Renault veut vite retourner en Iran pour produire des Logan

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La Renault Tondar iranienne
La Renault Tondar iranienne
Renault cherche un partenaire financier pour relancer son activité en Iran et discute du dossier avec les autorités américaines et françaises. Il veut reprendre la production des Logan.

Renault recherche actuellement un partenaire financier pour relancer son activité en Iran et discute du dossier avec les autorités américaines et françaises, a déclaré mercredi soir le directeur commercial du constructeur automobile français. Renault cherche à reprendre sa place en Iran. Le français veut relancer, avec ses partenaires locaux Iran Khodro et Pars Khodro, l'assemblage de ses véhicules, suspendu au mois de juillet dernier en raison du durcissement des sanctions internationales, a indiqué  Jérôme Stoll à la presse, lors d'un déplacement en Turquie. 

"Ce que nous recherchons, c'est un partenaire financier, qui se conformera lui aussi à toutes les réglementations internationales et nous permettra de reprendre nos activités en Iran", souligne  le directeur commercial de Renault, cité par l'agence Reuters.

Washington menace...

"Nous essayons d'expliquer notre position à l'administration américaine, à l'administration française aussi. Expliquer ce que nous voulons faire, comment nous voulons procéder et comment nous voulons mener cette activité." Jérôme Stoll, également directeur de la performance de Renault, précise que le groupe a été approché par des banques turques et internationales sur ce sujet. Le problème, c'est que Washington est très regardant et menace des pires foudres et représailles les entreprises qui violeraient l'embargo sur l'Iran...

Le constructeur  au losange espérait en début d'année une reprise de l'activité en Iran d'ici à l'été. Mais les discussions politiques sur la levée effective des sanctions à l'encontre de l'Iran et sur le déblocage des transactions financières n'ont pas encore abouti. La perspective d'une levée définitive des sanctions attire d'ailleurs les convoitises des investisseurs occidentaux, notamment américains qui risquent de faire concurrence aux européens. 

Les sénateurs français montent au créneau

Des sénateurs français avaient d'ailleurs appelé à la mi-juin les pays européens à bâtir un front uni en Iran. Philippe Marini, président UMP de la commission des finances du Sénat qui s'est rendu avec cinq autres sénateurs fin avril en Iran, estime la perte des constructeurs automobiles français, traditionnellement bien implantés dans le pays mais qui ont dû interrompre les relations pour se conformer aux sanction internationales, à... 1,3 milliard d'euros. Les sénateurs invitent les entreprises françaises à maintenir des contacts sur place, à organiser des visites et à pré-négocier des contrats, en attendant la levée définitive des sanctions.

Selon les statistiques officielles iraniennes de l'IVMA, il s'est toutefois encore vendu 39.500 Renault Tondar ( Dacia Logan) l'an dernier dans le pays ainsi que 59.300 Peugeot 405 et 27.800 Peugeot 206. Signe que les partenaires locaux ont encore des stocks de pièces et que... le flux ne s'est pas entièrement interrompu. La française la plus vendue, la Peugeot 405, est d'ailleurs intégrée totalement sur place et peut donc être assemblée  près de Téhéran avec des composants locaux, sans pièces provenant d'Europe.

Les voitures sous marque Peugeot, fabriquées par le groupe national Iran Khodro, représentaient encore plus de 30% du marché iranien l'an passé, celles de Renault 7,5%. Le marché iranien des voitures particulières s'est élevé au total à un peu plus de 600.000 unités en 2013. Les chinois Lifan, Chery, JAC, qui se moquent des sanctions, occupent  toutefois aujourd'hui de solides positions.

Renault a deux accords avec des partenaires

PSA est présent, suite à un vieil accord signé du temps du Shah d'Iran par Chrysler Grande-Bretagne - racheté par le français en 1978. Le groupe au losange a pour sa part créé une co-entreprise industrielle et commerciale en Iran, dont il possède 51% des parts, afin de produire des Tondar (Logan). Cette co-entreprise a été constituée pour distribuer aux deux groupes industriels locaux Iran Khodro - le même partenaire que pour PSA - et Pars Khodro, des composants pour l'assemblage de véhicules.Le potentiel installé est de 250.000 voitures annuelles. La firme au losange affirme avoir déjà un parc de 350.000 véhicules qui roulent en Iran.

 

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a écrit le 20/06/2014 à 8:59 :
et pendant ce temps GM et Ford préparent leur arrive en Iran
belle stratégie de diplomatie économique au service ... des firmes US
a écrit le 20/06/2014 à 8:40 :
Washington nous fait ch ....depuis trop longtemps. Son seul but est de détruire les entreprises européennes
a écrit le 19/06/2014 à 20:34 :
Il faut aussi que la France quitte et rapidement l'Otan, on verra si les amerloques oseront nous envoyer des sanctions. ça suffit, trop de magouille des US contre le reste du monde !!!
a écrit le 19/06/2014 à 18:29 :
Une bonne chose serait de commencer par exiger la levée des sanctions contre l'Iran en mettant dans la balance la négociation du traité de libre échange transatlantique. Comme celui-ci ne sera pas adopté avec belle lurette, les américains auront été dupés et la partie aura été gagnée exactement comme l'Europe devrait défendre ses intérêts. Bec et ongles.
Réponse de le 19/06/2014 à 19:34 :
Un peu simpliste, votre vision. Il reste quand même le GROS problème du nucléaire iranien aux mains d'un régime obscurantiste, qui finance de nombreux mouvements terroristes. C'est la cause des sanctions internationales.
Réponse de le 20/06/2014 à 1:01 :
@anonyme

L'enfer est pavé de bonnes intentions... mêmes américaines!
Réponse de le 20/06/2014 à 6:57 :
Oui. Les mollahs financent le terrorisme. Et curieusement, les chiites en Irak et ailleurs sont les victimes de ce même terrorisme ....
Êtes vous sur que la situation n'a pas évolué depuis 1979...
Aujourd'hui les sanctions sont une arme économique contre les intérêts européens ou chinois dans la région,
Les terroristes sont les ennemis des iraniens comme des américains. Mais cela les américains n'osent pas le voir
Réponse de le 20/06/2014 à 7:48 :
Effectivement, pour insinuer sans rire que l'Iran chiite financerait les "terroristes" Sunnites qui s'en prennent aux Chiites d'Irak, il ne faut pas avoir le goût du paradoxe. Même les médias officiels admettent qu'ils sont financés par le Qatar et l'Arabie saoudite. Ce qu'ils oublient de dire c'est que ni l'un ni l'autre de ces pays ne pourrait le faire sans un accord tacite du gouvernement américain.
Réponse de le 20/06/2014 à 10:55 :
Evidemment que les les Iraniens financent le terrorisme chiite (Hezbollah, par ex). Mais ils se retrouvent avec le terrorisme sunnite d'en face, armé avec l'argent des pays du Gofe et de l'Arabie Saoudite.. Belle bataille entre terroristes. Mais cela ne blanchit pas pour autant le régime iranien, dictatorial et obscurantiste.

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