Carrefour salue des résultats "encourageants" et relève son objectif d'économies

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Le groupe est parvenu à stabiliser sa rentabilité opérationnelle à 2,5% grâce à des baisses de coûts qui ont atteint 1,05 milliard d'euros.
Le groupe est parvenu à stabiliser sa rentabilité opérationnelle à 2,5% grâce à des baisses de coûts qui ont atteint 1,05 milliard d'euros. (Crédits : REGIS DUVIGNAU)
Le groupe commence "à voir les effets de la puissance dynamique de transformation engagée", selon son Pdg Alexandre Bompard.

Carrefour a redressé la barre en 2018 grâce à ses performances au Brésil et il a affiché jeudi sa confiance dans la pertinence de son plan stratégique lancé il y a un an en relevant certains de ses objectifs, notamment en matière de réductions de coûts. Le premier distributeur européen a vu son résultat opérationnel courant (le ROC), l'indice référence du secteur de la distribution, progresser de 4,6% à taux de changes constants, après une chute de 17% en 2017, les solides résultats de la filiale brésilienne ayant permis de compenser un nouveau décrochage en France, où les hypermarchés restent à la peine.

Des économies de coûts très surveillées par les investisseurs

Le groupe est parvenu à stabiliser sa rentabilité opérationnelle à 2,5% grâce à des baisses de coûts qui ont atteint 1,05 milliard d'euros. Il a annoncé porter son objectif d'économies à 2,8 milliards d'euros d'ici à 2020, contre 2 milliards auparavant.

Après les économies liées aux suppressions de postes dans ses sièges, à la cession des ex-magasins Dia déficitaires ou à la rationalisation de ses achats non marchands, Carrefour mise notamment sur les effets de son alliance dans les achats avec Système U et Tesco, attendus à partir de cette année.

Très surveillées par les investisseurs, les économies de coûts doivent permettre à Carrefour de baisser ses prix, notamment en France où la concurrence reste féroce, tout en préservant ses marges.

Carrefour a également musclé ses objectifs de réduction de surfaces de ses hypermarchés (à 400.000 m2), de simplification de ses assortiments (à 15%, contre 10% auparavant) et d'ouvertures de formats de proximité (à 3.000 contre 2.000). Les prévisions concernant le e-commerce, le bio et les cessions d'actifs non stratégiques ont en revanche été confirmées.

Les hypermarchés français plombent la rentabilité

"Nous commençons à voir les effets de la puissante dynamique de transformation engagée", a déclaré à la presse Matthieu Malige, directeur financier, lors d'une conférence téléphonique.

Pour le Pdg Alexandre Bompard, interrogé jeudi matin sur RTL, "Carrefour va mieux, beaucoup mieux": évoquant des résultats "qui sont à la fois solides et encourageants", il a rappelé que le groupe avait passé une "année très dense" à se transformer pour s'adapter "aux exigences des clients, (au) prix bas, (à) la qualité alimentaire, (aux) services".

Lire aussi: Le business de la transition alimentaire

"On devance même un certain nombre de nos objectifs", s'est-il félicité.

Mais Carrefour doit impérativement redresser ses hypermarchés français, qui comptent pour près de 25% de son chiffre d'affaires et dont les contre-performances plombent sa rentabilité.

En France, le résultat opérationnel a chuté de 33% à 466 millions d'euros, pour une marge en retrait de 60 points de base à 1,3%. A l'inverse, la marge a atteint 5,7% en Amérique latine grâce au Brésil, où Carrefour profite d'un retour de l'inflation sur les produits alimentaires et des performances de ses formats de semi-gros Atacadão. En Asie, les réductions de coûts ont permis de dégager un résultat positif malgré un résultat opérationnel toujours déficitaire en Chine, où la baisse des ventes se poursuit alors que le groupe redouble d'efforts pour s'adapter à la digitalisation massive du marché local.

Des chiffres positivement accueillis par le marché

Le ROC a notamment atteint 1,94 milliard d'euros (avant normes IAS 29), un chiffre légèrement supérieur au 1,93 milliard d'euros auquel le groupe avait dit s'attendre en janvier et en recul de 3,4% en données publiées pour cause de baisse du real brésilien. Le résultat net part du groupe repasse dans le vert, à 802 millions d'euros (consensus de 757 millions d'euros établi par Infront Data pour Reuters), après une perte de 531 millions un an auparavant liée à des charges exceptionnelles massives. Le cash-flow libre, hors éléments exceptionnels, progresse de 14% à 1,088 milliard et la dette nette s'établit à 3,7 milliards, contre 3,74 milliards.

Ces chiffres ont été positivement accueillis par le marché, le titre Carrefour progressant de plus de 2% à 17,97 euros dans les premiers échanges, signant une hausse de plus de 22% depuis le début de l'année, après une chute de 18% en 2018. Il cède encore environ 18% depuis l'arrivée d'Alexandre Bompard à la tête du groupe, le 18 juillet 2017. Le dividende proposé est stable à 0,46 euro.

A la Bourse de Paris, vers 11h20, le cours de l'action Carrefour continuait de s'apprécier, atteignant 2,79%, à 18,04 euros.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2019 à 13:25 :
""à voir les effets de la puissance dynamique de transformation engagée""

Vous ne pourriez pas dire aux dirigeants économiques d'arrêter de parler comme els dirigeants politiques qui leurs sont soumis svp ?

C'est du plus mauvais effet ne pouvant que nous imposer de nous méfier.

Quel monde insipide peinturluré seulement de langage déformé.

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