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Le Nutri-Score encore largement absent de certains rayons

latribune.fr

Publié le 12 avril 2023 à 06:30 - Mis à jour le 12 avril 2023 à 06:40

nutriscore

Selon l'UFC Que Choisir, lorsque l'étiquetage « est majoritairement présent dans un rayon, les recettes s'améliorent du point de vue nutritionnel ».

Reuters

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Si, depuis 2015, l'affichage du Nutri-Score a incité les industriels à modifier leurs recettes et améliorer la valeur nutritionnelle de leurs produits, la part des marques nationales refusant toujours de l'afficher couvre, selon une enquête d'UFC Que Choisir, qui plaide pour le rendre obligatoire, encore près des deux tiers des volumes des ventes.

Faut-il rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score dans les rayons de nos magasins ? C'est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivée l'UFC Que Choisir après avoir comparé la répartition globale des labels en 2015 et en 2022, pour sept familles de produits.

Lorsque l'étiquetage « est majoritairement présent dans un rayon, les recettes s'améliorent du point de vue nutritionnel », et à l'inverse, « quand il est peu affiché, la piètre qualité nutritionnelle des rayons stagne », a constaté l'association de défense des consommateurs.

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Ainsi pour les produits de type pains de mie et biscottes, les barres céréalières et les céréales du petit-déjeuner, produits pour lesquels nombre de grandes marques nationales l'ont adopté, l'UFC a relevé une « amélioration très significative » de la proportion des Nutri-Score favorables (classes 'A', 'B' et 'C'), dans son étude. Au-delà de ces sept familles, les recettes d'autres produits, comme les plats préparés, se sont améliorées aussi grâce au Nutri-Score : les graisses saturées ont diminué de 12% dans ceux d'Intermarché (44 références) et de 21% dans ceux de Lidl (18 références), par exemple.

En revanche, dans quatre autres rayons où le Nutri-Score est « encore très peu présent » - « peu d'améliorations ont été constatées », dit l'association. Il s'agit des biscuits et gâteaux industriels, des produits chocolatés, des sauces, des glaces et sorbets.

Pour les biscuits et gâteaux, les marques rejetant le Nutri-Score raflent 83% du marché : Bahlsen, Ferrero (Nutella, Kinder, Delacre...) Mondelez (Cadbury, Lu, Milka, Oreo, Pepito, Suchard...) et Yildiz Holding (BN). C'est 90% pour les producteurs de glaces et sorbets: General Mills (Häagen-Dazs), Ferrero (Kinder), Mars Inc (Mars, Bounty, Snickers), Mondelez (Milka, Oreo), Unilever (Carte d'Or, Ben&Jerry, Magnum).

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Or, pour l'UFC Que Choisir, « ce refus de pans entiers de l'industrie alimentaire d'afficher le Nutri-Score (...) prive les consommateurs d'un outil d'autant plus nécessaire que l'offre est particulièrement déséquilibrée dans ces rayons ». Ainsi, « six ans après le choix par la France du Nutri-Score comme modèle officiel, la part des marques nationales refusant d'afficher le logo (...) couvre près des deux tiers des volumes des ventes », déplore l'UFC, souhaitant que le Nutri-Score devienne obligatoire, en France comme dans l'Union européenne.

Le Bleu d'Auvergne agacé d'être classé E

Du côté des producteurs, certains s'agacent de voir leurs produits relégués au bas du classement. « Comment expliquer que le bleu d'Auvergne soit classé E alors que des frites avant leur cuisson dans l'huile sont notées A ? », s'interroge Sébastien Ramade, président de l'association des fromages AOP d'Auvergne qui produit 38.000 tonnes par an (soit 20% des fromages AOP au lait de vache). L'association auvergnate demande donc leur exclusion du système d'étiquetage.

« Le Nutri-Score pousse les industriels à modifier leurs recettes (... ), alors que nous ne pouvons pas le faire. Notre logo, notre cahier des charges suffisent à rassurer le consommateur », estime le responsable, également producteur de saint-nectaire. « Si on diminuait le taux de sel, on sait très bien qu'on aurait des fromages au goût altéré et des problèmes de conservation », assure Nicolas Cussac, qui fabrique 25.000 kilos par an de bleu et de fourme d'Ambert.

L'étiquetage harmonisé a été repoussé par l'Europe

Au-delà de la France, l'obligation du Nutri-Score sur tous les produits est une idée qui fait son chemin en Europe. L'organisation EUPHA, qui représente quelque 39.000 professionnels de santé européens du secteur public a, en effet, demandé à la Commission de proposer « de toute urgence une législation imposant que les aliments soient étiquetés avec le Nutri-Score sur une base obligatoire dans toute l'UE », indique-t-elle dans un communiqué.

Elle estime « urgente » la mise en œuvre d'un dispositif, car « plus de la moitié des adultes de l'UE sont en surpoids ou obèses, ce qui entraîne une augmentation des maladies chroniques telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l'hypertension et les maladies coronariennes ». Elle rappelle aussi que les régimes alimentaires malsains « entraînent plus de 950.000 décès et la perte de plus de 16 millions d'années de bonne santé chaque année », les difficulté touchant tout particulièrement les catégories socio-professionnelles les plus modestes.

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« Même si aucun système ne peut jamais être décrit comme parfait pour toutes les parties prenantes », l'EUPHA juge que le Nutri-Score est « la seule option viable pour une mise en œuvre rapide » d'un dispositif harmonisé dans l'Union européenne, ne serait-ce que parce que cet étiquetage est déjà adopté par « un nombre croissant d'Etats membres ». Mais ce système est vivement critiqué par certains Etats, dont l'Italie, et l'adoption d'un étiquetage harmonisé a finalement été repoussée à une date indéterminée en 2023.

(Avec AFP)

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