Dov Charney, le controversé fondateur d'American Apparel remercié

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American Apparel a aussi mis fin aux fonctions de consultant de Dov Charney.
American Apparel a aussi mis fin aux fonctions de consultant de Dov Charney. (Crédits : Reuters)
Le Canadien, qui fait l'objet d'accusations de harcèlement sexuel, sera remplacé en tant que PDG du groupe textile par Paula Schneider, ex-BCBG Max Azria.

Il avait déjà été suspendu de ses fonctions de président du conseil d'administration le 19 juin 2014. Dov Charney, fondateur et patron d'American Apparel, chantre du vêtement "Made in USA", a finalement été remercié, a annoncé le groupe mardi 17 décembre.

Il sera remplacé par Paula Schneider, une fine connaisseuse du milieu textile qui a notamment travaillé chez BCBG Max Azria. La nouvelle PDG prendra ses fonctions le 5 janvier.

Des accusations de harcèlement sexuel

Probablement en référence aux accusations de harcèlement sexuel dont son fondateur fait l'objet, le groupe textile, qui a aussi mis fin aux fonctions de consultant de Dov Charney, explique:

"Au vu de l'enquête, le 'comité spécial' a décidé qu'il ne serait pas convenable que M. Charney soit rétabli dans ses fonctions de directeur général, comme responsable voire comme employé de l'entreprise".

En juin, American Apparel expliquait également que la décision d'évincer Dov Charney était la conséquence "de l'enquête en cours sur sa conduite".

>>LIRE: Ce que révèle la lettre de licenciement du sulfureux ex-patron d'American Apparel

25 millions de dollars apportés par Standard General

Le bras de fer entre Dov Charney et le Conseil d'administration qui avait suivi la suspension du PDG avait abouti à un accord en juillet, trouvé via l'intermédiaire du fonds d'investissement new-yorkais Standard General. Celui-ci a repris 44% du capital du groupe dans le cadre d'un partenariat avec le patron déchu. En échange, il a apporté une aide financière de 25 millions de dollars (plus de 20 millions d'euros) au groupe textile pour lui éviter un défaut de paiement.

>>American Apparel se dote d'une "pilule empoisonnée" anti-Dov Charney

La direction intérimaire nommée par les deux parties, conduite par Scott Brubaker, du cabinet de conseil spécialisé dans les entreprises en difficulté Alvarez & Marsa, gardera les rênes jusqu'à l'arrivée de Paula Schneider.

De difficultés financières

Fondé en 1989 à Montréal et désormais basé à Los Angeles, American Apparel a connu une forte croissance, alimentée par des publicités souvent sulfureuses. La société met aussi fortement en avant qu'une partie de sa production reste effectuée depuis son usine californienne.

Mais ses finances battent de l'aile: la société a encore perdu l'an dernier quelque 106,3 millions de dollars sur des ventes de 633,9 millions. Elle avait déjà été déficitaire de 37,3 millions en 2012 et de 39,3 millions en 2011.

Son action, qui avait un temps dépassé les 15 dollars, n'en valait plus que 0,64 le 18 juin, à la veille de la suspension de son PDG, ce qui correspondait à une capitalisation boursière famélique de 111 millions de dollars. Mardi 16 décembre, après l'annonce de l'éviction de Dov Charney, le titre bondissait de 5,17% à 61 cents dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance à Wall Street.

>>American Apparel en pleine tourmente

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