La crise de PSA en direct : Safran prêt à reprendre 400 salariés

Suivez en direct les réactions et commentaires des syndicats, de la classe politique et des dirigeants après l'annonce de la suppression de 8000 emplois et de l'arrêt de l'usine d'Aulnay-sous-Bois par PSA.

12 mn

Manifestation d'employés de PSA devant le siège de la compagnie, à Paris, le 28 juin 2012. Copyright Reuters
Manifestation d'employés de PSA devant le siège de la compagnie, à Paris, le 28 juin 2012. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)

20h00 - Le groupe d'électronique et de défense Safran étudie l'embauche de 400 salariés du groupe automobile PSA Peugeot Citroën, a déclaré sur Europe 1 le directeur général délégué de Safran, Dominique-Jean Chertier. Toutefois, ces embauches ne viendront pas nécessairement contrebalancer les suppressions de postes annoncées jeudi. "Nous recherchons des personnels qualifiés (...), dès le mois d'avril, on a sélectionné des profils, fait des propositions, pour un objectif d'environ 400 personnes qui vont de l'ouvrier très qualifié à l'ingénieur", a déclaré Dominique-Jean Chertier.

19h15 - Parmi les 8000 postes supprimés, 579 se situeraient à Sochaux, selon la CGT, qui s'appuie sur des documents fournis par sa direction. 369 seraients supprimés dans le secteur de la Recherche et Développement, 200 dans le secteur de la production et 10 autres dans divers services. "C'est à Sochaux que l'industrie automobile française a démarré et tout le monde se pensait protégé de la crise, mais maintenant, même Sochaux est impacté", a déclaré à l'AFP Pascal Pavillard, secrétaire général FO à PSA Sochaux.

19h00 - Les salariés PSA qui perdront leur emploi pourraient se voir reclassés dans des entreprises où l'Etat possède une participation. Le secteur aéronautique notamment, a manifesté son intérêt pour les ingénieurs et les techniciens de PSA. "L'automobile détient des compétences qui sont susceptibles d'intéresser l'aéronautique, notamment dans l'ingénierie et dans la chaîne d'approvisionnement", a déclaré Thierry Baril, directeur des ressources humaines d'EADS.

18h30 - Le titre PSA a remonté légèrement en fin de séance pour terminer à 7,02 euros (-1,74%) à la clôture de la Bourse.

18h15 - François Hollande a téléphoné à son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, pour leur faire part de sa "vive préoccupation" au sujet du plan de 8.000 suppressions de postes de PSA , a indiqué l'Elysée à l'AFP. Le président de la République a demandé à ses ministres de tout mettre en oeuvre pour limiter les conséquences sociales de ce plan.

18h- Les politiques profitent de la crise sociale qui touche PSA pour se critiquer entre eux.

Bernard Accoyer. "Les difficultés que traversent PSA (...) sont le reflet de la baisse de la compétitivité de notre industrie dans la compétition économique internationale" a t-il déclaré dans un communiqué. L'ancien président de l'Assemblée nationale rappelle que la majorité précédente avait pris des décisions "fortes et adaptées pour réduire le coût du travail", avec notamment la TVA antidélocalisation ou les heures supplémentaires défiscalisées. Il dénonce le démantelage de ces dispositifs par le gouvernement Ayrault, qu'il accuse de faire preuve de "dogmatisme".

François Rebsamen. "Il faut exiger de la direction de PSA qu'il y ait un dialogue social sincère et transparent qui fasse que l'emploi durable soit maintenu le plus possible et deuxièmement maintenir l'activité automobile industrielle dans notre pays", a déclaré le président du groupe PS au Sénat sur le plateau de France 3. Il ajoute que le nouveau gouvernement a hérité d'un plan social "retardé, repoussé et caché".

Valérie Pécresse. L'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur appelle le président de région Jean-Paul Huchon à mettre en place "un plan d'urgence mobilisant toutes les compétences de la région en matière de développement économique et de formation professionnelle pour soutenir les 3000 salariés du site d'Aulnay-sous-Bois.

17h10 - Pierre Moscovici déplore la suppression des 8000 postes chez PSA et souhaite "que personne ne soit laissé sur le carreau". "Il faut donner des réponses structurelles à la fois à la situation de cette entreprise et à la situation de la filière toute entière car derrière les constructeurs, il y a les sous-traitants, dont le sort est étroitement lié à PSA", a ajouté le ministre de l'Economie et des finances.

17h00 - Karl-Friedrich Stracke, le président du directoire d'Opel démissionne pour "prendre des fonctions spéciales" au sein de la société mère General Motors, annonce l'agence Reuters. Il assumera "l'interim à la tête des opérations européennes de GM", précise Opel dans un communiqué. Fin février, le groupe automobile américain avait officialisé son alliance avec PSA. 7% du capital de PSA est détenu par GM à ce jour.

16h40 - Le titre PSA perd 2,74% à 6,94 euros à la Bourse de Paris, soit son plus bas niveau historique depuis 1989.

16h20 - Nouvelles réactions de la classe politique.

Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre a déclaré voir dans la grave situation de l'industrie une justification du renouveau du dialogue social symbolisé par la "grande conférence sociale" du début de la semaine. "Trouvez-vous normal que les représentants des salariés ne soient pas présents dans les conseils d'administration pour être informés en amont des stratégies des entrepreneurs qui souvent pour des raisons de court terme, financières, envoient dans le mur des groupes industriels ?", a-t-il dit aux sénateurs. "Cette façon de faire est terminée, nous voulons tourner la page".

Marie-George Buffet. La députée communiste de Seine-Saint-Denis a réclamé au gouvernement une loi contre les licenciements dans les entreprises rentables, applicable dès ce mois-ci. "PSA nous déclare la guerre", a t-elle déclaré.

Marine Le Pen. La présidente du Front national demande à l'Etat de soutenir l'industrie française "en la protégeant de la concurrence internationale déloyale".

15h40 - Benoit Hamon a déclaré à propos de PSA que "la réalité d'une entreprise qui perdait de l'argent a été délibérément masquée". Le ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire a qualifié l'annonce par l'entreprise de 8000 suppressions de postes de "catastrophe". "C'est une décision très grave, ce sont des familles entières qui sont anéanties par la perte d'un emploi, c'est une catastrophe qui répond à des fautes d'anticipation, des fautes stratégiques sur le plan industriel", a-t-il insisté.

15h20 - Arnaud Montebourg a affirmé devant le Sénat que "le gouvernement n'accepte pas en l'état" le plan de restructuration présenté par PSA. Le ministre du Redressement productif a nommé un expert, Emmanuel Sartorius, qui doit examiner la situation financière du groupe privé. "Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire", a t-il poursuivi. Un premier diagnostic est attendu pour fin juillet.

15h - La Commission européenne s'est dite prête à examiner avec le gouvernement français ses demandes de soutien à l'emploi, suite à la suppression des 8000 postes chez PSA. "La Commission est prête à considérer des demandes des autorités françaises, soit sur la base du Fonds européen de mondialisation soit sur la base du Fonds social européen", a déclaré au cours d'un point de presse Jonathan Todd, porte-parole du commissaire européen chargé de l'emploi, Laszlo Andor. "Il faudrait que la France prouve que les licenciements étaient dus aux effets de la mondialisation", a-t-il ajouté.

14h30 - Le mouvement EELV Bretagne préconise la réduction du temps de travail pour maintenir l'activité sur le site de la Janais (Rennes) où une suppression de 1.400 postes sur un total de 5.600 salariés de l'usine a été annoncée. "Il est possible de maintenir l'activité sur le site de la Janais, tout en conservant sur place les compétences. Cela passe notamment par la mise en place de solutions inspirées du Kurzarbeit, un programme public qui, en Allemagne, a permis de protéger un grand nombre d'emplois industriels en réduisant le temps de travail (la rémunération des salariés étant complétée sur fonds publics)", explique dans un communiqué EELV.

13H - Le ministère du Redressement productif et la préfecture d'Ile-de-France ont démenti la convocation dans l'après-midi d'une réunion avec Pôle emploi sur PSA , annoncée par une source syndicale du service public de l'emploi.
"Cet après-midi, la direction régionale Ile-de-France est convoquée par le préfet de région avec le commissaire en charge de la restructuration industrielle - les équipes du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg - pour parler de la collaboration de Pôle emploi dans les mesures de reclassement des salariés de PSA ", a indiqué la source syndicale de l'opérateur de l'Etat à l'AFP. Suite à la conférence de presse de Philippe Varin, le cours de l'action prenait 0,30 % à 13h36.

Réaction de Jean-Claude Mailly. Le secrétaire général de Force ouvrière, a affirmé que les salariés de PSA paient la facture des "erreurs stratégiques" du groupe et a demandé à l'Etat d'intervenir rapidement. Selon lui, "les salariés de PSA sont en train de payer la facture des erreurs stragégiques" du groupe à l'international, notamment en Chine" et le paient "très cher".
Les élus FO au CCE du groupe PSA Peugeot Citroen "vont demander la nomination d'un expert lors de la prochaine réunion extraordinaire du CCE", a indiqué M. Mailly. "Il s'agit d'une purge sévère", a-t-il rénchérit.

10 H - Conférence de presse de Philippe Varin. Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a promis à la sortie de la conférence de presse en marge du comité central d'entreprise extraordinaire, que "personne ne [serait] laissé au bord du chemin." "Nous sommes conscients de nos responsabilités au coeur du tissu industriel français" a t-il déclaré. Par ailleurs, une entrée de l'Etat au capital n'est pas à l'ordre du jour, "le groupe ayant des sécurités financières suffisantes", a précisé Philippe Varin. Le patron de PSA a ajouté que l'entreprise annoncerait un plan de réduction de ses dépenses d'investissement lors de la présentation de ses résultats, le 25 juillet. "Le groupe est face à un tsunami commercial en Europe, nous sommes à l'épicentre. Je suis absolument déterminé à mener le plan, c'est la seule voie possible pour le groupe."

PSA révèle par ailleurs une perte nette au premier semestre 2012 de 700 millions d'euros, due "aux mauvaises performances de sa division automobile". Le constructeur table sur un recul du marché automobile européen de 8% cette année et de 10% pour leur groupe.

Philippe Varin a également fait savoir qu'il en dira plus à la fin du mois sur les deux autres volets du projet destiné à redresser le constructeur automobile et dont les premières mesures viennent d'être dévoilées. "Nous avons préparé un projet en trois volets", a t-il expliqué.

Le groupe automobile PSA Peugeot Citroën espère pouvoir conclure bientôt un accord de partenariat pour l'usine de Sevelnord d'Hordain (nord). "Les discussions avancent positivement et nous espérons pouvoir conclure dans un avenir proche un partenariat", a expliqué à la presse le président du directoire. PSA recherche un allié qui viendrait se substituer à Fiat, qui va se retirer de l'usine qui produit des véhicules utilitaires légers pour les deux groupes. Les syndicats craignent que l'usine de Sevelnord puisse être la suivante à fermer.

Réaction de Marisol Touraine. Invitée aux micros d'Europe 1, la ministre des Affaires sociales annonce qu'une étude sera menée pendant quinze jours par un expert mandaté par l'Etat afin de vérifier comment a été mené la stratégie de PSA. "On ne peut pas accepter quelque chose comme ça", a-t-elle déclaré, en soulignant que le groupe avait perçu quatre milliards d'euros d'aides publiques ces dernières années.

Réaction de Bernard Thibault. Sur France Inter, le secrétaire général de la CGT caractérise de "séisme", l'annonce faite par PSA. "Dès lors que Peugeot annonce la suppression de 8 à 10.000 emplois, il faut multiplier par trois, voire quatre, pour mesurer l'impact en terme d'emploi pour l'ensemble du pays", a indiqué M. Thibault, assurant que la CGT allait réagir.

Réaction de la CGT de PSA. "La guerre est déclaré" a indiqué le syndicat, qui condamne une "décision dramatique".

Réaction de Jean-François Copé. "Il faut que le gouvernement sache que dans ce domaine, l'opposition au nom (de laquelle) je m'exprime ce matin, sera à ses côtés (du gouvernement) s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie" a déclaré sur France Info le secrétaire général de l'UMP. Il a également critiqué la politique du gouvernement Ayrault qui a supprimé la TVA antidélocalisation.

Réaction de Pascal Durand. "Les pouvoirs publics n'ont pas pris la mesure, anticipé et pensé à l'avenir", a déclaré M. Durand, sécrétaire national d'EELV sur BFMTV/RMC. "Le gouvernement (de François Fillon) n'a pas anticipé, pas aidé, pas posé les conditions à un futur possible", a-t-il insisté, en mettant aussi en cause "les choix industriels imposés par PSA ", comme le diesel notamment.

8h00 - Ouverture du comité central d'entreprise extraordinaire. PSA annonce l'arrêt de l'activité du site d'Aulnay-sous-bois d'ici 2014 et la suppression de 8000 emplois au total. Outre Aulnay, où travaillent 3000 personnes, Rennes sera également touché par une réduction massive de postes, de l'ordre de 1400 sur un total de 5600. Le groupe prévoit de proposer des postes à 1.500 salariés en interne et à 1.500 salariés dans le bassin d'emploi d'Aulnay, "grâce aux actions de reclassement externe". La production en région parisienne, en particulier de la C3, sera recentrée à Poissy. Le titre PSA ouvre quasiment stable à l'ouverture de la Bourse. A 9h02, l'action gagne près de 3%. Joie de courte durée puisque l'action se replie de 0,2% cinq minutes après.

Retrouvez l'article : "PSA annonce 8.000 suppressions d'emplois et la fermeture de son usine d'Aulnay"

12 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 12/07/2012 à 20:53
Signaler
Ce ne sera pas la première fois que quelques prédateurs réussissent le dématèlement de pans entiers de l'industrie ... même le fisc ne s'intéresse pas à leurs opérations qui pillent la trésorerie des structures et font remonter tout le cash au luxemb...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.