25% de l'empreinte carbone des Français est due à leur alimentation

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Pour couvrir la demande alimentaire des Français, 26 millions d'hectares de surfaces agricoles sont nécessaires (surfaces cultivées, prairies ...) en France ou ailleurs dans le monde, calcule l'étude.
"Pour couvrir la demande alimentaire des Français, 26 millions d'hectares de surfaces agricoles sont nécessaires (surfaces cultivées, prairies ...) en France ou ailleurs dans le monde", calcule l'étude. (Crédits : iStock)
Deux tiers de l'empreinte carbone de l'alimentation des Français sont dus à la phase de production agricole, souligne une étude de l'Ademe.

Ce que les Français mangent a un impact significatif sur leur contribution au réchauffement climatique. Et alors que professionnels, politiques, ONG et Parisiens s'empressent depuis le 23 février au Salon international de l'agriculture, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) fait ses calculs : l'alimentation des ménages de l'Hexagone représente un quart de leur empreinte carbone totale, selon une étude publiée mardi 27 février.

Le méthane et le protoxyde d'azote principaux responsables

La grande majorité (deux tiers) de cette empreinte carbone est due à la phase de production agricole, précise l'Ademe. 44% dépend notamment du méthane lié à la fermentation entérique des ruminants et aux effluents d'élevages, et 34% au protoxyde d'azote, issu principalement de l'usage de fertilisants azotés sur les sols agricoles.

"L'importance de ces émissions, dont la maîtrise est complexe car elles proviennent de processus naturels directement liés au système de production, confirment l'importance du développement des pratiques d'agro-écologie qui permettent de réduire l'empreinte écologique et d'augmenter les stocks de carbone", précise l'agence qui, parmi les exemples, cite "l'optimisation de la fertilisation azotée et une meilleure valorisation des engrais organiques", "l'introduction de couverts végétaux, "le développement de l'agroforesterie", "le maintien et l'optimisation de la gestion des prairies", "la valorisation des déjections en fertilisation et pour produire de l'énergie (méthanisation)".

Et d'ajouter :

"Pour couvrir la demande alimentaire des Français, 26 millions d'hectares de surfaces agricoles sont nécessaires (surfaces cultivées, prairies ...) en France ou ailleurs dans le monde. Cela représente presque l'équivalent de la surface agricole française. Une part significative de ces surfaces sont des prairies qui permettent de stocker du carbone, élément majeur de la lutte contre le changement climatique", ajoute l'agence.

Lire aussi : L'économie circulaire, avenir de l'agriculture ?

Le transport prépondérant dans l'empreinte énergétique

Le transport de marchandises - incluant les trajets longues distances liés à l'import, les trajets métropolitains ainsi que ceux des ménages dédiés à l'alimentation -, représente en revanche "seulement" 19% des émissions liées à l'alimentation en France. Les phases de transformation, de distribution, de restauration et de consommation ne sont responsables que du quelque 15% résiduel.

Deux postes majeurs se partagent, à part quasi-égales, cette consommation : les boissons (52%) et les aliments solides (48%). Ces derniers comptent des fruits et des légumes (33%), des produits céréaliers (30%), des produits laitiers (21%) et d'autres produits animaux (viande, poissons, œufs, 13%).

Mais "la consommation tend de plus en plus vers une alimentation issue de produits transformés avec des repas pris sur le pouce de plus en plus fréquents et la part des produits importés est en augmentation, pouvant atteindre 40% à 50% pour les légumes", regrette l'Ademe, qui souligne les conséquences de ces pratiques sur l'impact carbone de l'alimentation, et invite à privilégier "les produits locaux et de saison" et à manger "moins de viande mais de meilleure qualité et issue d'élevages de proximité".

Les transports jouent d'ailleurs un rôle prépondérant (31%) dans une autre empreinte de l'alimentation, celle énergétique, "davantage répartie sur l'ensemble de la chaîne agro-alimentaire". Au total, la consommation globale d'énergie lié à l'alimentation est de 367 TWh, soit 23% de l'énergie finale consommée par les Français.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/02/2019 à 18:55 :
Toute les idées reçus sont là! On parle de production du carbone mais sans parler de son absorption par le sol dans le but d'augmenter la production alimentaire! Le cycle du carbone existe mais les mauvaises pratiques imposés depuis des décennies aux paysans n'ont qu'accentué son non recyclage!
a écrit le 28/02/2019 à 16:10 :
La vie, humaine, animale ou végétale, est complètement liée au carbone et à sa chimie dite organique. Rien d'étonnant que tout vivant, français ou pas, ait une empreinte carbone. Taxer le carbone, c'est taxer la vie et le bonheur de vivre. Mieux vaudrait cesser de développer la blockchain, hyper consommatrice d'énergie, pour contrôler les échanges financiers, que contrôler la circulation de l'alimentation.
a écrit le 28/02/2019 à 16:09 :
L'idéal serait donc de pouvoir rentrer chez soi le midi pour manger le contenu de son jardin (bio..) avec un peu de viande achetée sur le marché local.

Sauf que ça, c'était le mode de vie des mes grands parents (génération 1900-1990) qui étaient des ruraux se contentant de l'essentiel.

A force de devoir aller chercher du travail de l'autre coté de la rue, plus personne ne peut rentrer chez lui le midi, et ceux qui peuvent encore ont rarement un potager et encore moins le temps de cuisiner.

C'est joli le temps passé...
a écrit le 28/02/2019 à 13:59 :
Quid des yaourts qui font 1000km ? Les miens viennent de ma ville, lait de Savoie donc pas trop loin, mais cheeers. Pot (en PS) de Suisse je crois.
Pire tout ce que la GB importe, ça en fait des trajets vu que c'est extérieur à leur pays (avant ça venait du Commonwealth, pas mieux).
Quand on parle de moins manger de viande c'est également consommer moins de lait, vu que le bœuf qu'on achète c'est souvent de la vache laitière en fin de vie.
On construit de plus en plus mais si le bio a un rendement moindre que l'agriculture "classique", on en a besoin de plus de surface à cultiver, ça va à l'envers.

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