ESSAI AUTO Volkswagen Golf cabriolet, le plaisir rationnel

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Un cabriolet est souvent synonyme de frivolité, voire de déraison. Pas ici. La Golf conjugue plaisir et rationalité, avec une qualité de fabrication remarquable, un petit moteur sympathique et sobre, un comportement routier sûr et plaisant. Bravo.

Allez, avouons-le d'emblée : la Golf cabriolet nous a ravi ! Depuis la première mouture de 1979, c'est un "classique". 680.000 unités ont été fabriquées jusqu'en 2002, date à laquelle le modèle a disparu de la gamme au profit des Beetle cabriolet et de l'Eos. Mais, coucou, revoilà la Golf à capote ! Cette dernière version représente la quintessence du savoir-faire de la marque de Wolfsburg. Ligne sobre, sans fioritures, Loin des chichis prétentieux et tocs de bien des concurrentes, l'allemande est d'une élégance rare. Un cocktail d'équilibre, de discrétion, d'intemporalité. En plus, la voiture s'identifie immédiatement comme une Golf. Parfait.

Finition remarquable

A l'intérieur, c'est tout aussi clair, propre, rigoureux, sans excès. Juste ce qu'il faut, là où il le faut. Certains lui reprocheront son traditionalisme, d'autres loueront la netteté, l'ergonomie de l'ensemble. Pas la peine de se prendre la tête pour mettre en route un autoradio ou régler une climatisation. Nous, on aime. La position de conduite est bonne, avec des réglages simples, facilement repérables. Et, une fois de plus, saluons la remarquable qualité de finition. Matériaux solides, assemblages précis. Tout cela donne l'impression rassurante de devoir vieillir sans encombres. Aucun autre constructeur généraliste n'arrive à un tel résultat, très loin de là. Une Ford, une Alfa, une Toyota, font toc à côté. Une Citroën DS4 semble un peu frêle, "plastoc", en comparaison. En contrepartie, tout cela est austère, pas très gai. Ca manque de chaleur, surtout dans notre version de base à sièges noirâtres. Mais une telle qualité nous fait tout lui pardonner. On en a pour son argent.

Décapotage rapide

Rapide à décapoter et capoter, la Golf cabriolet est dotée d'un toit souple en toile. On peut actionner le système électrique jusqu'à 30 kilomètres-heure. Certes, une telle capote rend l'engin sensible au vandalisme par rapport aux rivales à toit rigide escamotable. Mais ce choix permet des lignes fluides et compactes, tout en autorisant un coffre digne de ce nom une fois la capote dépliée. A noter, toutefois, un défaut : l'ouverture de la malle est petite, peu pratique, contrepartie d'un arrière court. En plus, on a du mal à la fermer... Comme sur une Peugeot 308 CC !

Petit moteur à essence sympathique

"Notre" Golf premier prix est équipée du nouveau petit moteur TSI à essence 1,2 et 105 chevaux. A priori, nous étions sceptiques. Eh bien, à tort ! Les démarrages sont certes poussifs. Et, au-dessous de 1.500 tours, la mécanique n'est pas très agréable, avec quelques à-coups. Il faut même faire légèrement patiner l'embrayage pour lui donner le temps de se réveiller. Mais, au-dessus de ce régime, et, mieux encore, de 2.000 tours, ce petit moteur linéaire se révèle étonnamment vif et plaisant. Presque une sportive. Avec une plage d'utilisation plus large qu'un diesel. Et la rugosité en moins. On s'imagine disposer de 130, voire 140 chevaux, dans les accélérations vers les 3 à 4.500 tours. Très bien, ce petit moteur, même s'il est un peu à la peine dans les embouteillages en ville ! La boîte de vitesses est pour sa part un régal de précision et de douceur. Heureusement, car il faut souvent relancer la mécanique en rétrogradant. Enfin, ce qui ne gâche rien, si ce moteur est moins sobre qu'un diesel, il reste économique. Avec l'avantage d'une plus grande simplicité. Rappelons que les moteurs à essence, aujourd'hui, sont plus fiables que les diesels et bénéficient d'un entretien moins onéreux. Ajoutons que, s'ils émettent plus de C02 (gaz à effet de serre), ils sont aussi moins polluants ! Pas de particules sur une mécanique à essence ! Même si nos pouvoirs publics, qui les défavorisent en ne tenant compte que du C02, semblent l'ignorer...

Comportement routier sûr

Pour un cabriolet, qui plus est sans arceau de sécurité, la rigidité de la caisse est incroyable. Elle a reçu de nombreux renforts. Il n'y a que peu de craquements sur route en mauvais état. Rien à voir avec une Volvo C70, par exemple ! Le comportement routier est en conséquence sûr, précis, agréable. Les virages sont un régal. Les suspensions sont assez fermes, à l'allemande, mais le confort est préservé. Du moins sur notre modèle d'essai en version de base, doté en série d'une monte pneumatique classique. Les versions haut de gamme reçoivent, elles, des pneus "sport" plus tape-cul... Le marketing a des desseins impénétrables.

Prix compétitif

Ce cabriolet (4,24 mètres de long à peine) est très compact. Il se gare donc facilement. Comptez vingt centimètres de moins que son cousin à toit rigide escamotable Eos. A 24.390 euros, le moins cher des cabriolets Golf est accessible. On a en série la climatisation manuelle, le radar de stationnement avant et arrière - au bip-bip exaspérant -, les rétroviseurs électriques et dégivrants. Et pas grand-chose de plus. Mais c'est l'essentiel. Notons l'escroquerie de Volkswagen sur la peinture : on a droit à un seul coloris (blanc) de série. Tous les autres sont en option ! Pour 2.000 euros supplémentaires, la définition Carat donne accès à la climatisation automatique, aux sièges avant au revêtement en tissu-alcantara, aux grandes jantes avec pneus à flancs bas (inutiles). Bref, pas grand-chose d'intéressant. Au sommet, la Carat Edition offre, quant à elle, une sellerie en cuir avec plusieurs coloris au choix et le GPS. Mais cette définition n'est disponible qu'à partir de la motorisation 1,4 de 160 chevaux (32.140 euros).

Recommandable sans arrière-pensée

La Golf, notamment en version d'entrée de gamme, est donc une proposition extrêmement intéressante, fort réussie en conception et en fabrication, très recommandable au final pour ceux qui veulent une décapotable classique à toit en toile. Sans se ruiner. Un véhicule superbement homogène, qui se revendra bien et jouira de la réputation légendaire de la marque. Mais, contrairement à ce que laisse croire son image en béton, acheter une Volkswagen ne constitue pas une assurance tous risques contre les pannes. Même si celles-ci sont plutôt moins fréquentes que sur les concurrentes, les Volkswagen ont aussi des soucis de fiabilité. Et le réseau en France n'est pas des meilleurs... malgré les progrès effectués récemment.


Modèle d'essai : Volkswagen Golf cabriolet 1,2 TSI : 24.390 euros
Puissance du moteur : 105 chevaux (essence)
Dimensions : 4,24 mètres (long) x 1,78 (large) x 1,42 (haut)
Qualités : finition remarquable, ergonomie, élégance, très bon comportement routier, excellente boîte de vitesses, moteur vif...
Défauts : ... mais pénible au démarrage, coffre peu pratique, radar de stationnement exaspérant, capote en toile exposée
Concurrentes : Mazda MX5 1,8 MZR Elégance : 23.300 euros ; Peugeot 308 CC 1,6 VTi Sport : 25.250 euros

Note : 15,5 sur 20

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