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Marché du sucre : les prix au plus haut depuis 13 ans

latribune.fr

Publié le 06 octobre 2023 à 15:58 - Mis à jour le 06 octobre 2023 à 16:38

En septembre, l'indice des prix du sucre calculé par la FAO a grimpé de 9,8% sur un mois.

En septembre, l'indice des prix du sucre calculé par la FAO a grimpé de 9,8% sur un mois.

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Les prix du sucre dans le monde ont atteint en septembre un niveau jamais vu depuis 13 ans. En cause, le phénomène climatique El Niño qui provoque des sécheresses en Thaïlande et en Inde, parmi les plus gros exportateurs mondiaux de cette denrée essentielle pour l'industrie agroalimentaire.

Nouvelle illustration de l'impact des anomalies climatiques sur le marché des denrées alimentaires de base.

 Ce vendredi, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a indiqué que les prix du sucre dans le monde ont atteint en septembre leur plus haut niveau en 13 ans.

En cause, les inquiétudes du secteur sur l'impact du phénomène climatique El Niño, qui provoque notamment des sécheresses plus intenses sur certaines zones du globe comme la Thaïlande et en Inde, qui voient leurs récoltes impactées. Ces deux pays sont respectivement deuxième et troisième exportateurs de sucre mondiaux.

L'indice des prix du sucre calculé par la FAO a ainsi grimpé de 9,8% sur un mois. Sur le marché à terme de New York, le sucre a atteint son plus haut niveau depuis l'année 2011 à 27,7 centimes de dollar par livre.

Resserrement de l'offre et hausse du pétrole

L'inquiétude créée par El Niño fait craindre « un resserrement de l'offre mondiale pendant la prochaine campagne (2023-2024) », explique l'agence dans son rapport mensuel. De premières estimations laissent entrevoir une baisse de la production en Thaïlande et en Inde.

L'organisation pointe aussi du doigt la hausse récente des cours du pétrole.

 Un prix élevé de l'or noir incite en effet les producteurs à transformer une partie de leur récolte en éthanol, ce qui réduit la quantité de sucre sur le marché et fait monter les cours. Afin de réduire ses émissions de CO2, l'Inde investit d'ailleurs sur ce carburant végétal. Le pays veut augmenter son volume d'

éthanol dans ses carburants de 10 % à 20 % d'ici à 2030 afin de réduire son bilan carbone.
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Les prix alimentaires repartent à la hausse à cause de la fin de l'accord céréalier (FAO)

Selon la FAO, le bond des prix du sucre a toutefois été limité par « le volume important de la récolte qui a lieu actuellement au Brésil (le premier producteur et exportateur mondial, ndlr) dans des conditions météorologiques favorables ainsi que par l'affaiblissement du réal brésilien face au dollar américain ».

Céréales, riz et blé plus stables

L'indice FAO du prix des céréales a augmenté de 1%, tiré par la hausse de 7% des prix du maïs après sept mois de repli.

 La raison, selon l'agence onusienne :

 la forte demande pour la récolte brésilienne, des ventes ralenties en Argentine et une hausse des prix du fret fluvial aux Etats-Unis due au bas niveau du fleuve Mississippi.

L'indice FAO des prix du riz, qui avait bondi à son plus haut niveau en 15 ans en août, s'est légèrement tassé 

(-

0,5%) sous l'effet d'une moindre demande à l'importation. La FAO a par ailleurs relevé ses prévisions concernant la production mondiale de céréales en 2023, à 2.819 millions de tonnes, ce qui constituerait un record.

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Le blé français face au défi du blé russe et ukrainien

Cette révision est portée par le relèvement des estimations pour le blé, avec de meilleurs rendements attendus en Russie et en Ukraine grâce à des conditions météorologiques favorables. Les prévisions sur la production de blé au Canada ont en revanche été abaissées, un « temps sec généralisé perdurant dans les principaux Etats producteurs que sont l'Alberta et le Saskatchewan ».

 Les prévisions sur les récoltes de blé en Argentine et au Kazakhstan ont aussi été révisées à la baisse.

Prix alimentaires dans le monde en repli

Du côté des prix alimentaires mondiaux dans leur ensemble, l'heure est aussi à plus de sérénité en septembre, avec un repli des prix des huiles (-3,9%), des produits laitiers (-2,3%) et de la viande (-1%), compensant la hausse des prix du sucre et du maïs, a précisé la FAO.

L'indice FAO des prix des denrées alimentaires, qui suit la variation des cours internationaux d'un panier de produits de base, s'affiche, à date, en baisse de 10,7% sur un an et de 24% par rapport au pic de mars 2022, juste après l'invasion russe de l'Ukraine.

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Les céréaliers français inquiets

Les céréaliers français, estimant être confrontés à « un profond changement de paradigme du commerce international » depuis la guerre en Ukraine, ont appelé mi-septembre le gouvernement à repenser son approche des marchés.

« On est rentré il y a trente ans dans un système de mondialisation globale, avec des marchés à terme à Chicago et une Organisation mondiale du commerce sanctionnant les opérateurs ne respectant pas les règles », avait expliqué à l'AFP Eric Thirouin, président de l'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB), à l'AFP.

Les céréaliers disent souffrir des cours de blé globalement en chute : en un an, le cours du blé a baissé de 410 euros la tonne à 225 euros fin mai, pendant que les charges, notamment le coût des engrais, bondissaient, selon l'AGPB. « Les cours actuels ne permettront donc pas de couvrir les coûts de production, créant un effet ciseaux potentiellement dévastateur pour de nombreuses exploitations », avait affirmé l'AGPB dans un communiqué.

(Avec AFP)

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