Chasse aux bonnes affaires, autoproduction et vente directe... les recettes anti-crise - plus ou moins neuves - s'installent dans les habitudes de consommation alimentaires des Français. Et ce, même si les prix des produits alimentaires ont faiblement augmenté- voire, commencent à reculer.
Payer moins et manger mieux. Tel semble être le credo d'une grande partie des Français, d'après une enquête de TNS Sofres pour le SIAL (Salon de l'industrie agroalimentaire) sur les habitudes alimentaires de ces derniers dont une partie a été publiée ce mercredi.
"Même si ce n'est pas forcément fondé sur des faits, la moitié des Français pensent que depuis les six derniers mois, leur budget alimentaire à augmenté", explique Pascale Grelot-Girard, directrice innovation et compréhension des marchés au sein de l'institut de sondages. Plus précisément, 47% estiment que le budget alimentaire a grimpé, 38% qu'il est stable et 15% qu'il a chuté.
Des prix "perçus" en hausse, malgré la faible inflation
Or, même si la hausse des prix n'est qu'un sentiment diffus et qu'il ne correspond pas à une réalité, il a bien des conséquences sur le comportement d'achat et, plus largement sur les habitudes de consommation.
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Chasser les bonne affaires
Premier effet constaté: l'habitude de chasser les bonnes affaires s'installe. La moitié des personnes interrogées affirment ainsi faire "plus souvent attention qu'avant aux promotions et comparer les prix entre les produits, les marques et les magasin". En outre, pour plus plus des trois quarts des sondés, ce qui prime dans le choix d'un produit alimentaire, c'est son prix. D'où un recours grandissant, du moins pour les familles nombreuses, aux produits en grande quantité (25% des sondés concernés selon TNS Sofres).
Le "fait-maison" n'est décidément pas qu'une mode. De tous résultats de l'enquête TNS Sofres mené en 2014 auprès d'un échantillon représentatif de la population, la plus surprenante est sans doute la suivante: 43% des Français produisent eux-mêmes les fruits, les légumes ou la viande qu'ils consommeront. Bien sûr, il faut compter dans ce total tous ceux qui se contentent d'un pot de basilic sur leur balcon...
Exceptés ces jardiniers du dimanche, un foyer sur trois produit au moins une partie de ses aliments (dont un sur dix ses œufs) Surtout parmi ces "auto-producteurs", quatre sur dix affirment que cette pratique est nouvelle, "un signal faible à prendre en considération", pointe Pascale Grelot-Girard.
Quant à la cuisine "faite maison", elle concernerait un tiers de Français, de plus en plus soucieux de "reprendre la main sur une partie des approvisionnements".
Acheter directement aux producteurs
Enfin, l'usage des nouveaux circuits de distribution s'installe. Au cours des douze derniers mois, près de 25% des Français ont acheté directement leurs produits aux agriculteurs, aux magasins collaboratifs, ou via des réseaux type Amap (association pour le maintien d'une agriculture paysanne), des paniers d'entreprise et des sites internet spécialisés dans la vente directe.
Se fondant sur une acception plus large et une fréquence d'achat plus faible, une enquête menée par Ipsos pour Crédit agricole en février indiquait que 87% ont déjà testé l'achat de produit alimentaire "en direct", confirmant la très large popularité de ces circuits. Ce sont surtout des produits frais qui sont concernés: fruits et légumes, œufs et fromage.
Ce phénomène serait à la fois conséquence de cette pression économique et d'une certaine méfiance des Français amplifiée par les scandales alimentaires, comme la crise de la viande de cheval début 2013 par exemple. Résultat: l'indice de confiance dans les produits alimentaires présents dans les rayons "traditionnels" a chuté de 8 points par rapport à une précédente étude en 2012, indique Pascale Grelot-Girard.