et concurrence illicite » contre Hermès.

Le numéro un mondial du luxe s?offusque que Hermès se « substitue » à l?Autorité des marchés financiers (AMF) et « porte des accusations graves et dénuées de tout fondement sur de prétendus dysfonctionnements de marché ». Le gendarme de la Bourse enquête sur les modalités d?entrée du groupe LVMH au capital du sellier. Mais l?affaire traine. Cette enquête a été ouverte le 5 novembre 2010. Soit il y a près de deux ans.

Société Générale, Natixis et Crédit Agricole agissaient pour le compte de LVMH

A l?époque, par notification à l?AMF, le groupe de Bernard Arnault avait indiqué avoir procédé via des contrats d?equity-swap. De fait, dès 2008, le numéro un mondial du luxe avait demandé à trois banques de ramasser des titres Hermès, avait alors révélé La Tribune. La Société Générale, Natixis et Crédit Agricole ont acheté ces actions pour le compte de LVMH, via une société holding, Sofidiv, jusqu?en dessous de 5%, seuil dont le franchissement doit être déclaré. A l?époque, avait révélé La Tribune, chacun des cadres des trois banques chargés de ces opérations « se doutaient » que d?autres établissements financiers procédaient de même pour le compte de LVMH.

Contrer toute prise de contrôle

Le secret sera gardé jusqu?au dénouement des options en actions, fin octobre 2010. LVMH révèle alors détenir 17,1% du capital de Hermès. Le 23 octobre, un samedi, Bernard Arnault en avertit les actionnaires familiaux d?Hermès par un simple coup de fil, un quart d?heure avant la publication d?un communiqué de presse. Le groupe portera sa participation à 20,21% en décembre, puis à 21,4% en juillet. Depuis, Hermès a créé une holding, H51, rassemblant 50,2% de son capital, sorte de bouclier censé contrer toute prise de contrôle par LVMH, aujourd?hui à la tête de 22,28% du capital. Mais il n?a jamais cessé de s?interroger sur la légalité du mode opératoire qui a permis à LVMH de ramasser des titres sans avoir à notifier le franchissement de seuil au capital d?Hermès auprès de l?AMF.

LVMH rappelle sa « sérénité »

Le sellier de la rue du faubourg Saint-Honoré a toujours dit vouloir aller plus loin. Initialement, il entendait attendre les « conclusions » de l?enquête de l?AMF. «De ses conclusions, nous tirerons les conséquences », avait déclaré Bertrand Puech, gérant d?Hermès International, lors d?un discours fort solennel tenu, le 30 mai 2011, lors de l?Assemblée générale des actionnaires à laquelle précisément assistait Pierre Godé, directeur général de LVMH. Depuis, Hermès a manifestement perdu patience. Sa porte-parole indique que le groupe a aujourd?hui suffisamment d?éléments pour déposer plainte, sans plus de précisions. Hermès n?attendra donc pas les résultats de l?enquête de l?AMF. « Contrairement à Hermès, c?est avec une totale sérénité que LVMH attend le résultat de la procédure en cours », indique lui LVMH, par communiqué, rappelant que « les conditions de son entrée au capital d'Hermès ont été parfaitement régulières ». Reste à savoir quelle suite le Parquet de Paris donnera à la plainte de Hermès.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/09/2012 à 22:50 :
Les agissements habituelles sur les marchés ne date pas de 2008. Demander à la famille Récamier dépossédée de ces titres Vuiton malletier autour des années 1976, maison fondée en 1854. Notre Bernard n'a rien inventé même pas né pour le monogramme de 1896 LV; Juste une pointure supérieure dans la magouille politico financière à notre Bernard Tapie truqueur de match.
a écrit le 04/09/2012 à 20:59 :
Alors là, rien à dire! Bien vu Juliette Garnier pour le titre! ;-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :